Échange de vœux entre le Pape et les ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège. Échange de vœux entre le Pape et les ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège.  (@Vatican Media)

«Offrir au monde des siècles de paix», le vœu des diplomates à Léon XIV

Reçus en audience par le Pape ce vendredi 9 janvier, à l’occasion du traditionnel échange de vœux de nouvel an, les ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège ont renouvelé leur gratitude pour «cet important moment de proximité». Ils ont souhaité que l’action du Saint-Père puisse «offrir au monde des siècles de paix, en intégrant les innombrables expériences humaines dans un message universel de fraternité, capable de parler au cœur» de chaque personne.

Fabrice Bagendekere, SJ – Cité du Vatican

L’adresse faite par le doyen du Corps diplomatique, George Poulides, ambassadeur de Chypre, était axée sur des événements qui ont marqué la vie de l’Église et du Saint-Siège, depuis l’annonce du décès du Pape François, jusqu’à l’élection de Léon XIV. Partant des souvenirs des derniers instants du Pape argentin, de la profonde émotion suscitée par sa mort, le diplomate chypriote a ensuite rappelé «la joie de la fumée blanche et des cloches en fête dans toute la Ville éternelle, qui ont transformé l’attente en une espérance confiante, pour le nouveau Vicaire du Christ».

Les premiers mots de Léon XIV qui apaisent

Revenant sur la scène qui a accompagné l’annonce de l’avènement du 267e Souverain pontife, le doyen des ambassadeurs près le Saint-Siège a souligné que les paroles de Léon XIV: «la paix soit avec vous. C’est la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et désarmante, humble et persévérante», ont «aussitôt réchauffé le cœur de millions de personnes, offrant un message d’apaisement aux angoisses de tant d’autres», «en ces temps de grande incertitude». Sur ce, il a remercié le Saint-Père d'«avoir indiqué par ces paroles» en lesquelles, selon plénipotentiaire chypriote, «résonne la sérénité et la force inéluctable d’un monde réconcilié». «C’est là que réside le sens profond de la mission diplomatique: résoudre les conflits par la force de la raison et par une détermination constante en faveur du bien commun», a-t-il martelé.

Les premières visites de Léon XIV des moments gravés dans l’imaginaire collectif

L’ambassadeur chypriote est ensuite revenu sur les toutes premières visites apostoliques du Pape en Turquie et au Liban, notant d’entrée de jeu que ces «voyages riches de moments» étaient déjà «gravés dans l’imaginaire collectif». Concernant le déplacement effectué en Turquie, à l’occasion du mille sept centième (1700e) anniversaire du Concile de Nicée, le doyen du Corps diplomatique, a déclaré au Pape que «le chemin vers l’unité des chrétiens a connu une étape historique, dans le recueillement en prière avec le patriarche de Constantinople». Parlant de l'étape du Liban, «rives d’une Méditerranée blessée», il a rappelé l’exhortation solennelle faite par le Pape, à désarmer les cœurs pour faire triompher la justice et la paix, évoquant en parallèle la phrase du Pape Jean-Paul II: «Le Liban, plus qu’un pays, est un message!»

L’engagement du Pape une alternative possible et digne à la culture de l’indifférence

Continuant sur sa lancée, l’émissaire chypriote s’est penché sur l’action magistérielle de Léon XIV et la «pastorale inspirée du Saint-Siège», soulignant les interpellations du Pape au monde entier sur «le silence face aux guerres»; ses dénonciations de la «‘‘fausse vérité’’ des slogans qui présentent la course effrénée aux armements comme une nécessité de sécurité, alors que les populations souffrent et que l’abîme se rapproche»; et ses invitations à «identifier des parcours, locaux et internationaux, qui développent de nouvelles formes de charité sociale» et à «faire croître la spiritualité de la fraternité à travers la culture, les relations de travail et l’action diplomatique»; sans oublier son «engagement en faveur des couloirs humanitaires de paix, vigoureusement soutenus dans les mois qui ont suivi votre élection». Ces actions et interventions constituent «un modèle d’accueil que vous avez présenté comme une alternative possible et digne à la culture de l’indifférence», a déclaré le doyen des ambassadeurs.

La solidarité du Pape, une espérance ouverte à de nombreux réfugiés

Le légat a aussi tourné son regard vers le Jubilé de 2025, achevé il y a seulement quelques jours, qui, a-t-il souligné, «a profondément touché la sensibilité d’innombrables cœurs». Il a indiqué que sous la conduite du Pape augustin, «l’Année sainte s’est révélée une occasion d’engagement réel» traduit en «gestes d’authentique proximité», dès le début de ce pontificat. «Grâce à ces initiatives de fraternité, la Porte Sainte demeure en quelque sorte ouverte dans les chemins de salut qui rendent l’espérance à de nombreux réfugiés, témoignant que la solidarité, lorsqu’elle est organisée et constante, constitue le fondement le plus solide de la diplomatie», a affirmé le plénipotentiaire.

Léon XIV, un rappel puissant des défis auxquels Léon XIII dut déjà faire face

Au demeurant, le doyen du Corps diplomatique a noté que le nom choisi par le Pape «résonne comme un rappel puissant des défis auxquels Léon XIII a dû faire face, défis différents dans leur contenu, mais semblables dans leur substance». En ce nouveau «temps des machines», «aujourd’hui numériques et liées à l’intelligence artificielle, le risque que le calcul dépasse les limites de l’éthique est grand», a-t-il indiqué, soulignant  l’«urgence à réguler le développement technologique à la mesure de l’homme». Sur ce, il a mis en relief les nombreux appels du Pape à l’urgence d’«une orientation éthique vers le développement intégral de la personne humaine» des données et de la créativité, reconnaissant que «la technique sans âme menace de générer de nouvelles formes d’esclavage et d’aggraver certaines formes d’abus et de violence».

Le vœu au Pape pour une action féconde pour l’humanité

Le légat a terminé son discours en formant le vœu que l’action du Souverain pontife puisse «avoir pour l'humanité toute la fécondité qu'a eue, pour l'Église, la pensée» de son «père spirituel saint Augustin». «De même qu’il a su unir la sagesse de son temps au Credo chrétien, puissiez-vous offrir au monde des siècles de paix, en intégrant les innombrables expériences humaines dans un message universel de fraternité, capable de parler au cœur de chaque homme et de chaque femme de la planète», a dit le doyen.

Le diplomate chypriote a tout aussi adressé au Saint-Père, au nom de l'ensemble du Corps diplomatique, les vœux «les plus élevés et les plus fervents pour la nouvelle année, en renouvelant l’offre de notre service en faveur de la paix et de la construction de liens susceptibles d’aider à la résolution des conflits dans le monde».

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09 janvier 2026, 12:10