Pèlerinage jubilaire des volontaires, les derniers à traverser la Porte Sainte
Edoardo Giribaldi – Cité du Vatican
La basilique Saint-Pierre se reflète dans les flaques d'eau qui jonchent la Via della Conciliazione, témoin silencieuse du Jubilé de 2025 et de ses derniers jours passés sous une pluie incessante. Ces mêmes reflets humides habitent les yeux des bénévoles –reconnaissables à leurs vestes vertes désormais familières– dépositaires des histoires, des fardeaux et des espérances des pèlerins qui, en cette Année Sainte, ont franchi la Porte Sainte de la basilique Vaticane. Un fleuve humain de plus de 33 millions de personnes, rendu possible par l'engagement discret et constant de 5 000 bénévoles d’horizons divers, s'est rassemblé lundi soir, 5 janvier, pour partager le dernier pèlerinage jubilaire, en compagnie de plusieurs membres du dicastère pour l'Évangélisation, dont le pro-préfet, Mgr Rino Fisichella.
Se réparer soi-même et réparer les autres
Le pèlerinage, comme tout pèlerinage digne de ce nom, débute comme de coutume sur la Piazza Pia. Quelques gouttes de pluie accompagnent la marche –sous la conduite de l'archevêque lui-même, qui élève la croix en bois du Jubilé– permettant à chacun de s'abriter sous un parapluie, et d’en faire profiter les voisins. C'est l'esprit de solidarité qui unit les bénévoles, ce qui ne dissipe pas une certaine mélancolie –propre à toute expérience qui s'achève– mais la mêle à la satisfaction d'un service accompli «dans un climat de sécurité et de fraternité», comme l'a déclaré Mgr Fisichella lors de la conférence de presse lundi matin, consacrée au bilan de l'Année Sainte.
Silence contemplatif
Le long du parcours, les pèlerins prient, chantent l'hymne de l'Année Sainte et partagent des souvenirs marquants, des anecdotes et des événements inattendus. Une fois arrivés sur le seuil de la Porte Sainte, cependant, les paroles cèdent la place à un silence contemplatif, tourné vers les portes imposantes que le Pape Léon XIV ferme ce mardi, en attendant leur réouverture en 2033, pour le Jubilé de la Rédemption. Les bénévoles les ont observées d'innombrables fois, jouant toujours un rôle de soutien pour réguler le flux des pèlerins. Cette fois-ci, pourtant, ils deviennent les véritables protagonistes: ils caressent les portes, font leur signe de croix et murmurent une prière.
Une grande aventure
La procession se poursuit le long de la nef de la basilique, pour s'achever en son centre. Mgr Fisichella dirige la récitation des prières requises pour l'indulgence, selon les intentions du Pape, et du Credo. «Ce fut une belle aventure», explique-t-il aux volontaires, «mais l'espérance ne doit pas être déçue simplement parce qu'un voyage s'achève», ajoute-t-il, encourageant chacun à devenir une «pierre vivante» de l'Église. Ainsi s'achève le pèlerinage des volontaires. C'est maintenant le moment pour eux de confier leurs fatigues, leurs fardeaux et leurs attentes, avec la certitude que, même s’ils sont les derniers à passer la Porte Sainte, ils seront entendus.
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