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Passage de la porte sainte à Saint-Pierre par les membres de l'ordre du Saint-Sépulcre. Passage de la porte sainte à Saint-Pierre par les membres de l'ordre du Saint-Sépulcre.   (@Vatican Media)

Le Jubilé des deux Papes s’achève

À l’heure où Léon XIV s’apprête, ce mardi 6 janvier, en la solennité de l’Épiphanie, à refermer la porte sainte de la basilique Saint-Pierre et à clore ainsi le Jubilé 2025, quel bilan dresser de cette Année Sainte? Des millions de pèlerins ont afflué, un Pape a succédé à un autre, le monde a connu des secousses, mais l’Espérance a brillé et résonné au cours de ces douze mois.

Romilda Ferrauto – Cité du Vatican

Pour la deuxième fois dans l’histoire, un Pape va refermer la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre ouverte par un autre Pape. Une singularité qui a fait exploser le nombre des présences à Rome dépassant les prévisions les plus optimistes. Deux Papes, donc, mais un même fil conducteur, celui de l’Espérance, l’Espérance qui ne déçoit pas, une vertu inestimable en cette période d'incertitude, de tensions géopolitiques et d’instabilité économique et sociale. L’appel à la paix a d’ailleurs résonné avec force tout au long du Jubilé.

La maison d’arrêt de Rebibbia, basilique de la souffrance

Dans un geste sans précédent, c’est dans une prison romaine que le Pape François avait voulu ouvrir la deuxième porte sainte du jubilé, au lendemain de Noël. Deux nuits plus tôt, il s'était brièvement levé de son fauteuil roulant pour frapper à la porte de la basilique Saint-Pierre. Une épreuve très dure pour un Pape déjà très affaibli, une image saisissante retransmise en mondovision, une première dans l’histoire. Et, de manière significative, c’est à l’univers carcéral qu’a été consacré le dernier grand événement de cette Année Sainte: la messe présidée par Léon XIV, le 14 décembre, pour le jubilé des détenus.

Messe du jubilé des détenus
Messe du jubilé des détenus   (@Vatican Media)

Par catégories spécifiques ou en pèlerinages diocésains, organisés autour d'une profession ou d'un thème, en groupe ou individuellement, plus de trois millions de fidèles ont marché derrière la Croix, le long du parcours mis en place, pour l’occasion, sur l’avenue de la Conciliazione qui mène à la basilique Saint-Pierre. Sans se laisser décourager par l’étouffante chaleur romaine, ni par les journées de froid, de pluie ou de vent, ils ont suivi le chemin protégé, sous le regard des touristes, des Romains et des journalistes venus du monde entier. Pauvres et gouvernants, artistes et personnel médical, religieux et familles, catéchistes, travailleurs, patrons... tous dans une même démarche de prière et de foi.

Les jeunes générations au premier rang

Messes, rencontres, espaces de réflexion, concerts, expositions ont rythmé ce 25e jubilé ordinaire. Parmi les moments les plus mémorables, la canonisation de deux jeunes italiens: Carlo Acutis, l’influenceur de Dieu, premier saint millénial décédé d'une leucémie, à l'âge de 15 ans, et Pier Giorgio Frassati, l’alpiniste de Dieu, qui a vécu au début des années 1900 et est mort à l'âge de 24 ans. Alors que la crise des vocations et de la pratique religieuse interpelle l’Église, le Jubilé de la jeunesse -qui a attiré environ un million et demi de jeunes du monde entier- a été un succès inattendu.

Si l’Année Sainte reste avant tout un événement spirituel, la dimension culturelle et artistique était également au rendez-vous. Pour la première fois, des chefs-d'œuvre qui n'avaient jamais quitté leur lieu d'origine ont été exposés à Rome. Comme le crucifix de Salvador Dalí, ou la Crucifixion blanche de Marc Chagall.

Jubilé des jeunes
Jubilé des jeunes   (@Vatican Media)

Un succès malgré tout

Ce fut une année particulière, avec des semaines d'incertitude pendant l’hospitalisation de François, des messes jubilaires désertées en l’absence du Pape, des funérailles papales le jour où était programmé le Jubilé des adolescents et un conclave pendant la période pascale. De l’aveu même de Mgr Fisichella, pro préfet du dicastère pour l'Évangélisation -chargé, côté Vatican, de l’organisation de l’Année Sainte– «la période d'interrègne a causé une certaine difficulté objective». Avant son hospitalisation, François n’avait d’ailleurs présidé que deux événements majeurs: le Jubilé du monde de la communication et celui des forces armées et de la police.

Mais la mort du Pape et l'élection de son successeur ont, d'une certaine manière, relancé le Jubilé en termes de participation ainsi que l’attention des médias. D’autant que le nouveau Pape, fraichement élu, a tout de suite choisi de maintenir les engagements programmés, reportant à plus tard la gestion d’autres dossiers importants pour la vie de l’Église. Et les fidèles sont venus, de plus en plus nombreux au fil des mois. Selon les chiffres officiels, plus de 30 millions de pèlerins et touristes ont fait le déplacement à Rome en 2025. Parmi eux, malgré les guerres, des fidèles venus d'Ukraine, de Syrie, de Palestine, du Nigeria, du Soudan du Sud.

Vers l’Année Sainte de la Rédemption

Si l’heure est aux bilans, les chiffres ne disent pas tout. Le 31 décembre, avant le Te Deum de fin d’année, Léon XIV a tenu à revenir sur le sens profond de l’Année Sainte: «un grand signe d'un monde nouveau, renouvelé et réconcilié selon le dessein de Dieu». Alors qu’il se prépare à présider son premier Consistoire et à affronter des dossiers urgents pour la vie de l’Église, Léon XIV a déjà projeté les chrétiens vers un autre jubilé: l’Année Sainte de la Rédemption en 2033, dans la perspective d'un retour à Jérusalem et dans l’espoir que cet événement conduise à la pleine unité.

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05 janvier 2026, 09:12