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Témoignage commun et synodalité, deux clés pour ouvrir les portes de l’unité des chrétiens

En clôture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, le Pape Léon XIV a présidé les traditionnelles Vêpres en la basilique Saint-Paul-hors-les Murs, dimanche 25 janvier. Il a appelé à trouver l’intelligence pour communiquer la foi d’une seule voix.

Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican

C’est en présence des délégations chrétiennes représentant les communautés anglicanes, orthodoxes et apostoliques arméniennes, auteure cette année des textes de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens qui s’achève ce dimanche, que Léon XIV a présidé les secondes Vêpres en la basilique Saint-Paul-hors-les-murs. Dans ce même édifice où a été placé cette semaine le médaillon en mosaïque le représentant, à la suite des portraits de ses prédécesseurs, le Pape a appelé à «développer davantage les pratiques synodales œcuméniques et à communiquer réciproquement ce que nous sommes, ce que nous faisons et ce que nous enseignons», les yeux tournés vers le 2000e anniversaire de la Passion, de la Mort et de la Résurrection du Seigneur Jésus en 2033.

Le souvenir de Nicée

La semaine de prière pour l’unité des chrétiens «nous appelle chaque année à renouveler notre engagement commun», a souligné Léon XIV. Les ombres des divisions existantes cependant, bien que n’empêchant pas la lumière du Christ de briller, «rendent toutefois plus opaque» le visage que cette «grande mission» est appelée à refléter. Revenant sur les célébrations du 1700e anniversaire du Concile de Nicée, fin novembre à Iznik en Turquie, à l’invitation du patriarche Bartholomée Ier, l’évêque de Rome s'est souvenu du «témoignage précieux et inoubliable de notre unité dans le Christ». Léon XIV a évoqué le souvenir d’un moment de fraternité, exprimant le désir de trouver «l’intelligence docile pour communiquer d’une seule voix la foi aux hommes et aux femmes de notre temps!»

“Réciter ensemble le Credo de Nicée sur le lieu même où il a été rédigé a été un témoignage précieux et inoubliable de notre unité dans le Christ.”


Se laisser transformer par le Christ

Au jour de la fête de conversion de saint Paul, «celui qui autrefois persécutait Jésus», Léon XIV a rappelé combien sa rencontre foudroyante avec le Chris l’a complètement transformé: «Celui qui combattait férocement le nom du Christ prêche désormais son amour avec un zèle ardent». La mission de l’apôtre des Gentils est «aussi celle de tous les chrétiens d’aujourd’hui: annoncer le Christ et inviter tout le monde à avoir confiance en lui», car toute véritable rencontre avec le Seigneur est «un moment qui transforme, qui donne une nouvelle vision et une nouvelle orientation pour accomplir la tâche d’édifier le Corps du Christ».

Synodalité et œcuménisme

Évoquant les deux assemblées du Synode de 2023 et 2024, à l’initiative du Pape François, Léon XIV a fait siennes les paroles de son prédécesseur prononcées en Irak en 2022, selon lesquelles le chemin synodal de l’Église catholique «est et doit être œcuménique, de même que le chemin œcuménique est synodal». Les deux sessions du synode sur la synodalité ont été, a rappelé Léon XIV, caractérisées par un profond zèle œcuménique et enrichies par la participation de nombreux délégués fraternels. «Je crois que c’est là une voie pour grandir ensemble dans la connaissance réciproque de nos structures et traditions synodales respectives», a-t-il expliqué dans son homélie.

Remerciements à l’Église apostolique arménienne

La communauté orthodoxe siégeant à Etchmiadzin en Arménie, sous la conduite du catholicos Karekin II élu en mars dernier, a été chargée de la préparation des textes de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. L’occasion pour le Pape d’exprimer sa profonde gratitude à l'Église apostolique arménienne et d’évoquer le «courageux témoignage chrétien du peuple arménien au cours de l’histoire, une histoire où le martyre a été une caractéristique constante». Le Successeur de Pierre a fait également mémoire du Catholicos Nersès Šnorhali, dit «le Gracieux», qui œuvra pour l’unité de l’Église au XIIe siècle: «Il était en avance sur son temps en comprenant que la recherche de l’unité est une tâche qui incombe à tous les fidèles et qui nécessite la guérison de la mémoire». L’Arménie est présentée comme la première nation chrétienne par le baptême du roi Tiridate en 301 par Saint Grégoire l’Illuminateur. L’occasion pour le Pape de rendre grâce «à l’œuvre d’intrépides annonciateurs de la Parole qui sauve» et par lesquels, «les peuples d’Europe orientale et occidentale ont accueilli la foi en Jésus-Christ». Citant l’homélie de saint Jean-Paul II à Erevan lors de son voyage apostolique en septembre 2001, Léon XIV a souligné que «l’unité est essentielle non dans le but d’obtenir un avantage stratégique ou un gain au plan politique, mais dans l’intérêt de la prédication de l’Évangile». Le Pape a terminé par une prière, afin que «les semences de l’Évangile continuent à produire sur ce continent des fruits d’unité, de justice et de sainteté, et aussi au profit de la paix entre les peuples et les nations du monde entier».

Le portrait de Léon XIV illuminé dans la basilique Saint-Paul hors les murs, à côté de celui de François
Le portrait de Léon XIV illuminé dans la basilique Saint-Paul hors les murs, à côté de celui de François   (ANSA)

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25 janvier 2026, 18:17