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Angélus de l’Épiphanie: tout donner à Dieu pour devenir «tisseurs d’espérance»

Après la célébration de la messe dans la basilique Saint-Pierre et la fermeture de la Porte Sainte, le Pape Léon XIV a récité la prière de l’Angélus depuis la loge centrale de la basilique vaticane, articulant ses propos sur la signification des offrandes des Mages à l’Enfant de Bethléem.

Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican

Avec l’Épiphanie, Dieu s’est «manifesté» aux hommes et aux femmes de tous les temps. Cet événement est source de joie pour les chrétiens; une joie qui «nait d’un Mystère qui n’est plus caché». Ainsi nait aussi l’espérance qui anime la foi «même au milieu de nombreuses tribulations», affirme Léon XIV avant la prière de l’Angélus qu’il a souhaité réciter avec les fidèles depuis la loge centrale de la basilique Saint-Pierre, devant une place mouillée par la pluie, et de nombreux pèlerins abrités sous leur parapluie. «Dieu Sauve», a répété le Saint-Père, et n’a aucune autre intention. Il est la «vraie vie» devant laquelle les Mages s’agenouillent. Et comme eux, poursuit le Pape, s’agenouiller «devant l’Enfant de Bethléem c’est, pour nous aussi, confesser que nous avons trouvé la véritable humanité, dans laquelle resplendit la gloire de Dieu».

Réorganiser l’existence

Le Christ s’est manifesté «pour nous impliquer dans son dynamisme libérateur qui détruit les peurs et nous permet de nous rencontrer dans la paix». Il invite à la communion sans l’imposer; «que peut-on désirer de plus?», interroge le Souverain pontife, avant de développer sur la mise en commun de ce que nous possédons. L’or, l’encens et la myrrhe apportés en offrande par Melchior, Gaspard et Balthazar alimentent une réflexion: les dons amenés au nouveau-né par trois hommes qui ont pris des risques considérables pour arriver jusqu’à Bethléem, guidés par une étoile, «suggèrent que tout, absolument tout ce que nous sommes et possédons, demande à être offert à Jésus, trésor inestimable», affirme le Successeur de Pierre. «Le Jubilé nous a rappelé cette justice fondée sur la gratuité: en soi, il appelle à réorganiser la coexistence, à redistribuer la terre et les ressources, à rendre “ce que l’on a” et “ce que l’on est” aux rêves de Dieu, plus grands que les nôtres», souligne Léon XIV.

Tisseurs d’espérance

Les dons offerts par le Mages représentent «ce que chacun de nous peut mettre en commun» et partager «afin que Jésus grandisse par nous», et que ses paroles s’accomplissent; afin «que les étrangers et les adversaires deviennent des frères et des sœurs, que l’inégalité fasse place à l’équité, que l’industrie de la guerre cède la place à l’artisanat de la paix». Et l’Évêque de Rome d’inviter à devenir des «tisseurs d’espérance» qui se mettent en route «vers l’avenir par une autre voie». En d’autres termes, la fin du jubilé, concrétisée ce dimanche matin de l’Épiphanie par la fermeture de la dernière des cinq portes saintes ouvertes par le Pape François il y a un peu plus d’un an, n’est pas la fin du chemin, mais bien le début d’une espérance revivifiée.

Une pensée pour les Églises d’Orient

Au terme de la prière de l’Angélus, le Pape a salué les différents groupes présents parmi les 20 000 personnes rassemblées place Saint-Pierre. À l’occasion de la journée de l’enfance missionnaire, il a remercié particulièrement les jeunes qui viennent en aide à leurs pairs en difficulté, puis les fidèles venus de l’île de Lampedusa et les participants au cortège folklorique véhiculant dans les rues de Rome, en costume et tambours à l’appui, les valeurs de l’Épiphanie. Enfin, le Saint-Père a eu une pensée pour les communautés ecclésiales d’Orient qui célèbreront Noël ce mercredi 7 janvier, suivant le calendrier julien, souhaitant «paix et sérénité» à leurs fidèles.

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06 janvier 2026, 12:20

L'Angélus est une prière en mémoire du Mystère de l’Incarnation du Christ, récitée trois fois par jour : à six heures le matin, à midi et le soir vers dix-huit heures, au moment où sonne la cloche de l’Angélus. Son nom Angelus dérive du premier verset de la prière en latin : Angelus Domini nuntiavit Mariae. Elle consiste en une lecture brève de trois textes simples sur l’Incarnation du Christ, et la récitation de trois «Je vous salue Marie». Cette prière est récitée par le Pape tous les dimanches et les jours de fête à midi place Saint Pierre. Avant de réciter la prière, le Pape prononce un bref discours se référant aux Lectures du jour. Après la prière, il salue les pèlerins.

Entre Pâques et Pentecôte, l’Angélus cède sa place au Regina Coeli, une prière qui fait mémoire de la résurrection de Jésus Christ, et à la fine de laquelle le Gloria est récité trois fois.