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Un personne hospitalisée en fin de vie. Un personne hospitalisée en fin de vie. 

Fin de vie en Australie: l'Église doit «proposer des alternatives positives» à l'euthanasie

Alors que le parti au pouvoir en Australie est en faveur de l'accès à l'aide active à mourir, l'archevêque de Sydney, Mgr Anthony Fisher, affirme que ce concept de «santé à distance» s'est transformé en «mort à distance» et plaide en faveur de mesures de protection pour les établissements de santé catholiques.

Kielce Gussie - Cité du Vatican

La «boîte de Pandore», expression utilisée par l’évêque de Darwin, Mgr Charles Gauci, pour qualifier l’aide active à mourir en 2024, est en train de s’ouvrir en Australie. Darwin est la capitale du Territoire du Nord, qui devrait légaliser la pratique de l’aide à mourir dans les prochaines semaines. Si cela se produit, ce geste sera légal dans tous les États et tous les territoires d’Australie.

La semaine dernière encore, le 24 juillet, le Parti travailliste, actuellement au pouvoir, a voté en faveur de la suppression des obstacles fédéraux aux téléconsultations visant à autoriser l’euthanasie et a amendé ses statuts afin de permettre aux députés de voter selon leur conscience sur la future législation relative à l’aide active à mourir.


Bien que ce vote n’ait encore rien déterminé de définitif, le débat sur un accès plus large à l’aide à mourir dans tout le pays est aujourd’hui au cœur des discussions en Australie.

Un pas de plus

Pour l’archevêque de Sydney, Mgr Anthony Fisher, ce vote marque un changement dans le programme du Parti travailliste. «Il y a de très nombreux points dans le programme du Parti travailliste que le parti n’a jamais cherché à transposer dans la législation australienne», a-t-il souligné. «Et il est intéressant de noter que, dans ce cas précis, le Premier ministre a déclaré publiquement qu’il n’y était pas favorable.»

Pourtant, ce vote accentue la pression en faveur d’un élargissement de l’accès à l’euthanasie et des modalités de sa mise en œuvre en Australie.

Le processus de légalisation de l’aide à mourir volontaire dans le pays a été relativement rapide. La première loi a été adoptée en 2017 dans l’État de Victoria, avant d’entrer en vigueur en 2019. Par la suite, l’Australie-Occidentale, la Tasmanie, l’Australie-Méridionale, le Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud ont emboîté le pas entre 2019 et 2021. Après l’abrogation de l’interdiction fédérale en 2022, le Territoire de la capitale australienne (ACT) a légalisé l’aide active à mourir. 

«Très vite nous sommes passés d’une situation où l’euthanasie n’était absolument pas légale à une situation où, aujourd’hui, plus de 14 000 personnes en ont fait la demande et plus de 7 000 en sont décédées», a déploré Mgr Fisher.

Le vote visant à autoriser les téléconsultations s’inscrit dans le contexte de nombreuses autres initiatives visant à généraliser encore davantage l’euthanasie dans le pays. En conséquence, il a souligné qu’«on assiste alors très rapidement à des pressions pour supprimer une à une toutes les soi-disantes garanties».

Un débat mondial

L’Australie n’est pas le seul pays à légaliser l’aide à mourir et à la rendre plus accessible. Le 15 juillet, après des années de débat, la France est devenue le 14e pays à autoriser l’aide à mourir, mais sous des conditions strictes. Treize États américains ont légalisé cette pratique. Le suicide assisté est légal en Suisse depuis 1942.


Face à l’acceptation croissante et à la légalisation de l’aide à mourir dans le monde entier, l’archevêque de Sydney a fait valoir que l’Église catholique, dans les pays ayant déjà une expérience en la matière, pouvait contribuer à sensibiliser les nations qui s’y engagent plus récemment.

Cela permettrait de «plaider en faveur du respect et de la protection de la vie humaine», comme l’a expliqué l’archevêque de Sydney. La nouvelle offensive en faveur de la «télésanté, soi-disant, qui est en réalité une télé-mort», revient simplement à mener des consultations par téléphone ou sur Internet. Mgr Fisher a fait valoir que cela élimine des étapes très importantes dans l’évaluation des besoins d’un patient.

Il a fait valoir que la télésanté revient à permettre aux personnes d’accéder à l’euthanasie «sans aucune consultation sérieuse avec un médecin, sans qu’aucun médecin ne les ait jamais rencontrées ni discuté avec elles des soins dont elles ont réellement besoin, de leurs besoins actuels en matière de soins palliatifs ou d’autres types de traitements médicaux».

Alternatives pro-vie

À la lumière de ce débat en cours, l’Église catholique maintient sa position sur l’euthanasie ou l’aide à mourir volontaire, qu’elle considère comme «gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect dû au Dieu vivant, son Créateur» (CEC 2324).


À ce sujet, l’archevêque Anthony Fisher a souligné le devoir de l’Église locale dans les régions confrontées à la légalisation de l’euthanasie volontaire. «En tant qu’Église, nous devons proposer aux personnes des alternatives positives», a-t-il noté. Si les personnes bénéficient de meilleurs soins palliatifs, si on leur témoigne de l’amour et de l’attention, si l’on passe en revue avec elles les différentes options et si elles découvrent d’autres moyens de faire face à la souffrance, elles pourraient ne plus considérer le recours à l'euthanasie comme la seule solution.

«Mais si aucune autre option ne leur est proposée, beaucoup de personnes ont peur de perdre le contrôle, peur de souffrir énormément, peur d’être un fardeau pour les autres», a expliqué l’archevêque.

C’est là que l’Église doit intervenir. «Nous sommes de loin les principaux pourvoyeurs d’alternatives à l’euthanasie, de soins palliatifs pour les personnes en fin de vie, d’un accompagnement pastoral de qualité, ainsi que de soins de répit pour les familles qui s’occupent des mourants et des personnes âgées », a-t-il déclaré.

De plus, la communauté catholique australienne milite pour obtenir le droit de refuser l’euthanasie dans les établissements catholiques de soins de santé et de prise en charge des personnes âgées, ainsi que pour les professionnels de santé catholiques.

Si certaines régions du pays bénéficient d’une protection, d’autres n’en ont pas ou très peu. La communauté catholique continuera toutefois à se battre pour offrir aux patients, aux familles et à chaque individu le choix de la vie, en mettant l’accent sur leur dignité humaine intrinsèque et leur droit à la vie, de la conception à la mort naturelle.


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01 août 2026, 12:03