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Fin de vie: «Nos consciences sont en souffrance»

Alors que la loi sur l'aide à mourir a été définitivement adoptée en France, un collectif inédit composé de 150 responsables d’établissements de santé d’inspiration chrétienne dénonce, dans une tribune publiée par le quotidien La Croix, l’obligation de permettre des actes létaux. «Nous demandons au Conseil constitutionnel de reconnaître la nécessité d'une clause d'établissement», déclare l’un des signataires dans une interview accordée aux médias du Vatican.

Augustine Asta – Cité du Vatican

«Laissez-nous soulager la souffrance sans aider à faire mourir!» C'est en substance le message porté par 150 responsables d'établissements de santé d'inspiration chrétienne. «Nos consciences sont en souffrance», écrit le collectif inédit qui dénonce, dans une tribune publiée dans le journal La croix, l’obligation créée par la loi sur l’aide à mourir de permettre des actes létaux. Dans cette tribune, les dirigeants rappellent aussi que leur mission n’est pas seulement de soulager les souffrances mais aussi de donner du sens à la vie.

«Nous demandons une clause d'établissement»

Pour Jean-René Barthélemy, président de la Fédération nationale des institutions de santé et d'action sociale d'inspiration chrétienne (FNISASIC), l’un des signataires, la priorité est désormais d'obtenir une reconnaissance juridique permettant à certains établissements de ne pas être contraints à procéder à des actes létaux. «Nous demandons au Conseil constitutionnel, déclare-t-il, de reconnaître la nécessité d'une clause d'établissement, afin que des structures dont la vocation est incompatible avec le fait de donner la mort ne soient pas obligées de pratiquer ou de permettre ces gestes létaux.» «Cette demande, poursuit-il, s'inscrit dans une nouvelle étape après deux années de débats parlementaires au cours desquelles on a essayé d'infléchir la loi et si possible de faire en sorte d'ailleurs qu'elle ne soit pas votée.»

“Le combat n'est pas fini et il va falloir maintenant aider les établissements. Par hypothèse, si le Conseil constitutionnel ne nous reconnaît pas la légitimité d'une clause d'établissement, il va falloir faire en sorte que dans les établissements, on trouve des solutions pour continuer à tenir les projets qui sont les nôtres, c'est-à-dire des projets de vie et pas des projets de mort.”

«Ce n'est pas une affaire catholique»

Jean-René Barthélemy insiste sur le fait que l'opposition à certaines dispositions de la loi sur la fin de vie ne concerne pas uniquement les établissements catholiques. «Ce n'est pas une affaire catholique», affirme-t-il, estimant que de nombreux professionnels du secteur, quelles que soient leurs convictions religieuses, s'interrogent sur les conséquences concrètes de la réforme.

Le responsable regrette également un débat public qu'il juge insuffisamment contradictoire. Selon lui, les voix critiques de l'euthanasie et du suicide assisté ont eu des difficultés à se faire entendre, tandis que les enquêtes d'opinion auraient parfois présenté une image simplifiée du soutien de la population à la réforme.

Des inquiétudes pour le fonctionnement des établissements

Au-delà de la question juridique, les responsables d'établissements redoutent les effets de la loi sur la vie quotidienne des équipes. Jean-René Barthélemy évoque le risque de divisions entre soignants si certains acceptent de participer à des actes d'aide à mourir tandis que d'autres s'y refusent. Et de s'interroger: «Vous imaginez une équipe d'infirmières où certaines accepteraient de donner la mort et d'autres la refuseraient? Comment continueront-elles à travailler ensemble autour d'un même projet?»

Aussi, il souligne également les difficultés auxquelles pourraient être confrontés les directeurs d'établissement, notamment lorsque des familles expriment des positions divergentes concernant la volonté d'un résident.

Défendre un «projet de vie»

Le président de la Fédération nationale des institutions de santé et d'action sociale d'inspiration chrétienne fait savoir par ailleurs que pour les signataires, leur opposition à l'aide à mourir ne signifie pas un refus de l'accompagnement des personnes en fin de vie. Les 150 dirigeants d’institutions de santé catholiques mettent en avant, fait-il savoir, leur engagement en faveur des soins palliatifs, de la prise en charge de la douleur et d'un accompagnement jusqu'au décès dans le lieu de vie des résidents, afin d'éviter, lorsque cela est possible, des hospitalisations de dernière minute. «Nous souhaitons accompagner jusqu'au bout. C'est un projet global qui intègre le traitement de la douleur, la présence des soignants et l'accompagnement de la vie jusqu'à son terme», conclut Jean-René Barthélemy.

 

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29 juillet 2026, 12:51