Traverser le Congo pour panser ses plaies : L'odyssée citoyenne de la «Caravane de la Résilience»
Vatican News
En choisissant le lac Tanganyika comme point d'arrivée, au terme d'une caravane qui va débuter le 24 mars, les participants, membres du mouvement de lutte pour le changement, LUCHA, posent un regard nostalgique vers les zones meurtries de Goma, Bukavu et Bunagana. «Nous avons un Congo uni de plus de 2 millions de kilomètres carrés, et personne n'a le droit de nous le rompre», martèle Micheline Kamate.
La moto pour briser l'isolement
Pourquoi ne pas avoir opté pour une campagne de sensibilisation classique, plus rapide et sécurisée ? Pour John Hannibal, l'un des participants à la caravane, la réponse réside dans la proximité. Si le rêve initial était la marche à pied, la moto s'est imposée comme le symbole de la débrouillardise congolaise.
En traversant les provinces, cette équipe de huit personnes qui «portent en elles les cicatrices de 30 ans de violences», elles comptent organiser des forums citoyens : des espaces d’écoute et de conscientisation des citoyens.
Une cartographie des douleurs, une seule identité
Du Kasaï au Maï-Ndombe, du Nord-Kivu à l'Ituri, chaque région porte des stigmates différents : Kamwina Nsapu, Mobondo, M23 ou ADF. Pourtant, la douleur est la même. L'enjeu est de faire comprendre aux victimes qu'elles ne sont pas seules et que leur souffrance est partagée par l'ensemble de la nation, explique Hannibal qui souligne que «la paix ne peut pas être uniquement le fruit de négociations entre élites ou de calculs géopolitiques». Elle doit naître d'une base consciente et organisée. «La vie humaine n'est pas négociable», rappelle-t-il, dénonçant des guerres imposées pour des intérêts individuels.
Cultiver les consciences pour l'avenir
Pour sa part, Happiness Binja, membre de la Lucha, l'implication de citoyens au-delà des seules zones de conflit est cruciale. «La déstabilisation du Congo a des répercussions régionales et mondiales, liées notamment au pillage des ressources». Interrogés sur l'héritage que l’équipe des caravaniers souhaite laisser une fois arrivés à Kalemie, la militante Binja estime qu’il s’agit avant tout de bâtir un socle mental :
«Si vous voulez investir pour un mois, cultivez des légumes. Pour dix ans, plantez des arbres. Mais pour une durée indéterminée, il faut cultiver les consciences. Une âme gagnée, c'est un avenir meilleur assuré».
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