Nigeria: une nouvelle vague de violences meurtrières à Kontagora
Clara Pitshilu - Cité du Vatican
Ces violences frappent un diocèse déjà durement éprouvé par un autre enlèvement, celui de 265 élèves de l’école catholique St. Mary de Papiri, le 21 novembre dernier. Bien que les enfants aient été libérés en décembre, en plusieurs étapes, la reprise des attaques a ravivé la peur et l’insécurité dans toute la région.
Des enfants libérés replongés dans la peur
Mgr Yohanna souligne que les enfants et adolescents de Papiri, à peine sortis de captivité, sont aujourd’hui encore plus vulnérables. Face aux nouvelles incursions des bandits, ils ont été contraints de fuir avec leurs familles et de se cacher dans la brousse, jour et nuit, craignant de nouvelles violences. L’évêque déplore l’absence de protection effective et affirme que les assaillants ont opéré sans être inquiétés par les forces de sécurité, accentuant le traumatisme psychologique de populations déjà fragilisées.
Villages attaqués et appel à l’unité
Les raids ont débuté le 28 décembre par une attaque contre le village de Kaiwa, suivie de celles de Gebe et de Shafaci, où un poste de police a été pris pour cible. Le 2 janvier, l’église catholique de Sokonbora a été vandalisée, avant que les bandits ne s’attaquent, le 3 janvier, au marché de Kusuwan Daji. Quarante-deux hommes y ont été exécutés, sans distinction de religion, et plusieurs femmes et enfants enlevés. «Les incendies allumés par les bandits étaient si intenses qu'on pouvait les voir depuis Papari, à 15 kilomètres de là », explique l'évêque.
En exprimant sa compassion aux familles des victimes, Mgr Yohanna appelle les communautés locales de diverses origines ethniques «à ne pas voir l'autre comme un ennemi, mais à rester unies pour rejeter toute forme de violence et à s'unir pour faire face au banditisme». Il exhorte également les autorités nigérianes à traduire en justice les responsables de ces crimes et à assurer enfin la sécurité des populations civiles.
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