17 missionnaires tués en 2025 selon le rapport de l’agence Fides
Xavier Sartre – Cité du Vatican
C’est un triste bilan que l’agence Fides publie chaque fin d’année, celui des missionnaires tués au cours des précédents mois à travers le monde. Par missionnaires, l’agence entend tous les baptisés les plus impliqués dans l’œuvre apostolique, autrement dit, les prêtres, religieuses, séminaristes et laïcs sont concernés par cette étude.
C’est sur le continent africain que la violence a le plus touché les missionnaires. Six prêtres, deux séminaristes et deux catéchistes ont été tués dans différents pays. Au Burkina Faso, deux catéchistes ont été tués par des hommes armés alors qu’ils circulaient à moto près de la ville de Bondokuy. Au Nigéria, qui compte le plus de victimes - cinq - trois prêtres et deux séminaristes ont été assassinés. Les circonstances de leur décès sont diverses mais les attaques d’hommes armés dans des contextes de violences politiques ou de guerre sont les plus nombreuses.
Deux sœurs tuées à Haïti
En Amérique, Haïti demeure le pays le plus violent. Deux religieuses, les sœurs Evanette Onezaire et Jeanne Voltaire, y ont perdu la vie, assassinées le 31 mars à Mirebalais par des membres de gangs armés. Suivent le Mexique, où un prêtre, le père Bertoldo Pantaleón Estrada, a été enlevé le 4 octobre avant d’être retrouvé mort deux jours plus tard, et les États-Unis où le curé d’une paroisse du Kansas, le père Arul Carasala, d’origine indienne, a été tué par balle par un homme.
En Birmanie, le père Donald Martin, un prêtre de l’archidiocèse de Mandalay a été retrouvé mort dans l’enceinte de sa paroisse, mutilé et défiguré à coups d’arme blanche. Il était très impliqué auprès des personnes déplacées à cause de la guerre civile qui ravage le pays depuis plusieurs années. Un enseignant de 39 ans a lui été abattu par balle aux Philippines. Enfin, en Pologne, un prêtre de 58 ans, le père Grzegorz Dymek, a été retrouvé étranglé dans son presbytère par un homme venu sans doute, selon les premiers éléments de l’enquête, voler une somme d’argent recueillie par le curé pour les besoins de la paroisse.
L’une des plus jeunes victimes, Emmanuel Alabi, est un séminariste nigérian de 21 ans, enlevé dans la nuit du 10 juillet lors de l’attaque du petit séminaire d’Ivianokpodi. Blessé dans l’assaut, il fut emmené par ses ravisseurs qui l’abandonnèrent peu après au bord de la route, incapable de poursuivre la marche. Il fut retrouvé sans vie le lendemain.
Tous ces morts n’ont pas nécessairement été tués en haine de la foi, c’est pourquoi Fides n’emploie pas le terme de «martyr» «afin de ne pas entrer dans le détail des enquêtes que l’Église pourrait mener sur les circonstances qui ont conduit à leur mort» précise-t-elle dans son dossier. L’année dernière, 13 missionnaires avaient été tués, contre 20 en 2023 et 18 en 2022.
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