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Distribution d'aide humanitaire dans les villages du sud du Liban, en présence du nonce apostolique. Distribution d'aide humanitaire dans les villages du sud du Liban, en présence du nonce apostolique.  

Le nonce apostolique au Liban au chevet de la population dans le sud du pays

L'archevêque Paolo Borgia s'est rendu vendredi après-midi dans le sud du pays pour distribuer les quinze tonnes d’aide humanitaire offertes par l’Œuvre d’Orient. Le nonce apostolique au Liban décrit un moment empreint de fraternité et se fait l’écho de la proximité du Pape auprès des populations fragilisées par la guerre entre le Hezbollah et Israël. «Les routes sont coupées à cause des bombardements, ils sont en train de couper les voies de communication», déplore-t-il.

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

«À l’instant même, je viens d’entendre une détonation venant de la nonciature… Cela signifie que les hostilités reprennent à Beyrouth». L’archevêque Paolo Borgia, nonce apostolique depuis 2022 au Liban, témoignait au téléphone ce vendredi 13 mars depuis la colline de Harissa, située à 25 km de Beyrouth, pilonnée depuis plusieurs jours par les bombardements israéliens. À ses côtés se dresse la statue de Notre-Dame du Liban qui, baignée de lumière blanche, porte un regard affligé sur cette capitale du Moyen-Orient qui semble vouée à ne jamais connaître la paix.

Mgr Borgia est rentré «chez lui» il y a quelques heures. Ces derniers jours, il s’est rendu à Qlayaa pour assister aux funérailles du père Pierre El Raii, le curé maronite tué lors d’une attaque le lundi 9 mars, alors qu’il tentait de secourir un paroissien blessé. Le nonce s’est ensuite rendu dans les villages du Sud, où il a accompagné un camion «transportant quinze tonnes d’aide humanitaire offertes par l’Œuvre d’Orient».

Décharger et distribuer des colis

Sur les réseaux sociaux libanais, des photos et des vidéos du représentant pontifical, vêtu d’une soutane, d’une ceinture et d’une calotte, en train de décharger des colis et des sacs sont devenues virales. «Nous avons retroussé nos manches pour décharger tout le matériel afin de pouvoir partir. Aujourd’hui, nous avons visité six villages, toujours dans la même région, et nous avons rencontré les communautés», explique-t-il. «Des communautés maronites, des communautés mixtes chrétiennes, orthodoxes, grecs-melkites et latines, ainsi que des communautés grecs-orthodoxes ou maronites avec des druzes et des sunnites».

«Une très belle expérience, un très beau moment de fraternité», décrit l’archevêque, qui sourit en relatant son arrivée dans une petite église de l’un de ces villages. Au moment même où il s’agenouille devant l’autel, trois coups de mortier sont tirés. «Quelqu’un m’a dit: “Excellence, on vous souhaite la bienvenue”. Nous en avons ri…».

Confiance dans le Pape

«Les gens avaient besoin d’un peu de soutien et surtout d’entendre un mot du Pape; ils font grandement confiance au Saint-Siège et surtout au Pape qu’ils ont vu ici à Beyrouth et avec lequel s’est immédiatement établi un lien particulier», souligne Mgr Borgia, en rappelant le voyage apostolique de Léon XIV au pays du Cèdre en décembre dernier. La visite papale avait représenté un moment de répit face à l’horreur du conflit entre Israël et le Hezbollah, mais celui-ci a depuis repris de plus belle dans le contexte actuel de flambée de violences au Moyen-Orient.

Des routes bombardées

«Cela nous a fait souffrir que, après notre départ de cette zone, certaines routes aient été bombardées. Qlayaa, après nous avoir accueillis, après ce moment de partage, est désormais complètement bloquée, comme d’autres villages de cette même région. Il semble qu’ils commencent également à couper les voies de communication avec le Sud… Espérons que la guerre se termine bientôt et que la paix puisse revenir», implore le nonce.

Peur et espoir

«Le Hezbollah, poursuit-il, lance des missiles, des roquettes, tout ce qu’il peut vers Israël, parfois même à un rythme très soutenu. Israël, par exemple, bombarde de manière chirurgicale à Dahieh: une voiture, un appartement, une chambre d’hôtel, une maison où se trouvent des gens. Tous les quartiers chiites ici à Beyrouth sont désormais vides, car il y a un exode incroyable de la population. Environ 800 000 personnes se sont inscrites sur le site pour recevoir l’aide du ministère des Affaires sociales, tandis que les centres accueillent 120 000 personnes. Les gens dans les centres ont peur. C’est une situation un peu particulière, espérons que tout ira bien…».

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14 mars 2026, 13:56