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La Curie et le Pape aux Exercices spirituels, lundi 23 février 2026. La Curie et le Pape aux Exercices spirituels, lundi 23 février 2026.  (@Vatican Media)

Exercices spirituels, comment vivre avec l'aide de Dieu

Troisième méditation dans la chapelle Pauline pour Léon XIV et la Curie romaine, dans l'après-midi du 23 février. Dieu n'est pas un service d'urgence que l'on appelle comme si l'on téléphonait au 112, explique le moine et évêque norvégien de Trondheim, Mgr Erik Varden. Fonder notre existence en demeurant en Lui signifie passer par la «plainte» et la «menace» pour apprendre à vivre avec grâce à un nouveau niveau de profondeur.

Mgr Erik Varden, O.C.S.O.*

Mary Ward, cette grande éducatrice chrétienne du XVIIe siècle, disait souvent à ses sœurs: «Faites de votre mieux et Dieu vous aidera». L'idée que Dieu peut et veut nous aider dans nos difficultés est un axiome de la foi biblique. Elle distingue le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu qui s'est fait compassion incarnée en Jésus-Christ, du Moteur immobile de la philosophie.

Le psaume 90 commence par le verset: «Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut et repose à l'ombre du Puissant». L'aide de Dieu, dit Bernard, peut être définie comme une demeure car elle constitue une réalité qui nous soutient, à l'intérieur de laquelle nous pouvons vivre, bouger et exister. L'aide de Dieu n'est pas occasionnelle; ce n'est pas un service d'urgence que nous contactons lorsqu'une maison est en feu ou que quelqu'un est renversé par une voiture, comme si nous appelions le 112.

Mais que dire des cas où des personnes craignant Dieu tombent et semblent être abandonnées? Que dire lorsqu'elles crient vers le ciel sans obtenir de réponse, n'entendant que l'écho désolé de leur propre voix?

La figure biblique de cette condition est Job, dont le livre grandiose peut être perçu comme une symphonie en trois mouvements, passant d'une complainte viscérale à une exposition de la menace, jusqu'à l'expérience inattendue de la grâce.

Job n'accepte pas les rationalisations de ses amis. Il refuse de penser que Dieu fait le bilan de sa vie comme s'il s'agissait d'un compte rendu financier. Il est déterminé à trouver Dieu présent dans l'affliction, criant héroïquement: «Qui d'autre que Lui peut faire cela?».

En tant que croyants, nous pouvons considérer la religion comme une police d'assurance: sûrs de pouvoir compter sur l'aide de Dieu, nous pensons être à l'abri du danger. Le monde semble s'écrouler si, et quand, le mal nous frappe. Comment affronter les épreuves qui semblent absurdes, qui détruisent mes barrières protectrices? Ma relation avec Dieu est-elle une forme de négociation, de sorte que lorsque les choses deviennent difficiles, je suis amené à suivre le conseil de la femme de Job de «maudire Dieu et mourir?».

Dieu peut rendre possible un monde nouveau et béni après avoir abattu les murs que nous pensions être le monde, des murs à l'intérieur desquels nous étouffions en réalité.

Demeurer dans l'aide de Dieu, comme nous l'enseigne saint Bernard, ne signifie pas trafiquer avec les certitudes. Cela signifie passer par la Lamentation et la Menace pour apprendre à vivre avec Grâce à ce nouveau niveau de profondeur. Et ainsi permettre aux autres de le trouver.

*Mgr Erik Varden, évêque de Trondheim (Norvège). 

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24 février 2026, 08:41