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Image d'illustration. Image d'illustration.  (Rawpixel Ltd.)

Unité des chrétiens, Mgr Pace: «L'œcuménisme, une promesse d'avenir»

Mgr Flavio Pace, secrétaire du dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, lors d’un entretien avec les médias du Vatican, est revenu sur la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens qui s'achèvera dimanche 25 janvier 2026 et sur les fruits du dialogue entre les croyants en Christ.

Vatican News

«L'œcuménisme est l'expérience qui nous permet de nous redécouvrir frères et amis, à partir de l'expérience de Jésus». C'est ainsi que Mgr Flavio Pace, secrétaire du dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, s'adressant aux médias du Vatican, décrit le dialogue entre les croyants en Christ à l'occasion de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens qui s'achèvera dimanche 25 janvier. Il s'agit d'un rendez-vous œcuménique annuel parmi les plus importants, qui a coïncidé cette année avec le choix «providentiel» du Pape Léon XIV de méditer sur la Dei verbum, dans le cadre de la catéchèse du mercredi sur le Concile Vatican II. La concomitance avec la Semaine en cours est significative: le Concile a en effet fait connaître aux fidèles «l'expérience de la révélation divine dans une progression». «La Dei verbum est en quelque sorte le complément de la Dei filius du Concile Vatican I - explique l'archevêque - où l'accent était mis sur ces vérités de nature intellectuelle»: «la Dei verbum complète et replace cette vérité dans sa dimension relationnelle». Dieu lui-même parle aux hommes comme à des amis, comme dans l'expérience de Moïse et comme cela ressort clairement des paroles de Jésus dans l'Évangile de Jean: «Je vous ai appelés amis».

Le chemin de l'unité

La révélation, cependant, n'est pas une question qui concerne uniquement les théologiens. Au centre, il y a «la réalité concrète de l'expérience humaine de Jésus, de la vérité, du regard porté sur les hommes de son temps, sur les femmes, les situations, les travaux, les souffrances, la maladie physique», poursuit Mgr Pace. «C'est dans cette expérience que Dieu, qui s'incarne, se révèle. Et alors, la chair de Jésus est décisive pour rencontrer l'expérience du Dieu chrétien». Une rencontre qui unit les croyants, pour lesquels il faut renforcer la prière pour une pleine unité visible, comme l'a souhaité dimanche 18 janvier le Pape Léon XIV lors de l'Angélus. «Une pleine unité, car le fondement en est certainement le baptême, explique encore le secrétaire du dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens. Mais au cours de l'histoire, dans les schismes d'Orient et d'Occident, dans les diverses fractures, y compris internes à nos partenaires œcuméniques, cette unité du baptême ne donne en réalité pas lieu à une pleine communion». L'espoir est que «le chemin vers une pleine communion» puisse devenir «aussi s'asseoir à la seule table du Christ». Un chemin de dialogue théologique qui «va de pair avec une prière commune et un don»: celui de l'Évangile.

L'expérience de l'œcuménisme

«L'expérience de l'œcuménisme est, à petite échelle, une expérience de dialogue qui s'étend également à d'autres domaines». Le dialogue consiste à «se mettre face à l'autre, enfin désarmé, afin de pouvoir écouter le don de l'Esprit qu'est l'autre et, ensemble, invoquer pour que ce chemin devienne toujours plus un chemin de partage total». Dans ce parcours, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est un moment fondamental, que les communautés du monde entier sont appelées à vivre à travers les réflexions préparées cette année par l'Église apostolique arménienne.

Saint-Paul-hors-les-Murs

La Semaine se terminera dimanche prochain, 25 janvier, par la récitation des Vêpres dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, présidée par le Pape Léon XIV. Une basilique que le Saint-Père, comme le rappelle Mgr Pace, a déjà visitée non seulement pour la prise de possession après son élection, mais aussi le 14 septembre dernier pour la commémoration œcuménique des martyrs témoins de la foi. Il s'agit en outre de la basilique qui «a également vu cette année la visite du roi Charles et l'octroi du titre de confrère, ce qui en fait une basilique liée à l'œcuménisme». C'est également là que Paul VI a offert son anneau épiscopal en 1966 à Michael Ramsey, archevêque de Canterbury. «C'est aussi la basilique du Concile, où Vatican II a été annoncé, mais c'est aussi le lieu où nous redécouvrons, à travers l'expérience de Paul, que nous sommes redevables à l'Évangile et que, pour cette raison, en nous remettant à l'école de l'Évangile, nous vivons et demandons à être des évangélisateurs comme Paul, mais parce que nous sommes habités par ce souffle de l'Esprit».

Les fruits de Nicée

Le 1700e anniversaire du Concile de Nicée a récemment été célébré, un événement qui, selon Mgr Pace, a eu pour fruits «la possibilité non seulement de commémorer le symbole de la foi, mais aussi le désir de regarder ensemble vers l'avenir». Outre la prière publique, cette rencontre «appelons-la Pentecôte», «qui est ce rassemblement à huis clos dans l'église syro-orthodoxe d'Istanbul, où le Saint-Père et les autres dirigeants se sont écoutés pendant deux heures autour d'une table ronde», a été significative. Un moment historique dont on n'a pas de compte rendu, mais «ce que j'ai compris, c'est qu'ils se sont promis que ce ne serait pas le dernier moment de ce genre», observe-t-il.

Vers Augsbourg

En 2030, une autre commémoration œcuménique est également prévue pour le 500e anniversaire de la Diète d'Augsbourg et de la Confessio Augustana. «Après la crise avec Martin Luther, on a tenté de trouver un terrain d'entente, une profession de foi commune, dans les pays que nous appelons aujourd'hui les pays de la Réforme», explique l'archevêque. «Il est important de commémorer ce texte» afin de redécouvrir une base commune et, en même temps, «redécouvrir quelque chose de plus pour notre présent». Il s'agit donc d'une commémoration historique qui s'inscrit, entre autres, dans cette année 2030 qui marquera le 2000e anniversaire du début de la vie publique de Jésus, de son baptême et du sermon sur la montagne. «Il existe également de nombreuses initiatives œcuméniques transversales qui souhaiteraient mettre l'accent, avec des expériences provenant notamment de Terre Sainte, sur une lecture commune du texte du Sermon sur la montagne, par exemple. J'espère donc, observe Pace, que cette commémoration sera une année fructueuse non seulement pour les luthériens, mais aussi pour d'autres questions œcuméniques».

Celui qui est le fondement de l'unité

Dans le contexte actuel marqué par les divisions, parmi ceux qui œuvrent pour créer des ponts de dialogue, il y a certainement le Pape Léon XIV, «homme à l'écoute, capable de relancer en quelques mots la possibilité d'un cheminement». Son engagement est également raconté par l'histoire augustinienne et sa devise «In Illo uno unum». «Cela, conclut Mgr Flavio Pace, est aussi un appel à nous, car là où l'œcuménisme devient une sorte de stratégie non pas géopolitique mais géo-ecclésiastique, il est voué à l'échec. Si, en revanche, il s'agit de quelque chose qui nous aide à redécouvrir celui qui est le fondement de l'unité, alors il devient une promesse d'avenir».

 

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23 janvier 2026, 09:48