La synodalité, nouveau souffle d'«Ecclesia in Africa», estime le cardinal Czerny
Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican
Trente ans après la publication de l’exhortation apostolique historique de saint Jean-Paul II, les évêques d’Afrique centrale se retrouvent au Tchad, du 25 janvier au 1er février, pour interroger leur mission dans un monde en mutation. Invité d'honneur de cette plénière, le cardinal Michael Czerny porte un regard d'espérance sur ce parcours, tout en fixant un cap exigeant: «Transformer l’institution en un mouvement vivant où chaque baptisé devient artisan de justice».
De «la famille de Dieu» à la marche synodale
Le cardinal Czerny voit dans le concept d'«Église Famille de Dieu», pilier d’Ecclesia in Africa, le terreau fertile de la synodalité voulue par le Pape François. Pour lui, ce n'est pas une simple évolution administrative, mais une identité profonde à retrouver.
Toutefois, le préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral met en garde contre une vision trop bureaucratique de ce processus. Le danger, selon lui, serait de cantonner le dialogue aux «grandes réunions». Le cœur doit rester la base: les paroisses, les écoles et les centres de santé. C'est là, dans le quotidien des petites communautés, souligne-t-il, que l'Église doit apprendre à «marcher ensemble».
Vaincre la frustration par l'action locale
Face aux défis immenses de la région ACERAC, marqués par des conflits persistants et des inégalités sociales criantes, le préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral exhorte les fidèles à ne pas céder au fatalisme. «Nous ne devons pas rester dans notre tristesse et la frustration. Chaque communauté, chaque instance de l'Église doit trouver son chemin de paix et de justice», insiste-t-il.
Plutôt que de se laisser écraser par l'ampleur des problèmes nationaux ou régionaux, il encourage chaque chrétien à identifier une mission de paix à sa portée, au plus proche de son prochain. L'objectif de cette assemblée de N'Djamena est clair: susciter une «participation active» pour que l'Église ne soit plus seulement spectatrice, mais actrice du changement.
Une écoute attentive du dicastère
Interrogé sur les priorités que les évêques devraient adopter, le cardinal Czerny a fait preuve d'une humilité remarquée. Loin d'arriver avec des solutions préconçues depuis Rome, il affirme venir au Tchad d'abord pour apprendre.
Cette démarche d'écoute active définit la nouvelle méthode de travail du dicastère pour le développement humain intégral : accompagner et appuyer les initiatives locales plutôt que d'imposer un agenda global. À N'Djamena, c'est donc une Église à l'écoute d'elle-même qui tente de dessiner le visage de l'Afrique centrale pour les décennies à venir.
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