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La synodalité, nouveau souffle d'«Ecclesia in Africa», estime le cardinal Czerny

La 13e Assemblée plénière de l'Association des conférences épiscopales de la région Afrique centrale (ACERAC) s’ouvre ce dimanche 25 janvier à N'Djamena au Tchad. Invité à ces assises, le préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral, dresse un pont entre l'héritage d’Ecclesia in Africa et le défi synodal actuel. Pour lui, la réponse aux crises de la région ne viendra pas d'en haut, mais d'une Église «Famille de Dieu» active au cœur des paroisses.

Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican

Trente ans après la publication de l’exhortation apostolique historique de saint Jean-Paul II, les évêques d’Afrique centrale se retrouvent au Tchad, du 25 janvier au 1er février, pour interroger leur mission dans un monde en mutation. Invité d'honneur de cette plénière, le cardinal Michael Czerny porte un regard d'espérance sur ce parcours, tout en fixant un cap exigeant: «Transformer l’institution en un mouvement vivant où chaque baptisé devient artisan de justice».

De «la famille de Dieu» à la marche synodale

Le cardinal Czerny voit dans le concept d'«Église Famille de Dieu», pilier d’Ecclesia in Africa, le terreau fertile de la synodalité voulue par le Pape François. Pour lui, ce n'est pas une simple évolution administrative, mais une identité profonde à retrouver.

“C'était vraiment une grande inspiration et je vois le chemin de 30 ans entre cet important document et la synodalité. La synodalité, c'est le nom du chemin de nos jours, et c'est comme ça que l'Église va continuer à procéder.”

Toutefois, le préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral met en garde contre une vision trop bureaucratique de ce processus. Le danger, selon lui, serait de cantonner le dialogue aux «grandes réunions». Le cœur doit rester la base: les paroisses, les écoles et les centres de santé. C'est là, dans le quotidien des petites communautés, souligne-t-il, que l'Église doit apprendre à «marcher ensemble».

Vaincre la frustration par l'action locale

Face aux défis immenses de la région ACERAC, marqués par des conflits persistants et des inégalités sociales criantes, le préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral exhorte les fidèles à ne pas céder au fatalisme. «Nous ne devons pas rester dans notre tristesse et la frustration. Chaque communauté, chaque instance de l'Église doit trouver son chemin de paix et de justice», insiste-t-il.

Plutôt que de se laisser écraser par l'ampleur des problèmes nationaux ou régionaux, il encourage chaque chrétien à identifier une mission de paix à sa portée, au plus proche de son prochain. L'objectif de cette assemblée de N'Djamena est clair: susciter une «participation active» pour que l'Église ne soit plus seulement spectatrice, mais actrice du changement.

Une écoute attentive du dicastère

Interrogé sur les priorités que les évêques devraient adopter, le cardinal Czerny a fait preuve d'une humilité remarquée. Loin d'arriver avec des solutions préconçues depuis Rome, il affirme venir au Tchad d'abord pour apprendre.

“Je n'arrive pas avec un menu préparé des priorités. Au contraire, je vais pour écouter les évêques et leurs collaborateurs, pour découvrir quelles sont les urgences les plus urgentes.”

Cette démarche d'écoute active définit la nouvelle méthode de travail du dicastère pour le développement humain intégral : accompagner et appuyer les initiatives locales plutôt que d'imposer un agenda global. À N'Djamena, c'est donc une Église à l'écoute d'elle-même qui tente de dessiner le visage de l'Afrique centrale pour les décennies à venir.

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22 janvier 2026, 17:54