Cardinal Parolin: la diplomatie vaticane, une voix morale qui doit continuer à porter
Vatican News
Le Secrétaire d’État du Saint-Siège qui a appelé l’Europe à retrouver son audace chrétienne lors de la messe pontificale le 11 janvier, a réitéré le message délivré par la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule sur les racines chrétiennes européennes. «Pendant la célébration, j’ai senti très fort la relation entre le passé et le futur que manifeste la cathédrale.» Le cardinal Parolin a évoqué la Belgique, pays encore récemment visité par le Pape François en septembre 2024, comme «un pont» pour son rôle international et européen.
Concernant la vitalité ecclésiale du pays, le Secrétaire d’État l’inscrit dans un paysage occidental en voie de sécularisation progressive, voire d’indifférence. «On vit comme si Dieu n'existait pas, on ne se pose pas la question de Dieu», a-t-il regretté auprès de Cathobel, estimant que l’annonce de l’Évangile demeure le principal défi de l’Église locale, «avec un nouvel enthousiasme et de nouvelles méthodes» pour paraphraser Jean-Paul II. Le Secrétaire d’État n’a pas manqué de mentionner la crise des abus ayant affecté l’Église en Belgique comme ailleurs, se réjouissant «des réactions pour faire face à ce problème de la façon la plus juste possible». À l’inverse, le phénomène des catéchumènes prégnant en Belgique, comme en France, en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas, est un motif d’espérance.
La diplomatie vaticane, une voix morale indispensable
Le diplomate du Saint-Siège a ensuite été interrogé sur des aspects plus internationaux, lui permettant de rappeler le grand rôle à jouer aujourd’hui de la diplomatie vaticane. «C'est une voix morale qui s'élève dans un monde où certains principes, qui sont essentiels pour construire la société internationale et qui semblaient établis pour toujours après l’expérience de la deuxième Guerre mondiale, se sont grandement affaiblis», la définit-il, reconnaissant son caractère indispensable en dépit de ses timides effets.
«Beaucoup de gens avec qui nous parlons, surtout au niveau diplomatique ou politique, disent que nous devons continuer à faire ce que nous faisons, malgré le fait que nous ne réussissons peut-être pas à obtenir des résultats immédiats», a-t-il expliqué, citant l’exemple de la guerre en Ukraine dès le début de laquelle le Pape François avait offert la médiation du Saint-Siège. «Mais les résultats sont plutôt maigres. Il est néanmoins important qu’une une voix continue de rappeler à l'humanité les principes qui doivent être à la base d’un monde juste et pacifique», a précisé le Secrétaire d’État parlant d’une cinquantaine de conflits lacérant actuellement la planète.
Selon lui, l'application et le respect du droit international prédomine, de même que le multilatéralisme à n’abandonner sous aucun prétexte. «L’humanité n’a pas d’alternative. Si on continue dans la voie actuelle, ce sera la guerre totale. Nous allons alors nous détruire, notamment en raison de la multiplication des armes de destruction massive qui sont terribles. Elles rendent possibles des scénarios qui n’étaient pas envisageables auparavant», a-t-il mis en garde, détaillant plusieurs grands principes qui sont à la base de la démocratie: la dignité de la personne humaine, le respect de la liberté –par exemple celle de l'objection de conscience–, la solidarité. «Si on perd ces principes, on perd la démocratie.»
Le début de pontificat Léon XIV
D’un point de vue plus européen, le cardinal a regretté que l’Union européenne soit très bureaucratique, l’exhortant à développer sa capacité d’apporter des réponses aux questions des citoyens. Enfin, interrogé sur cette année 2025 particulière au Vatican avec le décès du Pape François et l’élection de Léon XIV, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État depuis 2013, a qualifié la période de «transition tranquille». Léon XIV est «un Pape très serein, avec une attitude très pacifique et de grande écoute». C’est d’ailleurs ce qu’il a souhaité faire au cours des huit premiers mois de son pontificat. Écouter et apprendre. «Viendra ensuite le moment de prendre des décisions.»
Lire l'entretien complet à Cathobel.
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