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2026.09.06 Vangelo di domenica

Méditation du 20ème dimanche du temps ordinaire, année A

Le Père Jésuite Éric Goeh nous introduit à la méditation avec les textes du 20e dimanche du Temps Ordinaire A.

Chers frères et sœurs, la paix du Christ !

L’Évangile d’aujourd’hui nous met devant une femme qui refuse de se décourager. Une femme qui crie, qui insiste, qui continue de croire malgré le silence qu’elle rencontre et le rejet des disciples. À travers elle, l’Évangile interroge notre manière de croire, mais aussi notre manière d’entendre le cri des autres.

Cette femme est une Cananéenne, une étrangère. Elle vient vers Jésus avec une seule préoccupation : sa fille souffre. Elle crie : « Prends pitié de moi, Seigneur ! » Et, chose surprenante, Jésus ne répond pas : « Il ne lui répondit pas un mot. »

Cette expérience peut être la nôtre. Nous prions pour un malade, pour un enfant en difficulté, pour une situation familiale difficile, pour sortir d’une épreuve… et parfois rien ne semble changer. Que faisons-nous lorsque Dieu semble silencieux ? Cette femme, elle, ne se décourage pas. Elle revient avec une prière encore plus simple : « Seigneur, viens à mon secours ! »

La foi, ce n’est pas toujours comprendre ce que Dieu fait. C’est parfois continuer à lui faire confiance quand nous ne comprenons plus. C’est continuer à espérer quand nous ne voyons pas encore de réponse.

Mais regardons aussi les disciples. Ils disent à Jésus : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Cela aussi est très humain. Il y a des cris qui finissent par nous déranger : cette personne qui revient toujours avec le même problème ; cet enfant qui réclame notre attention ; cette personne âgée qui répète sa demande ; ce voisin ou ce collègue qui sollicite encore notre aide. Et parfois nous pensons : Que quelqu’un d’autre s’en occupe !

L’Évangile nous pose alors une question : quand le cri de l’autre me dérange, est-ce que j’entends encore la souffrance qui se cache derrière ce cri ? Car derrière une personne insistante, il y a peut-être simplement quelqu’un qui souffre et qui ne sait plus vers qui se tourner.

Puis vient cette parole difficile de Jésus sur le pain des enfants et les petits chiens. La femme aurait pu partir. Mais elle répond : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Quelle foi ! Elle croit que la bonté de Dieu est tellement grande que même quelques miettes peuvent suffire.

Et ces miettes peuvent aussi nous parler. Nous pensons parfois que, pour faire du bien, il faut accomplir de grandes choses. Pourtant, il suffit parfois de peu : quelques minutes d’écoute, un appel à une personne seule, une visite à un malade, une petite aide, une parole d’encouragement. Pour nous, ce sont peut-être des miettes. Mais pour celui qui les reçoit, elles peuvent devenir du pain.

À la fin, Jésus dit : « Femme, grande est ta foi ! » Celle que les disciples voulaient renvoyer devient celle dont Jésus admire la foi. Alors demandons-nous aujourd’hui : où suis-je dans cet Évangile ? Suis-je cette femme appelée à croire malgré le silence ? Suis-je parfois le disciple dérangé par le cri des autres ? Où puis-je offrir aujourd’hui quelques miettes de bonté à quelqu’un ?

Demandons cette grâce : Seigneur, lorsque tu sembles silencieux, donne-nous de ne pas nous décourager. Lorsque le cri des autres nous dérange, ouvre notre cœur. Et lorsque nous pensons n’avoir que quelques miettes à offrir, apprends-nous à les partager. Comme cette femme cananéenne, donne-nous une foi qui persévère et un cœur qui reste ouvert à l’autre.

Amen.

15 août 2026