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2021.03.21 Vangelo di domenica

Méditation du 16ème dimanche TO A: «Jésus, ce grain de blé rompu pour la vie du monde»

Le Père jésuite Adrien Lentiampa nous introduit à la méditation avec les textes du seizième dimanche TO – Année liturgique A.

Chers Frères et Sœurs,

L’évangile de ce dimanche nous propose trois paraboles : celle du bon grain et de l’ivraie, suivie de celle du grain de moutarde et de celle du levain. Nous pouvons croire que les deux dernières petites paraboles nous aident à entrer dans l’intelligence de la première parabole.

Et que nous enseigne cette parabole du bon grain et de l’ivraie ? Il est bon de noter que le bon grain que le Seigneur sème dans notre monde et dans nos cœurs est identifié au blé, qui donne le pain, symbole de fraternité, d’amour et de paix. Ce grain de blé représente le Seigneur Jésus. N’est-il pas le pain rompu pour la vie du monde ? Grain de blé jeté en terre, le Seigneur Jésus, mort et ressuscité, inaugure l’avènement du royaume des Cieux parmi nous.

Et au milieu de ce monde pour lequel Jésus donne sa vie, la parabole nous dit que l’ennemi sème l’ivraie, cette petite graine qui ressemble fort au grain de blé, mais qui ne peut nourrir ceux qui la cueillent. Là où le blé donne la vie et favorise l’amitié et la fraternité, l’ivraie, malgré sa ressemblance avec le blé, ne sert à rien sinon à appauvrir le sol, donc à semer la mort autour de soi. L’ivraie est une plante toxique, inutile et envahissante. Ce n’est peut-être pas pour rien que le mot grec qui désigne cette graine signifie « zizanie », c’est-à-dire « celui qui divise ». Cela montre bien le trouble qu’apporte cette plante lorsqu’elle s’invite – ou est semée par un voisin malveillant – dans le champ : elle jette le trouble, apporte la confusion et conduit à la division.

La parabole du bon grain et de l’ivraie nous enseigne ainsi que, dans notre monde, mais aussi dans nos cœurs, peut se développer l’ivraie à côté du bon grain que le Seigneur ne cesse de semer et qu’il voudrait voir croitre pour donner du bon fruit. Cette parabole nous offre ainsi le critère pour juger de la justesse de notre vie : notre manière de vivre est-elle source de plus de fraternité et d’amour autour de nous, ou est-elle toxique comme l’ivraie ? Il ne s’agit pas de nous contenter d’un faux-semblant, d’une vie chrétienne d’apparence, comme c’est le cas de l’ivraie qui, par son aspect extérieur, peut donner l’illusion de pouvoir, comme le blé, produire du bon pain, alors qu’elle ne provoque que vertige et ivresse. Par cette parabole, nous apprenons ainsi que tout ce qui ne favorise pas la fraternité et l’amitié, comme c’est le cas du grain de blé qui produit le pain, ne peut être que l’œuvre de l’ennemi, quelle que soit sa ressemblance extérieure au bon grain.

De cette parabole du bon grain et de l’ivraie, nous pouvons aussi admirer la patience de Dieu envers nous, ses créatures. Il nous montre sa puissance et sa force en nous jugeant avec indulgence et en nous gouvernant avec ménagement, comme nous le lisons dans la première lecture de ce jour. Toujours prompt à nous donner du temps pour changer nos cœurs et en faire une source de vie, d’amour et de fraternité, le Seigneur nous donne une belle espérance : après la faute, il nous accorde la conversion (cf. Sg. 12, 16-19).

Dieu est patient envers nous, ses créatures, parce qu’il veut que nous rejoignions, en toute chose, le cri et l’œuvre de l’Esprit Saint en nous ; cet Esprit qui vient constamment au secours de notre faiblesse, comme nous le rappelle Saint Paul dans la deuxième lecture de ce dimanche. Il s’agit, pour chacun, de se laisser conduire par la main de Dieu. En effet, c’est par sa grâce que, malgré notre faiblesse et notre petitesse, nous pourrons devenir, pour ceux dont la vie perd goût et sens, comme un arbre où ils pourront venir trouver ressourcement et réconfort, à l’instar de la graine de moutarde de la deuxième parabole de l’évangile de ce dimanche. C’est en restant en syntonie avec l’Esprit Saint que nos vies pourront devenir ferment de bonté et de vie pour notre monde, comme le levain de la troisième parabole de l’évangile de ce jour.

Pour cela, demandons au Seigneur bon et miséricordieux, de multiplier pour nous les dons de sa grâce, afin que, brûlant de charité, de foi et d’espérance, nous soyons toujours vigilants pour vivre selon le cri et l’œuvre de l’Esprit Saint en nous.

AMEN

18 juillet 2026