Méditation du 17e dimanche TO A : Seigneur, donne-moi un cœur qui écoute
Frères et sœurs, ce 17ᵉ dimanche du temps ordinaire A nous pose une question essentielle : Si le Seigneur s’avançait vers chacun d’entre nous aujourd’hui et nous disait, comme au jeune roi Salomon dans le premier livre des Rois 3 : « Demande ce que je dois te donner » ; que répondrions-nous ?
Spontanément, nos cœurs traversés par les inquiétudes du quotidien demanderaient sans doute la santé, la sécurité financière, la paix pour nos proches, ou la réussite de nos projets. Ce sont de bonnes choses. Mais Salomon, lui, fait un choix déconcertant. Il ne demande ni la richesse, ni une longue vie, ni la gloire. Il demande « un cœur attentif ». Dans le texte hébreu originel, signifie « un cœur qui écoute ».
Salomon a compris une vérité fondamentale : la plus grande pauvreté n’est pas d’exister sans or, mais de vivre sans discernement. Un cœur qui écoute, c’est un cœur capable de s’arrêter, de faire du silence au milieu du bruit du monde, pour distinguer l’essentiel du secondaire, le bien du mal, le vrai du faux.
C’est précisément ce « cœur qui écoute » qui nous rend capables de reconnaître le Trésor dont nous parle le Seigneur Jésus dans l’Évangile de saint Matthieu 13.
Il nous présente deux hommes : l’un trouve un trésor caché dans un champ, l’autre trouve une perle de grand prix. Et tous deux ont exactement la même réaction : ils vont vendre tout ce qu’ils possèdent pour acquérir cette richesse. Mais remarquez le détail décisif que note saint Matthieu : l’homme agit « dans sa joie », dit-il.
Voilà le cœur de notre foi. La vie chrétienne n’est pas une morale de la contrainte ou du renoncement frustrant. On ne suit pas le Christ en se tordant le bras ou par simple devoir. On renonce au superflu parce qu’on a trouvé l’Essentiel. Quand on découvre à quel point on est aimé de Dieu, quand le Royaume devient une réalité vivante dans notre quotidien, tout le reste prend sa juste place. La joie d’avoir trouvé le Christ rend légers tous les sacrifices.
Pourtant, nous le savons bien, notre vie quotidienne ressemble aussi à la troisième parabole : celle du filet jeté dans la mer qui ramène toutes sortes de poissons. Notre cœur, comme notre monde, est un mélange de bon et de moins bon, de décisions lumineuses et de distractions. Nous sommes souvent écartelés entre le désir de Dieu et nos attachements superficiels.
Mais saint Paul vient nous insuffler une immense espérance dans la deuxième lecture, Romains 8 : « Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout pour contribuer à leur bien. »
Même nos hésitations, même nos erreurs ou nos épreuves peuvent être transformées si nous les remettons entre les mains du Père. Dieu ne nous demande pas d’être parfaits avant de chercher le trésor ; il nous demande simplement de lui ouvrir notre cœur.
Demandons cette grâce aujourd’hui : ne passons pas à côté du Trésor par distraction. Demandons toujours la prière de Salomon : Seigneur, donne-moi un cœur qui écoute.
Qu’il renouvelle en nous la joie de la foi, pour que nous sachions reconnaître la perle précieuse qui donne tout son sens à notre existence. Amen.