Méditation du 15e dimanche ordinaire TOA: le temps de l’enracinement
Références : (Is 55, 10-11) ;(Ps 64 (65) ; (Rm 8, 18-23) ; (Mt 13, 1-23)
Dans son merveilleux livre bien connu, Le Petit Prince, Antoine de Saint Exupéry livre le récit d’une rencontre étonnante mais combien révélatrice du cœur de l’homme. En traversant le désert, le Petit Prince rencontra une fleur, c’était dit l’auteur, une fleur à 3 pétales, une petite fleur de rien du tout.
Bonjour dit le Petit Prince.
Bonjour répondit la fleur.
Où sont les hommes demanda le Petit Prince ?
Les hommes ? répondit la fleur, je crois qu’il en existe six ou sept. Mais ils ne tiennent pas sur place. Le vent les promène partout. Ils n’ont pas de racines. Ça les gêne beaucoup.
Au cœur de l’évangile de ce dimanche, le Seigneur parle aussi de racines, de nos racines dont il interroge l’existence, la profondeur. La parole du Maître tombe, implacable, comme une sentence sans appel : «ce sont des hommes d’un moment. Ils n’ont pas de racines en eux». La chose la plus triste qui puisse arriver à un être humain, c’est d’être ainsi, sans racine, sans enracinement, sans mémoire donc, mais aussi sans avenir et sans espérance, et plus encore sans loyauté et sans combat, pure instantanéité.
Qui aurait cru que les arbres ont tant à nous apprendre sur la manière d’être disciple ? Qui aurait cru que l’arbre a tant à nous dire de notre Maître car oui, lui, a de la racine en lui-même. Lorsqu’il a dit «oui», c’est vraiment «oui» ; et lorsqu’il a dit «non», c’est vraiment «non». Et sa vie et sa passion et sa mort révèlent un profond enracinement dans la volonté de son Père dont il s’approprie, jusqu’au bout. Et lorsqu’on tente de le déraciner pour l’entrainer dans nos velléités, il refuse vigoureusement et maintient le cap : «Passe derrière moi Satan, tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes».
Le prophète Isaïe le comparait précisément à une racine qui a poussé dans une terre aride (Is 53, 2) pour nous encourager tous à l’enracinement quelque soit le sol sur lequel nous sommes plantés.
Honneur à l’homme-arbre qui tend ses racines vers le courant. Honneur à l’homme-arbre qui ne craint pas une année de la sécheresse car elle ne l’empêche pas de porter du fruit. Honneur à l’homme arbre dont les feuilles sont un remède et les fruits une nourriture. Honneur à l’homme-arbre, qui vieillissant, fructifie encore, garde sa sève et sa verdeur pour proclamer: “le Seigneur est droit pas de ruse en Dieu mon rocher”.