Méditation du 12e dimanche TO A: «Soyez sans crainte»
Jr 20, 10-13 – Ps 68 – Rm 5, 12-15 – Mt 10, 26-33
Chrétiens, et vous tous qui luttez pour la justice et la vérité, sachez que vous serez en butte à de nombreuses critiques et obstacles, voire même des persécutions, pour la simple raison que vous tenez ferme dans votre foi, dans vos justes et saintes convictions et que vous ne pouvez supporter que le droit et le bon sens soient bafoués de manière si sournoise et parfois même en plein jour.
Vous n’êtes pas les premiers, et vous ne serez pas les derniers, à être si injustement récompensés par les hommes pour vos efforts, votre persévérance à tenir ferme le cap de la droiture et de l’honnêteté. Les Saintes Ecritures, qui recueillent l’expérience de vie et de foi de l’humanité au long des âges, nous montrent comment les prophètes ne sont pas, ou très peu, écoutés. Voyez Jérémie, abandonné même par ses soi-disant amis : rejeté par tous, il en vient à supplier Dieu – qui scrute dans le secret et connaît les cœurs et les reins de chacun – à voir «la revanche» que le Maître et Seigneur de toutes choses, le Créateur du Ciel et de la Terre, infligera à ses persécuteurs.
Nous connaissons la revanche finale et définitive que Dieu manifeste à tous, pour la plus grande confusion du monde : la victoire de Jésus sur la Croix ; la mort engloutie dans la vie du Christ ; la fragilité, la douceur, la pureté, la miséricorde et la bonté ouvrant le paradis ; l’innocent justifié ; le rejeté et oublié de tous inscrit dans le Livre de Dieu en lettres d’or ; le héraut de la justice de Dieu finalement récompensé ; le pécheur pardonné au premier geste de repentir ; le pauvre comblé de bénédictions pour l’éternité ; la création, autrefois enlaidie par le péché des hommes, désormais renouvelée et indestructible par la grâce incomparable de la rédemption.
La revanche de Dieu, c’est aussi la disparition de tout mal, de tout péché, de toute laideur, perversion, mensonge et fausse richesse. Les riches égoïstes méprisant leur prochain ? Disparus. Les juges injustes et législateurs corrompus qui étaient assis sur des sièges condamnant à mort des innocents et pervertissant la Loi de Dieu ? Disparus. Les faux docteurs enseignant du vent au profit des innocents ? Disparus. Les prédicateurs de mensonge, de politiques mortifères et de spiritualités absurdes ? Disparus. Mais aussi, comme dit l’Evangile d’aujourd’hui, tous ceux qui renient le Christ, lui «le chemin, la vérité et la vie», reniés par le Christ lui-même, c’est-à-dire. disparus.
Ce même Evangile nous réconforte en disant : Soyez sans crainte. «Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé sera dévoilé… Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’âme… Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde».
Si notre conscience nous reproche quelque chose, demandons pardon du fond du cœur, recourons souvent au Sacrement de Réconciliation qui est un moyen puissant de guérison pour vivre de manière droite, selon l’Evangile, et pour être fort et persévérant dans les épreuves qui ne manquent pas dans une vie. Et après avoir tenu ferme dans la foi, le Seigneur nous ouvrira en grand les portes du Paradis : «C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître».