Méditation du Dimanche du Saint Sacrement, 2e dimanche après la Pentecôte
Lectures : Dt 8,2-3.14b-16a ; Ps 147,12-13,14-15,19-20 ; 1 Co 10,16-17 ; Jn 6,51-58
Chers frères et sœurs, les lectures qui nous sont proposées en ce dimanche de la solennité du Saint Sacrement du corps et du sang du Christ nous invitent à faire mémoire du Seigneur qui fait route avec nous, nous nourrissant, nous instruisant, nous invitant à la communion avec lui et avec nos frères et sœurs afin que par lui, avec lui, et en lui nous devenions aussi des pains rompus, des pains vivants pour la vie du monde.
La première lecture tirée du Livre du Deutéronome nous invite à faire mémoire du Seigneur qui marche avec nous dans les déserts de la vie comme il a marché avec le peuple d’Israël durant son exode. « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert », rappelle Moïse au peuple d’Israël. Sur ce chemin d’épreuve, de purification et d’apprentissage, le Seigneur t’a nourri de la manne, ce pain venu du ciel, cette nourriture inconnue de tes pères « pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur ».
Dans l’évangile, c’est Jésus qui se présente lui-même comme cette manne venue du ciel, ce pain pour la route, le pain de vie qui donne la vie en abondance et en plénitude : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel, si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ». Oui, Jésus se donne à manger pour notre salut ! Alors souviens-toi, « Souviens-toi de Jésus-Christ, ressuscité d’entre les morts, il est notre salut, notre joie éternelle ».
Aussi, dans l’eucharistie, pain de vie, pain pour la route, Jésus se donne sans réserve, tout entier, corps et sang pour que nous demeurions en lui, et lui en nous ; pour que nous entrions dans cette relation d’amour stable et durable avec lui. Comme nous le chantons souvent dans nos liturgies lors de la communion : « Voici l’amour qui seul fait vivre, prends-le en toi. Voici vivant le fils de l’homme, livré pour toi » ! Nous célébrons donc avec cette fête du Saint Sacrement, l’amour de Jésus qui va jusqu’ à l’extrême, « jusqu’à l’extrême de lui, jusqu’à l’extrême de moi » disait le bienheureux Christian de Chergé, moine de Tibhirine, martyr d’Algérie.
Dans la deuxième lecture de ce dimanche, Saint Paul nous rappelle que « La coupe de bénédiction que nous bénissons est communion au sang du Christ, le pain que nous rompons est communion au corps du Christ, puisqu’il n’y a qu’un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » (1 Cor 10,16-17). A travers la communion au corps et au sang du Christ, qui nous fait un en lui, nous sommes ainsi appelés à communier en faisant un entre nous !
Prions alors en cette solennité, dans le souvenir de la fidélité de Dieu et du don de vie de Jésus pour notre salut, et son appel à faire un en lui, prions et supplions : Jésus, pain véritable, « pain de la route dont le monde garde faim dans la douleur et dans l'effort de chaque jour, sois notre secours. » Toi notre bon Pasteur qui guide nos pas dans les différents déserts de la vie et nous abreuve en chemin, rends-nous un dans la communion à ton corps et à ton sang, et fais-nous voir les biens éternels sur cette terre des vivants et dans la vie qui vient. Amen !