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Méditation de la fête de l'Ascension 14 mai 2026

Le père jésuite Justin Ilboudo nous introduit à la méditation avec les textes de la fête de l’ascension

Le goût du jour de l’Ascension

Références : Ac 1, 1-11 ; Ps 46 (47), 2-3, 6-7, 8-9 ; Ep 1, 17-23 ; Mt 28, 16-20

Le Seigneur s’élève. Il s’élève au milieu des chants de joie car il ne s’enfuit pas. Il ne s’évade pas. Il ne déserte pas nos champs de bataille. Comment pourrait-il se désolidariser de nos combats alors qu’il a pour toujours uni notre condition à la sienne ? Comment pourrait-il nous abandonner en si bon chemin alors qu’il s’appelle l’Emmanuel, Dieu avec nous et qu’il nous a promis d’être avec nous jusqu’à la fin temps ? Le Seigneur s’élève, attiré par la puissance infinie du Père qui ratifie la mission réussie du Fils et l’accrédite aux yeux de tous auprès de lui. L’Ascension est le prolongement naturel, joyeux et triomphal de la résurrection. La terre exulte et le ciel est en fête.

Le Seigneur s’élève. Il va vers son Père et notre Père ; vers son Dieu et notre Dieu. Il s’élève et nous élève avec lui pour nous arracher à ce qui ne demeure pas pour la vie éternelle ; pour nous arracher à ce qui ne peut que vieillir. Son élévation nous oblige : « Ressuscités avec le Christ, dit l’apôtre, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu » (Col 3, 1). L’Ascension de Notre Seigneur Jésus Christ nous rappelle que le Ciel est notre Patrie et qu’ici-bas, nous sommes dans une « lumière transitoire ».

En s’élevant, le Christ veut susciter et entretenir en nous l’espérance de le rejoindre un jour, il nous donne le goût du Ciel. A nous, fils et filles d’Adam, homme pétri de la terre, le Seigneur s’élève et nous dit dans son élévation : « Vous n’appartenez pas au monde » (Jn 15, 19). Il s’élève pour réorienter notre destinée et ensemencé en nous le désir ardent de cette ville dont Dieu lui-même est la fondation et l’architecte. (Cf He 11, 10).

Le Seigneur s’élève et nous élève avec lui mais la consigne n’est pas de rester là à regarder vers le ciel. Son élévation ne nous fige pas. Son élévation ne nous inhibe pas. Non, la religion de Jésus-Christ n’est pas un opium pour les disciples ni pour aucun peuple. L’Ascension de Jésus est une formidable libération d’énergie qui met les disciples en mouvement : « Allez, allez de toutes les nations ; ne restez pas sur place ; ne faites pas du surplace ; sortez de votre zone de confort ; et faites des disciples, ne soyez pas stérile ; portez du fruit et que votre fruit demeure ».

Le Seigneur s’élève et comme le Roi qui s’en va en voyage en remettant à chacun de ses serviteurs des talents à faire fructifier, lui aussi laisse un testament. Toi, tu ne seras pas ce serviteur-là qui enterre son talent par peur, par paresse ou par médiocrité.

Le Seigneur s’élève et oserait-on dire qu’en s’élevant, il nous donne aussi le goût de la terre ? Oui, une terre à travailler, un lopin de terre à saler, une terre à cultiver et à moissonner jusqu’à ce qu’il revienne.

14 mai 2026