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Photo d'illustration : Dimanches de Pâques Photo d'illustration : Dimanches de Pâques 

Méditation du 3e dimanche de Pâques

Le père jésuite Laurent Basanese nous introduit à la méditation sur les textes du troisième dimanche du temps de Pâques.

Références : Ac 2, 14… 33 – Ps 15 – 1P 1, 17-21 – Lc 24, 13-35

Frères et sœurs, la Bonne Nouvelle que vous entendez aujourd’hui est adressée à vous et à toute la création : Jésus, Celui qui a été crucifié, Dieu l’a ressuscité, l’a élevé à Lui, et lui a soumis tout ce qui existe, le monde visible et le monde invisible. Il est le premier homme à avoir traversé la mort, ce qui signifie que le péché, la maladie et la mort n’ont pas le dernier mot, ils ont été anéantis par la Pâques du Christ, son Passage, comme autrefois le peuple juif traversait la mer rouge, laissant derrière lui l’esclavage et la tristesse. Une nouvelle page d’histoire s’ouvre pour l’humanité, pour chacun de vous et pour tous ceux qui croient. L’Esprit Saint qui reposait sur le Christ a aussi été répandu en abondance sur saint Pierre et sur les disciples le jour de Pentecôte, comme nous le racontent les Actes des Apôtres. L’Esprit Saint rejoint et habite tout chrétien, baptisé au nom du Christ et confirmé par sa puissance de vie ; il suscite la foi dans le Crucifié vainqueur de la mort, donne le repos dans le labeur, la fraîcheur dans la fièvre, le réconfort dans les pleurs ; c’est Lui qui lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guérit ce qui est blessé, assouplit ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rend droit ce qui est faussé (cf. Veni Sancte Spiritus).

L’Esprit Saint donne non seulement le courage de témoigner du Christ, de l’annoncer à notre tour en racontant publiquement les merveilles de Dieu ou en défendant le droit et la justice – c’est ce qu’on appelle la parrhésie, c’est-à-dire le franc-parler, le courage de dire la vérité – mais il donne aussi la capacité de nous souvenir, de prendre conscience, de réaliser, de comprendre. C’est ce qui s’est passé avec les disciples d’Emmaüs. Ils étaient tout tristes, ils s’éloignaient de Jérusalem après l’immense drame de la Passion du Seigneur, eux qui espéraient, comme ils le dirent, « qu’il serait le libérateur d’Israël. » Mais ils ne comprenaient toujours pas qu’il fallait que le Christ souffrît sa Passion pour entrer dans sa gloire, et cela malgré les annonces du Seigneur lui-même, malgré les prophéties de l’Ancien Testament, malgré surtout le témoignage des femmes qui n’ont pas trouvé le corps de Jésus au tombeau mais ont vu des anges qui disaient qu’il était vivant…

Jésus ressuscité vint alors à la rencontre des deux disciples – eux ne le reconnurent pas – et patiemment, il marcha encore avec eux et les écouta. Seulement après les avoir écouté, il leur dit : « Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! » Et il les enseigna à nouveau. Ce n’est qu’au cours du repas du soir, comme vous le savez, au moment de la fraction du pain, que leurs yeux s’ouvrirent, qu’ils comprirent enfin et qu’ils furent brûlant de joie… L’Esprit Saint avait accompli son œuvre en eux : il avait suscité leur foi et ouvert leurs yeux à la nouvelle vie des croyants.

Frères et sœurs, cette foi est un don très précieux qui vous a été fait. Ne le gaspillez pas, mettez-la en pratique, vivez de l’Evangile qui est proclamé encore aujourd’hui sur toute la face de la terre malgré les bruits du monde et les multiples obstacles qui ne manquent pas. Rien ne peut arrêter l’Esprit qui continue son œuvre jusqu’au jour du jugement.

18 avril 2026