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Méditation du 3e dimanche de Carême Année A

Le père jésuite Jean Baptiste Ganza nous introduit à la méditation avec les textes du troisième dimanche du temps de Carême, année liturgique A.

Les lectures de ce troisième dimanche du Carême ont choisi le thème central de l’eau et de la nourriture. Dans le passage du livre de l’Exode (Ex 17, 3-7), la soif suscitée par la traversée du désert provoque une rébellion au sein du peuple d’Israël qui exprime sa colère à Moïse. Effrayé par le ton des accusations de son peuple, il se tourne vers le Seigneur : « Encore un peu, et ils me lapideront », dit-il. Tenaillé par la soif, ce peuple en marche a vite oublié toutes les manifestations de Seigneur qui marchait avec eux et a montré sa puissance lors de la traversée des eaux de la mer rouge.

Patient, le Seigneur instruit Moïse et met fin à la grogne. Le peuple boit à satiété. Encore une fois, les fils d’Israël se rendent compte de la présence de Dieu parmi eux et regagnent la foi en sa puissance grâce au geste de Moïse qui frappe le rocher avec son bâton. A travers ce miracle, est proclamée la primauté de la soif de Dieu sur la soif de l’eau à boire. Les miracles que le Seigneur opère pour son peuple sont destinés à nourrir sa foi et son espérance en Dieu. Et la mémoire des bienfaits de Dieu est une grâce importante à demander en ce troisième dimanche de Carême.

L’évangile de ce dimanche se sert à la fois du thème de l’eau et de la nourriture pour souligner encore la primauté de la connexion à Dieu le Créateur, aux choses créées ici symbolisées par les deux matières. Il y a une satisfaction imperturbable pour ceux-là qui rencontrent le Seigneur et écoutent sa Parole. C’est cela que la Samaritaine comprendra à l’issue de sa rencontre avec Jésus auprès du puit.

Dans ce face-à-face de Jésus avec la femme samaritaine, il est question d’eau. Jésus, épuisé par ses tournées de prédication, demande à une femme samaritaine une eau qu’il ne boira finalement pas. L’on aurait cru que Jésus brûlait vraiment de soif. Pourtant il s’avère vite qu’une autre soif le tenait fort, celle d’annoncer l’existence d’une eau, une de nature à procurer la vie éternelle. Bien entendu, la Samaritaine saute sur l’occasion la demande : « Seigneur, donne-la-moi, cette eau : que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser ».

Nous assistons donc à un malentendu comme cela arrive souvent dans l’évangile de Jean. La Samaritaine prend Jésus pour un homme plus grand que Jacob qui a fait le puit. Elle est pourtant loin de reconnaître le Messie en son interlocuteur. Subtilement, Jésus la pousse encore plus loin.

Pour donner de l’eau vive, Il pose une condition : « Va, appelle ton mari, et reviens ». La réponse de la Samaritaine est simple : « Je n’ai pas de mari ». C’était sans savoir que Jésus connaissait tout de sa vie privée. Elle se découvre transparente devant cet homme et se dit qu’Il ne peut être qu’un prophète. Elle y est presque, mais pas encore. C’est alors que Jésus lui révèle que le Messie annoncé, c’était Lui. Mission accomplie. La femme, surprise, court alerter tout son village qui accourt. Elle croit. Grâce à elle, son village aussi. Jésus est donc le Messie dont les Ecritures avaient parlé.

On ne passerait pas sous silence le retour des disciples du marché.  Leur choc est entier lorsqu’ils trouvent leur Maître avec une femme inconnue. Et lorsqu’ils lui proposent à manger, Il leur révèle aussi une autre nourriture. « Ma nourriture, dit-il, est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre ». Cette révélation vaut une invitation à la rechercher et à la rechercher en priorité.

En ce troisième dimanche de Carême, Jésus nous invite à rechercher une eau vive et une nourriture qui procurent la vie éternelle. La rencontre avec Dieu, la fidélité à sa Parole et à l’accomplissement de sa volonté sont les voies d’y accéder. L’eau que Jésus donne est une source jaillissante de vie éternelle.  

A cette étape de notre marche vers Pâques, demandons la grâce d’avoir la soif et la faim des biens spirituels. Comme nous le dit Saint Paul dans la deuxième lecture (Romains 5, 1-8), c’est l’unique voie pour avoir part à la gloire de Dieu.

07 mars 2026