Méditation du 2e dimanche de Carême Année A
La transfiguration du Christ sur le mont Thabor, en présence de Pierre, Jacques et Jean, représente pour nous une étape bienheureuse sur notre chemin de Carême. Car la vie peut être éprouvante, spécialement la vie à la suite du Christ, lorsque nous décidons résolument de suivre ses chemins, de renoncer au mal, de quitter nos mauvaises habitudes pour finalement être heureux et bénis, comme Il nous l’a promis.
Le fait de quitter un lieu bien connu, comme sa patrie, pour une terre inconnue et en vue d’une promesse – « Je te bénirai » – est habituel dans la vie de foi. Notre père Abraham en est l’exemple par excellence, lui qui « partit, comme le Seigneur le lui avait dit », sans voir, pendant longtemps, se réaliser la Promesse. Car c’est dans le Christ qu’elle se réalisera. Et nous, ses disciples, nous observons qu’elle se réalise jour après jour, si nous avons vraiment des yeux pour voir. Car Dieu nous a donné une vocation sainte : être capable de contempler sa grâce de nos propres yeux, et pouvoir constater que son projet, c’est-à-dire sa promesse, a été accompli. Quelle est cette grâce ? Quelle est cette promesse réalisée ? « Notre Sauveur le Christ Jésus s’est manifesté en détruisant la mort et en faisant resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Evangile » (2e Lecture).
Cette halte sur cette haute montagne où le Christ fut transfiguré, où « son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements blancs comme la lumière », n’est pas isolée ni déconnectée de l’histoire du peuple des croyants qu’étaient les Juifs. Car avec Jésus, se manifestent, dans cette nuée mystérieuse, Moïse et Elie qui incarnent la Loi et la Prophétie, les deux piliers qui ont structuré la foi des fils d’Abraham pendant des siècles. C’est-à-dire que cette manifestation du Christ se rattache concrètement au passé des hommes de foi, pour faire éclater « au grand jour » la réalisation des promesses, en présence de ces deux témoins que sont Moïse et Elie, et en présence des disciples choisis, Pierre, Jacques et Jean son frère. On peut dire que la transfiguration assume et rassemble en elle-même tous les élans, les désirs du passé et les aspirations de tout un peuple, pour finalement les accomplir, les faire éclater en pleine lumière et les ouvrir sur le Jour qui ne finit pas.
Pierre, Jacques et Jean semblent d’abord heureux mais aussi paralysés devant une telle vision. Pierre balbutie : « Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes… » Mais lorsque la voix du Père se fait entendre dans la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! », ils tombent tous de frayeur, et il faudra le réconfort de Jésus pour qu’ils reprennent leurs esprits.
C’est pour nous que cet épisode de la vie du Christ nous est raconté : pour que nous n’ayons pas peur de la lumière, de la force de la victoire du Christ sur la mort et sur le péché ; pour que nous n’ayons pas peur de la vie nouvelle – certes en partie inconnue – qui s’ouvre devant nous. Car Il est avec nous, jusqu’à la fin des temps, Il nous accompagne, Il nous aime.
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