Méditation du 3e dimanche ordinaire A :«L’appel à devenir disciple est d’abord un appel à la conversion»
Le procrastinateur et le disciple. La procrastination est la maladie bien connue de ceux qui remettent toujours à demain ce qu’ils peuvent faire aujourd’hui. Le procrastinateur ne connait pas l’urgence, il pense avoir le temps. A tort. Le disciple, lui, se trouve à l’extrême opposé du procrastinateur. Mû par l’amour de son maître, le disciple refuse de le faire attendre plus longtemps. L’évangile d’aujourd’hui qui inaugure la vie publique de Jésus te demande de choisir entre la ferveur du disciple et la paresse du procrastinateur.
Dans ce récit, ceux que le Seigneur appelle se démarquent par leur diligence. Ce sont déjà des disciples. Aussitôt appelés, aussitôt, ils abandonnent ce qui avait toujours fait leur vie et se mettent à suivre celui qui sera désormais leur Maître. Cet empressement est admirable mais il peut aussi faire peur tant nos cœurs sont lents à croire et nos vies rétives au changement. Cet empressement est redoutable pour le procrastinateur.
Si l’on lit d’autres récit du même appel, comme dans l’évangile selon saint Luc (Lc 5, 1-11) ou dans le quatrième évangile (Jn 1, 35-39), on peut être tenté de restituer un rythme moins brusque, plus lent et plus raisonnable de la réponse que les premiers disciples ont donné à Jésus. Pourquoi donc, l’évangile d’aujourd’hui choisit-il des raccourcis en soulignant et en insistant sur l’immédiateté d’une réponse qui semble, en réalité, avoir pris son temps ? En scandant son message par des « aussitôt », l’évangéliste ne se trompe pas. Il s’adresse au cœur de celui qui écoute, afin qu’à l’exemple de ceux qui ont prononcé un « Oui » définitif, celui qui écoute fournisse à son tour, une réponse fervente et empressée, prompte et diligente, joyeuse et sans ambiguïté à l’appel de son Seigneur. Le prophète Amos demandait : « Quand le lion a rugi, qui peut échapper à la peur ? Quand le Seigneur Dieu a parlé, qui refuserait d’être prophète ? »
L’appel à devenir disciple, c’est d’abord un appel à la conversation et il retentit de façon éclatante ce dimanche : « Convertissez-vous, dit Jésus, car le Royaume des cieux est tout proche ». Cet appel a quelque chose d’urgent mais son urgence peut se dissoudre dans mon habitude à l’entendre. Cette invitation m’est devenue tellement familière, peut-être même aussi familière que ma propre misère morale que j’ai fini par développer comme une sorte de résistance passive. J’entends l’appel sans écouter Celui qui appelle. On dit avec raison que les habitants de la terre sont fatigués d’entendre l’appel à la conversion alors que ceux qui gémissent en enfer auraient voulu l’entendre encore une fois.
Comment répondras-tu à cet appel aujourd’hui ? Vas-tu te lever et essayer de faire quelque chose ou vas-tu simplement remettre l’ouvrage à plus tard ? Sur ce coup-ci, seras-tu procrastinateur ou disciple ?