Méditation du 2e dimanche ordinaire A :«Voici l’Agneau de Dieu»
(Is 49, 3.5-6) ; Ps 39 (40) ; (1 Co 1, 1-3) ; (Jn 1, 29-34)
Trois petits points peuvent guider notre méditation :
Le premier : l’identité révélée, de la rencontre au témoignage. Dans l’Évangile de Jean, nous assistons à un moment de bascule. Jean le Baptiste, celui qui attirait les foules, s’efface. Il ne dit pas «regardez-moi», mais plutôt «voici l’Agneau de Dieu». Ce titre est étrange et puissant. Il évoque l’agneau de la Pâque, celui dont le sang libère. Jean reconnaît en Jésus non pas un réformateur politique, mais celui qui «enlève le péché du monde». Il définit la stratégie parfaite du témoin, ne cherchant pas à retenir l’attention sur sa propre personne. Il utilise sa visibilité pour pointer vers quelqu’un de plus grand. Il ne fait pas de grandes théories abstraites. Son discours est basé sur l’expérience : «j'ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui». Pour nous, en ce début d’année 2026, cela pose une question : qui est Jésus pour moi ? Est-il une figure historique lointaine, ou est-il celui qui, aujourd’hui, vient porter et enlever ce qui pèse sur mon cœur ?
Le deuxième point : devenir une lumière des nations. Le livre d’Isaïe fait écho, comme Jean-Baptiste, à la reconnaissance de l’identité de Jésus. Le prophète nous parle du «Serviteur de Dieu». Le Seigneur lui dit : «c’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob… je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre». Dieu a toujours une ambition plus grande pour nous que celle que nous avons pour nous-mêmes. Le texte d’Isaïe nous rappelle que notre mission n’est pas locale, mais universelle. Tout comme Jésus ne vient pas sauver seulement Israël, mais l’humanité entière, notre foi ne doit pas rester un jardin secret.
Le troisième point : appelés à être saints dans le quotidien. Saint Paul, dans sa lettre aux Corinthiens, nous rappelle notre identité commune : nous sommes «appelés à être saints». La sainteté n’est pas réservée à une élite. Bien au contraire, chacun peut devenir saint dans ce qu’il fait. Être chrétien, c’est accepter d’être un canal pour les autres. Comme Jean-Baptiste, nous sommes des préparateurs de chemin. Que notre vie soit un «contenu» si inspirant et si vrai qu’elle pousse ceux et celles qui nous regardent à lever les yeux vers l’Agneau de Dieu.