Recherche

Photo d'illustration Photo d'illustration  

Méditation dimanche Epiphanie Enfant Jésus, "Prince-de-paix"

Le Père jésuite Antoine Kerhuel nous introduit à la méditation avec les textes du dimanche de l’Epiphanie.

Références: Is 60, 1-6 ; Ep 3, 2-3a et 5-6 ; Mt 2, 1-12   

En ce 4 janvier, dans de nombreuses églises les communautés chrétiennes célèbrent la fête de l’Epiphanie du Seigneur. Elles font mémoire de la manifestation de Dieu aux hommes, à tous les hommes.

L’évangile lu aujourd’hui nous présente des mages qui, venant d’Orient, se mettent en route après avoir observé une étrange étoile dans le ciel : une étoile qui annonce la naissance du roi des Juifs. Ils font halte à Jérusalem, car ils pensent trouver auprès du roi Hérode les indications leur permettant de terminer leur voyage.

Puis ils arrivent à Bethléem et se prosternent devant l’enfant Jésus avant de regagner leur pays sans repasser par Jérusalem. L’enfant auquel ils témoignent tant de respect, au point de lui faire des cadeaux d’or, d’encens et de myrrhe, est celui en qui nous reconnaissons le «Prince-de-la-Paix» annoncé par le prophète Isaïe.  

Et nous aujourd’hui, comment accueillons-nous ce Prince-de-la-Paix ?

Tant de peuples désirent la paix ! Et, en même temps, comment les artisans de paix, présents dans nos sociétés, ne seraient-ils pas découragés devant tant de conflits qui s’éternisent ! Jour après jour, nous recevons des nouvelles alarmantes sur les guerres qui déchirent notre monde, et parfois pas bien loin de chez nous.

Que notre monde désire la justice et la paix, cela semble clair. Mais que ce désir soit prisonnier d’une chape de ténèbres, voilà qui ne peut que nous interroger douloureusement. Et il en va ainsi, depuis tant de siècles ! Il semble que l’humanité soit incapable de construire la paix qu’elle prétend désirer. Peut-être est-ce parce que nous nous méprenons sur ce qu’est la paix.

La Paix apportée par cet enfant que nous appelons «Prince-de-la-Paix» n’est pas un objectif que nous pourrions atteindre avec nos propres forces. Le Prince-de-la-Paix vient à nous en un enfant. Cet enfant n’apportera pas la paix en gagnant de brillantes victoires par la puissance des armes. Cet enfant apportera la paix autrement. Il ne grandira pas en se laissant fasciner par les richesses ; il ne se laissera pas envahir par la vanité présente en tout homme soucieux de cultiver sa propre image ; il ne sera pas conduit par l’orgueil habitant l’homme qui estime se suffire à lui-même.

Au contraire, cet enfant empruntera la voie de la pauvreté (à travers la simplicité de la vie à Nazareth), la voie de la vulnérabilité (à travers le don qu’il fait de lui-même jusqu’à la mort en croix), et la voie de l’humilité (à travers la radicale confiance qu’il place en Celui qu’il appelle son Père et qui fera de lui le Premier-Né d’entre les morts). Ce Prince-de-la-Paix triomphe en empruntant jusqu’au bout, et de manière radicale, le chemin du don. La voie qu’il nous indique a tout pour bouleverser le monde !

Cet enfant n’apporte pas la paix à un monde qui attend d’être libéré de sa complicité avec la violence, sans que ce monde se convertisse. Le Prince-de-la-Paix que nous honorons en ce jour nous apporte la paix dans la mesure où nous nous convertissons à lui, où nous nous laissons travailler par lui jour après jour jusqu’à notre dernier souffle. Le Prince-de-la-Paix que nous accueillons avec les mages en un enfant est celui qui, peu après la Passion ira au-devant de disciples, encore sceptiques et bouleversés après qu’ils aient entendu parler de résurrection, pour leur lancer cette joyeuse salutation: «La paix soit avec vous !».

Oui ! L’enfant que vénèrent les mages est le Prince-de-la Paix qui nous apporte la Paix du Ressuscité, la Paix de celui qui a vaincu la mort. Dans toute célébration de l’eucharistie, nous recevons cette même Paix de la part de celui qui nous arrache à nos connivences avec le péché qui conduit à la mort.

Avec les mages, prosternons-nous devant l’enfant Jésus, «Prince-de-la-Paix» et demandons-lui d’être de véritables témoins de l’espérance qu’il offre à tout être humain. Bonne année 2026 !

03 janvier 2026