Recherche

Léon XIV à Saint-Marin Léon XIV à Saint-Marin

Léon XIV exhorte à Saint-Marin à prendre soin des plus faibles

Lors de sa rencontre ce samedi 22 août, avec des prêtres, des consacrés et des communautés ecclésiales dans la basilique de Saint-Marin, le Pape a préconisé le pardon, la communion et la solidarité comme antidotes à la violence, au repli sur soi et à la peur de l’autre. Il encourage les religieux à renforcer le «pacte éducatif» avec les familles et demande aux jeunes de «garder la fenêtre ouverte sur l’infini» et de ne pas avoir peur de faire des «choix exigeants».

Daniele Piccini – Cité du Vatican

Des expériences de proximité et de solidarité «apparemment modestes et marginales» peuvent revêtir une immense «valeur prophétique», «dans un monde meurtri par de nombreux conflits, où l’on constate avec inquiétude une recrudescence de la violence, du repli sur soi et de la peur de l’autre». Tel est l’encouragement que Léon XIV adresse, ce samedi 22 août, aux prêtres, aux consacrés, aux religieux et à toute la communauté ecclésiale de Saint-Marin-Montefeltro, qu’il a rencontrés dans la basilique diocésaine, lors de sa visite pastorale dans la plus ancienne république du monde, située dans le nord de l’Italie.

«Face à ces dérives inquiétantes, notre réponse ne peut être que de marcher avec encore plus de conviction sur la voie de l’Évangile (…) qui enseigne et commande l’attention aux plus faibles, le pardon, la communion, la solidarité.»

Les jeunes et la fenêtre sur l’infini

Arrivé à pied à l’entrée de la basilique vers 10 h 40 –après la visite du Palais public et la rencontre avec les Capitaines régents–, le Pape est accueilli par Mgr Domenico Beneventi, évêque de Saint-Marin-Montefeltro, et par le père Marco Mazzanti, recteur de cette même basilique. Les cloches sonnent à toute volée et les fidèles, massés aux abords, applaudissent en scandant le nom du Pape. Une fois entré dans l’église, élevée au rang de basilique mineure en 1926 par Pie XI, Léon XIV vénère les reliques de saint Marin par un bref moment de prière, en les encensant et en embrassant le reliquaire sacré: le buste reliquaire du saint patron de la République.

Dans son encyclique Magnifica humanitas –citant l’écrivain catholique John Ronald Reuel Tolkien, auteur du Seigneur des Anneaux–, le Souverain pontife mettait en garde contre le danger d’accepter la «tentation subtile» de penser que seuls ceux qui «gouvernent» ou «dirigent des institutions» ont des responsabilités envers le monde. En réalité, affirmait le Pape, «personne n’est sans responsabilité». Chacun doit choisir entre «alimenter la logique de la force ou préserver la logique de la paix».

Léon XIV et Mgr Beneventi, évêque de Saint-Marin Montefeltro
Léon XIV et Mgr Beneventi, évêque de Saint-Marin Montefeltro   (@VATICAN MEDIA)

Dans la basilique de style néoclassique construite entre 1826 et 1838, devant la communauté ecclésiale de Saint-Marin, Léon XIV demande cet engagement quotidien, fait, comme le réaffirme son encyclique, de «petites fidélités tenaces». Il s’adresse «avant tout» aux jeunes, en citant les paroles prophétiques et poétiques du Pape Benoît XVI, prononcées en 2011 précisément à Saint-Marin, qui les invitaient à «garder ouverte la fenêtre sur l’infini».

«Suivez du regard de l’âme les sentiers tracés en vous par les grands désirs de beauté, de bonté et de vie que vous portez dans votre cœur. Si vous en observez attentivement les chemins et si vous écoutez leur voix, ils vous mèneront vers les hauteurs, à la rencontre de Dieu, là où Il vous cherche et vous attend.»

Les jeunes doivent avant tout comprendre quelle est leur vocation, puis embrasser «avec enthousiasme» leur mission dans le monde, «en mettant sans réserve toute la richesse des dons que Dieu vous a accordés». Sans craindre de faire «des choix exigeants, tels que le mariage, la consécration, le ministère ordonné, la vie professionnelle, l’engagement social et politique». Le Pape les exhorte à «se laisser impliquer» dans des projets de charité et de justice, contribuant ainsi –comme le dit la devise choisie pour sa visite en République de Saint-Mari – à donner «un témoignage de paix qui parle au monde».

Léon XIV et la communauté ecclésiale de Saint-Marin
Léon XIV et la communauté ecclésiale de Saint-Marin   (@VATICAN MEDIA)

Renforcer le pacte entre les familles, les prêtres et les éducateurs

Puis, il a remercié les prêtres, les catéchistes et tous les éducateurs du diocèse, fondé il y a dix-huit siècles par les saints Marin et Léon sur les «principes chrétiens de liberté, de respect mutuel et de communion», des valeurs, constate le Souverain pontife, que la communauté ecclésiale et civile perpétue encore aujourd’hui «avec le même enthousiasme et la même fidélité». «C’est un travail discret mais très important» de ceux qui veillent à la «croissance humaine et chrétienne des jeunes». Ce service est «humble et précieux» car il soutient les parents dans leur mission d’éduquer leurs enfants à la foi: la famille, souligne l’évêque de Rome, est précisément le berceau naturel où «l’on apprend et où l’on respire quotidiennement l’Évangile».

C’est pourquoi une pastorale avisée veillera à entretenir une forte synergie éducative entre les familles et les communautés ecclésiales, un pacte éducatif, afin que les parents se sentent impliqués, redécouvrent eux-mêmes la foi d’une manière nouvelle et aient la joie de transmettre à leurs enfants les valeurs chrétiennes dont ils sont les dépositaires.

Le don de la rencontre avec le Christ

Du point de vue du contenu, les «parcours de croissance» promus par les prêtres et les catéchistes doivent se concentrer, souligne Léon XIV, avant tout sur «la beauté et la saveur de la vie baptismale», afin de renforcer «au sein des communautés, les chemins de sainteté» et de faire mûrir la conscience de «leur dignité prophétique, sacerdotale et royale». Annoncer l’Évangile –«chemin de liberté pour les hommes et les femmes de tous les temps»– et aider les personnes sur notre chemin à rencontrer le Dieu fait homme est le «plus grand don que nous puissions faire».

«Dans cette perspective, nous exerçons la charité sous toutes ses formes, sans compter, tout en gardant toujours à cœur et bien présent à l’esprit le bien ultime et intégral des personnes auxquelles nous offrons notre soutien.»

La «petite flamme» qui triomphe de l’individualisme

C’est précisément le «soutien mutuel» et la «proximité» dont bénéficient les «petites communautés» situées dans les «zones les plus reculées de ce territoire», confrontées au «dépeuplement» et au «manque de services», qui revêtent une grande importance, souligne encore le Pape. Ces témoignages de proximité sont comme des «petites flammes» auxquelles on peut sans cesse puiser pour raviver «le feu des valeurs solides», qui entretiennent la chaleur de cette magnifica humanitas vers laquelle il «faut tendre», afin de vaincre «l’individualisme», la «culture métropolitaine et consumériste» ainsi que le «chauvinisme méfiant et diviseur». Un engagement quotidien, ajoute le Souverain pontife, qui redonne de l’oxygène «à nos espoirs de fraternité et de paix».

Des principes et des attitudes qui font partie intégrante de la petite République, dont les fondateurs ont su «traduire le message de l’Évangile en un modèle communautaire et politique nouveau, fortement marqué par les principes chrétiens de liberté, de respect mutuel et de communion, un modèle qui perdure encore aujourd’hui».

Confiant la réalité ecclésiale de Saint-Marin à l’intercession des saints Marin et Léon et lui assurant une place dans ses prières personnelles, le Pape a enfin recommandé de prêter attention à la valeur de la «communion»: à cultiver entre les paroisses, entre les pasteurs et les fidèles, et entre «les différents charismes et ministères», afin de toujours rendre témoignage à l’unité.

Rencontre de Léon XIV avec la communauté ecclésiale de Saint-Marin

Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici.

22 août 2026, 11:31