Sur la tombe de saint Benoît, le Pape prie pour la paix
Antonella Palermo - Cité du Vatican
Le Pape a invoqué la paix dans le monde devant saint Benoît. C’est le geste de Léon XIV qui, ce lundi 20 juillet, s’est rendu en visite privée à la communauté monastique et à l’abbaye du Mont-Cassin, dans la province de Frosinone, dans le Latium. Là, contemplant la beauté d’une nature extraordinaire, à plus de cinq cents mètres d’altitude, il s’est arrêté en prière sur la tombe du co-patron de l’Europe. Au fondateur de l’Ordre des Bénédictins, dont la mémoire liturgique a été célébrée le 11 juillet, le Souverain pontife a confié, comme l’a annoncé la Salle de presse du Saint-Siège via sa chaîne Telegram, «la supplication pour la paix dans ces régions du monde marquées par le sang et les conflits».
Léon revient là où il s'était rendu lorsqu'il était étudiant
«Ce fut un cadeau tout à fait inattendu», commente à chaud l’abbé dom Luca Fallica aux médias du Vatican, «car la visite était strictement privée et on nous avait donc demandé la plus grande discrétion. En effet, elle ne nous a été confirmée qu’hier, ce qui m’a permis d’avertir la communauté seulement quelques heures avant l’arrivée du Saint-Père; tout s’est donc déroulé dans une grande simplicité et une ambiance familiale». Dans le plus grand monastère du monde en termes de superficie et le deuxième plus ancien d’Italie, après ceux de Sainte-Scolastique et de Subiaco, le Pape, rapporte le père abbé, a également eu l’occasion de saluer, en cette occasion spéciale, les hôtes et les touristes. Léon XIV a prié l’office de Sexte avec la communauté des moines, a visité les archives et la bibliothèque, puis a déjeuné avec la communauté avant de repartir pour Castel Gandolfo. «Je crois que le Pape était heureux de pouvoir visiter ce lieu où il n’était venu qu’il y a de nombreuses années, alors qu’il était encore étudiant à Rome», rapporte Dom Fallica.
À l’endroit où Paul VI a proclamé Benoît «Pacis Nuntius»
Aujourd’hui plus que jamais, ce verset du Psaume 33 (34) «Recherche la paix et poursuis-la», cité par saint Benoît dans le Prologue de sa Règle, trouve un écho particulier. La consécration du Pape à saint Benoît, précise l’abbé, s’est déroulée en ce même lieu où, en 1964, saint Paul VI avait prié lorsqu’il s’y était rendu pour reconsacrer la cathédrale après sa destruction pendant la guerre. C’est à cette occasion que Paul VI proclama saint Benoît patron principal de l’Europe, le définissant comme Pacis Nuntius, c’est-à-dire témoin et annonciateur de la paix. «Tout comme Paul VI à l’époque, et à l’instar des Papes qui lui ont succédé, tant Jean-Paul II que Benoît XVI, le Pape Léon s’est lui aussi rendu au Mont-Cassin en tant que pèlerin de la paix», explique l’abbé. Il a également pu allumer la lampe de la paix que Paul VI lui-même avait apportée en 1964.
Prier pour la paix et en devenir les témoins
L’engagement à prier pour la paix est quotidien pour ces moines, par l’intercession de leur fondateur. D’autant plus en cette période, au début des trois années de préparation de l’année jubilaire de 2029, qui marquera le 1500e anniversaire de la fondation, selon la tradition, de l’abbaye du Mont-Cassin. Comme le rappelle l’abbé Fallica, en effet, saint Benoît est arrivé ici depuis Subiaco en 529 et cet anniversaire est d’ores et déjà placé sous le signe de la réflexion sur le thème de la paix, qui sera suivi par ceux de la lumière et de l’espérance. «Sur le grand portail d’entrée de notre abbaye figure justement la grande inscription PAX et je dis toujours que cette inscription, d’une part, accueille la paix chez ceux qui montent au Mont Cassin, mais qu’elle devient aussi un message que nous transmettons à tous ceux qui viennent ici puis repartent. Il ne s’agit pas seulement de recevoir le message de paix, mais d’en devenir des témoins, des annonciateurs là où l’on vit». Et il y a tout juste dix jours, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a reçu ici le Prix Pacis Nuntius, inauguré en vue du jubilé.
Le souvenir des blessures de la Seconde Guerre mondiale
Prier pour la paix dans un lieu comme celui-ci, c’est faire mémoire des blessures causées par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. En somme, pour les bénédictins du Mont Cassin, c’est une vocation particulière, être un signe de paix précisément en raison de l’histoire que ce territoire a vécue: ce sont les hommes de paix qui ont reconstruit ces murs, avait déclaré ici le Pape Paul VI. «En connaissant les horreurs de la guerre, nous comprenons avec encore plus de compassion et de miséricorde –insiste encore le père abbé de la communauté– la souffrance de tous ceux qui vivent aujourd’hui sous la menace, dans l’étau de la guerre et des conflits. Et donc, à plus forte raison, il n’y a pas seulement notre prière, mais aussi l’engagement en faveur de la paix que nous essayons de vivre avant tout au sein de la communauté pour la diffuser à travers notre témoignage et notre prière».
La présence du Pape, un don et un engagement pour l’humanité
«Nous nous sommes sentis confortés et encouragés tant dans notre engagement monastique que dans notre engagement ecclésial plus large», conclut dom Fallica. Le don de ces quelques heures partagées avec le Successeur de Pierre se traduit désormais par une mission: «que l’on puisse porter ses fruits pour le bien de l’Église et pour le bien de l’humanité tout entière».
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