250 ans des États-Unis, le Pape Léon XIV reçoit la Médaille de la Liberté
Augustine Asta – Cité du Vatican
Le National Constitution Center a décerné, vendredi 3 juillet, sa 38e Médaille de la Liberté à Léon XIV. Cette distinction prestigieuse récompense chaque année des personnalités ou organisations ayant contribué à promouvoir les libertés fondamentales à travers le monde.
À la veille des célébrations du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis, l'institution américaine a souhaité honorer le Souverain pontife pour «son engagement de toute une vie en faveur de la liberté religieuse, de la liberté de conscience et de la liberté d'expression», des principes inscrits dans le Premier Amendement de la Constitution américaine. Initialement prévue en plein air sur l'Independence Mall, la cérémonie a finalement été organisée à l'intérieur du National Constitution Center en raison d'une alerte à la chaleur extrême émise par les autorités de Philadelphie. Le Pape est intervenu en direct vidéo depuis le Vatican, son discours étant retransmis aux participants réunis à Philadelphie ainsi qu'aux téléspectateurs du monde entier.
Un hommage aux idéaux de la Déclaration d'indépendance
Dans son discours d'acceptation, Léon XIV a qualifié de «grand honneur» cette distinction reçue en cette année qui marque les 250 ans de la signature de la Déclaration d'indépendance, le 4 juillet 1776.
Poursuivant son discours, le Saint-Père a rappelé que les droits proclamés dans ce texte fondateur -le droit à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur- trouvent, selon lui, leur fondement dans la dignité inhérente à toute personne humaine, créée à l'image de Dieu. «Une dignité, a-t-il ajouté, qui précède la création de tout État et dont la sauvegarde constitue sa raison d’être même.»
Défendre la vie et la liberté
Le Souverain pontife a ensuite consacré une partie de son allocution de remerciement, au respect de la vie humaine, qu'il a présenté comme le premier des droits fondamentaux. Il a appelé à protéger toute vie «de la conception jusqu'à la mort naturelle», estimant que «la grandeur morale d'une nation se manifeste avant tout par sa capacité à soutenir, protéger et chérir la vie de tous, en particulier celle des plus vulnérables».
Le Pape a en outre fait savoir que la «liberté authentique» repose sur la «capacité de la personne humaine à connaître la vérité et à adhérer au bien, même au prix de grands sacrifices». Soulignant le sacrifice de ceux qui ont œuvré pour façonner les Etats-Unis, Léon XIV a fait remarquer que le désir de «vérité et de liberté, ainsi que la quête même du bonheur, continuent d’inspirer les personnes de toutes les générations à se poser des questions fondamentales sur le sens de la vie, notre finalité ultime, et même sur Dieu.»
Évoquant toujours les fondateurs des États-Unis, il a rappelé que leur aspiration à la liberté avait permis à la nation de devenir, au fil des générations, un symbole d'espérance pour de nombreux peuples et une terre d'accueil pour des vagues successives d'immigrants. Il a également souligné le rôle joué par les États-Unis dans la défense de la liberté au cours des deux guerres mondiales. Léon XIV a également insisté sur la liberté religieuse, qu'il considère comme une condition essentielle de toute société démocratique. Au-delà de la liberté d'agir selon sa conscience, il a plaidé pour la possibilité, pour chacun, de pratiquer publiquement sa foi et de contribuer au débat civique dans le respect des convictions de tous.
«L’Amérique défend depuis longtemps la liberté religieuse»
Comme le consacre le premier amendement de la Constitution des États-Unis, «l’Amérique défend depuis longtemps la liberté religieuse», a-t-il déclaré. Ajoutant que cette tradition américaine de dialogue entre les religions demeure un modèle susceptible de favoriser «la paix et la réconciliation», tant à l'intérieur du pays que sur la scène internationale. La liberté religieuse, a-t-il continué est à «l’origine de la tradition américaine consistant à favoriser le dialogue interconfessionnel et la coopération interreligieuse afin de promouvoir le bien commun et d’enrichir les débats sur les grandes questions morales et éthiques auxquelles la nation a été confrontée et qui ont façonné le cours de son histoire.»
Un appel à l'unité
Évoquant la diversité des origines, des langues et des religions qui ont façonné les États-Unis, le Pape américain a repris la devise nationale «E pluribus unum» («De plusieurs, un seul»), soulignant que l'unité durable d'une nation repose sur des «idéaux qui ne s’estompent pas avec le temps.» À l'occasion de ce quart de millénaire de l'indépendance américaine, il a souhaité que les principes de dignité humaine, d'égalité et de liberté demeurent «un phare pour le présent et les jours à venir».
Concluant son intervention, Léon XIV a confié l'avenir de la République américaine à Dieu, «source de la véritable liberté et de la paix durable», avant de lancer: «Que Dieu bénisse l'Amérique!»
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