11 juin 2026 Voyage apostolique en Espagne - Rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux, les religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux dans la cathédrale Sainte-Anne 11 juin 2026 Voyage apostolique en Espagne - Rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux, les religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux dans la cathédrale Sainte-Anne  (@Vatican Media)

Léon XIV invite l'Église des Canaries à aider les frères et sœurs crucifiés par les tragédies de la vie

Au 5ème jour de son pèlerinage en Espagne, le Pape Léon XIV s’est rendu à la cathédrale Sainte-Anne de Las Palmas de la Grande Canarie où il a été chaleureusement accueilli. Après avoir écouté les témoignages qu’il a lui-même qualifiés de «reflet d’une Église vivante», il a réconforté l’Église qui chemine aux Canaries l’exhortant à vivre et agir pour l’édification du Corps du Christ et la construction de la civilisation de l’amour.

Janvier YAMEOGO – Cité du Vatican

Reprenant les mots de St Augustin qu’il prononça le jour de son élection, «avec vous, je suis chrétien et pour vous, évêque», le Pape Léon XIV s’est défini Père et frère dans la foi, durant son adresse aux évêques, prêtres, diacres, religieux, religieuses, séminaristes et agents pastoraux dans la cathédrale. «Chacun de nous a reçu divers dons et ministères pour l’édification du corps du Christ» et c’est la confirmation de «notre vocation et notre mission: construire ensemble l’Église en nous fondant sur le Christ, la “pierre angulaire” (cf. 1 P 2, 6-8), édifier dans le bien, harmoniser nos différences et travailler de concert pour le bien de tous (cf. Magnifica humanitas, nn. 11-14).» En vue de réussir cette mission, le Pape a ensuite partagé une réflexion sur deux attitudes à «garder à l’esprit pour être ces “architectes avisés” dans la construction de la civilisation de l’amour» (cf. ibid., n. 236): embrasser la croix du Christ accompagnant et aidant tant de frères et sœurs crucifiés par les drames de la vie à porter les fardeaux et cultiver une spiritualité eucharistique, une spiritualité de l’unité ecclésiale dans l’amour.

Embrasser la croix du Christ, c’est se laisser porter par elle.

En introduction à sa réflexion sur ces deux attitudes pour être des «architectes avisés», le Pape Léon, à partir d’un commentaire de St Augustin, invite à renverser la perspective dans la compréhension de comment embrasser la croix du Christ. Évoquant le privilège de jouir chaque jour de la présence majestueuse de la mer qui en fait une nostalgie commune à tous les insulaires, «une saine nostalgie de l’immensité, du ciel et de la mer ouverts qui s’étendent à l’horizon, sans limites ni frontières», le Pape Augustinien affirme que la mer peut être aussi parfois «synonyme de distance et de séparation, de défi et de chemin à parcourir». De la nostalgie terrestre, le Pape oriente vers celle de notre «patrie permanente […] Entre elle et nous s'étend la mer du siècle présent […] Personne, en effet, ne peut traverser la mer de ce siècle, à moins que la croix de Jésus-Christ ne le porte» (Commentaire sur l’Évangile de saint Jean, 2, 2).

Aider et accompagner les frères et sœurs crucifiés par les drames de la vie

À l’instar des saints qui ont éprouvé la nostalgie de Dieu et face aux tempêtes de l’existence, qui «ont su emmener Jésus dans leurs barques, mis leur confiance en Lui, embrassé la croix et ainsi apaisé les vagues de l’incertitude et de la peur (cf. Mt 8, 23-27)», Léon XIV cite en exemple à suivre le vénérable Antonio Vicente González, prêtre diocésain, également connu sous le nom de “bon pasteur des Canaries”.

Ce prêtre s’est en effet distingué par son amour pour les pauvres et les malades, se détachant du nécessaire pour servir son prochain. Durant la terrible famine et l’épidémie de choléra qui a suivi, il fut aux avant-postes pour secourir les pauvres et les malades, jusqu’à tomber malade lui-aussi, mourant à l’âge de 34 ans.

«Sa vie, transfigurée par la grâce divine, nous incite à porter la croix du Christ et à le suivre (cf. Mt 16, 24), insiste Leon XIV, en étant de fidèles témoins de l’Évangile en cette nouvelle ère de l’histoire, non exempte de turbulences et de contradictions, pour ainsi atteindre le but promis (cf. Jn 12, 32).»

«La première “ligne de conduite”, par conséquent, est d’embrasser la croix du Christ» et le successeur de Pierre remercie les canariens de souche ou d’adoption, Peuple de Dieu en pèlerinage sur des terres bordées par l’Atlantique pour leur généreuse œuvre de charité et de miséricorde qu’ils accomplissent quotidiennement, comme Simon le cyrénéen, en accompagnant et en aidant à porter «les fardeaux de tant de frères et sœurs crucifiés par les drames de la vie.»

Cultiver une spiritualité eucharistique

Abordant la seconde attitude, cultiver une spiritualité eucharistique, Léon XIV souligne une ancienne tradition, celle de la pluie de pétales de fleurs devant le Saint-Sacrement le jour de l’Ascension, en signe des biens spirituels et célestes que le Seigneur répand en montant au ciel et qui est perpétuée dans cette cathédrale. Une tradition, une dévotion qui revêt une signification profonde: «dans notre pèlerinage, le but est la rencontre avec le Christ; il est le centre de la vie chrétienne, vers qui nous nous inclinons en adoration»

Et le Pape cite le Concile: les fidèles, «en participant au sacrifice eucharistique, source et sommet de toute la vie chrétienne, offrent à Dieu la Victime divine et s’offrent eux-mêmes avec elle. Et ainsi, […] ils manifestent de manière concrète l’unité du Peuple de Dieu» (Lumen gentium, n. 11). Donc, «cultiver une spiritualité eucharistique, c’est approfondir une spiritualité de l’unité ecclésiale dans l’amour» (Magnifica humanitas, n. 234). L’injonction se fait insistante pour bâtir l’unité. «Faisons de notre vie une réponse au désir de Jésus: “Que tous soient un […] afin que le monde croie” (Jn 17, 21).»

 Le pape, lors de son entrée dans la cathédrale pour rencontrer les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux, les religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux  
Le pape, lors de son entrée dans la cathédrale pour rencontrer les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux, les religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux     (@Vatican Media)

Léon XIV cite son Prédécesseur Benoit XVI: «l’union avec le Christ est en même temps union avec tous ceux à qui il se donne» (Deus caritas est, n. 14). C’est pourquoi il encourage l’Église qui chemine aux Canaries, à continuer d’offrir à tous l’amour reçu du Seigneur (cf. 1 Jn 4, 19), «amour qui se fait nourriture dans l’accueil, l’écoute, la proximité et l'attention aux plus fragiles: “Car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli, j’étais nu et vous m’avez vêtu, j’étais malade et vous m’avez visité, j’étais en prison et vous êtes venus me voir” (Mt 25, 35-36).»

Sur les traces de la sainteté de tant d’hommes et de femmes qui ont offert leur vie en communion avec le sacrifice du Christ sur la Croix et sur l’Autel, le Pape encourage à aller de l’avant. «Lorsque vous rencontrerez des difficultés, levez les yeux et demandez à l’Esprit Saint la grâce de vivre unis dans la foi, l’espérance et la charité, vertus qui “sont comme trois étoiles qui brillent dans le ciel de notre vie spirituelle pour nous guider vers Dieu”» (saint Jean-Paul II, Catéchèse, 22 novembre 2000).

«Que la Bienheureuse Vierge Marie, Étoile de la mer, nous guide dans notre traversée, nous aide à “avancer en pleine mer” (cf. Lc 5, 1-11); qu’ainsi, nous arrivions au port sûr de la rencontre définitive avec Jésus-Christ, son Fils», a conclu le Pape.

Rencontre du Pape avec le clergé de Grande Canarie

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11 juin 2026, 15:21