Messe aux Îles Canaries: «Prions pour ceux qui ont perdu la vie en mer»
Myriam Sandouno – Cité du Vatican
Venus de tout l’archipel espagnol des Îles Canaries, ils étaient des milliers de fidèles rassemblés au stade de Grande Canarie inauguré le 8 mai 2003 et situé dans le quartier de Siete Palmas, heureux d’accueillir le Successeur de Pierre. Effectuant un tour en papamobile à son arrivée dans la plus grande enceinte sportive des îles Canaries, avant la messe, le Pape, d’une main levée, saluait et bénissait de près de petits enfants qu’on lui présentait, mais aussi la foule en liesse qui l’acclamait avec des cris de «Viva el Papa! Vive le Pape». Des moments intenses en émotion qui resteront à jamais gravés dans des cœurs qui ont soif d’espérance, en particulier cette célébration eucharistique présidée en la Solennité du Sacré-Cœur de Jésus. Sur l'autel décoré de fleurs resplendissantes offrant une variété de couleurs éclatantes était placée la statue de la Vierge du Pin, patronne de l’île.
Les victimes de la mer et les souffrances du peuple
Reconnaissant envers le Seigneur pour ces moments de grâces vécues sur cette terre d’Espagne, dès les premiers mots prononcés dans son homélie, le Saint-Père a tourné ses pensées vers les victimes de la mer. Le Souverain pontife qui, dans la matinée s’est rendu au port d’Arguineguín, pour une rencontre avec les structures d’accueil des migrants, a «invité à prier au cours de cette Sainte Messe, pour les frères et sœurs qui ont perdu la vie en mer», ainsi que pour toutes «les souffrances dont cette terre est témoin»: notamment des situations de précarité professionnelle de nombreuses familles, de difficultés d’accès au logement, de solitude des personnes âgées, et de blessures affectives de tant de familles.
Face aux embûches, l’Église s’efforce de rester proche, en offrant une écoute, un accompagnement et une aide concrète à ceux qui souffrent le plus. «Nous portons tout cela à l’Autel avec le pain et le vin... Demandons au Seigneur qu’en ce moment soient vivants en nous les mêmes sentiments d’humanité, de miséricorde et de compassion que ceux du Cœur du Sauveur», a déclaré le Pape.
Amour et charité
L’amour pour les autres, la gratuité et l’accueil, ont entre autres été au cœur de l’homélie de Léon XIV, qui a ensuite mis l’accent sur la charité. En effet, a-t-il soutenu, elle «ne doit pas se limiter à une simple assistance», mais «intégrer les personnes, pour leur pleine réalisation — spirituelle, intellectuelle et physique — et leur insertion digne et constructive dans la communauté». Ce n’est qu’ainsi que «les rencontres, même face à des événements difficiles et douloureux, deviendront l’occasion de semer des graines d’espérance sur le chemin de l’humanité vers un avenir meilleur», a souligné le Pape.
Saint Augustin disait: «Là où est la charité, là est la paix, et là où est l’humilité, là est la charité». Léon XIV exhorte ainsi à se souvenir que que «nous sommes la présence vivante du Seigneur dans le monde». C’est pourquoi, a enjoint le Pape augustin, «regardons-nous les uns les autres, non seulement en ce jour, mais toujours, avec respect et confiance, et renouvelons, dans cette conscience, l’engagement de réaliser en nous, dans la charité, ce qui manque aux souffrances du Christ pour le bien de l’Église».
Enflammés par la charité du Cœur de Jésus, le Successeur de Pierre a encouragé à être «porteurs de sa miséricorde et de sa paix», afin que «cessent les guerres dans le monde et qu’une nouvelle humanité, réconciliée dans l’amour, grandisse autour de nous».
La vertu de l'humilité
Pour goûter à la véritable joie de la vie qui réside dans l’amour, le Pape conseille de «descendre des piédestaux de l’arrogance qui divise, pour nous retrouver dans l’humilité qui nous rassemble». La vertu de l’humilité a ici été mis en laison avec l'authenticité de vie. «Là où il y a une authentique humilité, il y a l’amour, et là où il y a l’amour, il y a la paix, car ce n’est que dans l’humilité que nous savons vraiment qui nous sommes» et que, «par conséquent, nous pouvons nous aimer, nous rencontrer, nous donner et nous pardonner dans la vérité», a fait comprendre Léon XIV. Le Cœur de Jésus est humble, et c’est pourquoi, a-t-il poursuivi, «les “savants” et les “sages”, c’est-à-dire ceux qui ont la prétention de se suffire à eux-mêmes, de tout savoir, de n’avoir besoin ni de Dieu ni des autres, n’entendent pas ses battements».
L’Évangile, a encore insisté le Pape, «invite à nous laisser attirer, en traduisant la mesure infinie de l’amour de Dieu dans la générosité avec laquelle nous le servons chaque jour dans les frères et sœurs qu’Il met Lui-même sur notre chemin». En particulier ceux qui sont les plus démunis, les plus sans défense, incapables de rendre quoi que ce soit en échange. «C'est précisément le cas sur cette île, avec l'accueil, le partage, le don désintéressé».
Les remerciements de l'évêque Mazuelos Pérez
Au terme de cette célébration eucharistique, l’évêque des Îles Canaries, Mgr José Mazuelos Pérez, a adressé ses sincères remerciements au Pape, en espagnol et en italien: «La mémoire spirituelle de notre peuple, n’oubliera ni l’Eucharistie célébrée avec vous, ni le témoignage d’humilité et de proximité que vous nous avez laissé». Par votre visite, a confié l’évêque, «nous avons ressenti la proximité du Successeur de Pierre qui marche aux côtés de son peuple, nous confirmant dans la foi, nous encourageant dans l’espérance et nous rappelant que le Christ vit et demeure toujours au sein de son Église». Un calice a été offert par le Pape Léon XIV au diocèse des Îles Canaries.
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