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2026.06.26 Concistoro straordinario - Aula Paolo VI - Lavori di gruppo

Consistoire: 178 cardinaux participent aux travaux de la première session

Ce vendredi 26 juin 2026, à l’approche de la solennité des saints Pierre et Paul le 29 juin prochain, le consistoire extraordinaire convoqué par Léon XIV s’est ouvert dans la salle Paul VI du Vatican. Pour cette première journée, les thèmes abordés lors des discussions ont porté, entre autres, sur la transformation sociale, la polarisation, les tensions politiques et la violence, le manque de respect envers les minorités, l’hostilité envers l’Église et la montée de l’antisémitisme.

Vatican News

178 cardinaux étaient présents ce vendredi 26 juin, à la première session du consistoire extraordinaire convoqué par le Pape Léon XIV au Vatican. Après la célébration de la messe en la basilique Saint-Pierre, à 9 h 30, les cardinaux se sont rendus dans la salle Paul VI pour se réunir autour des tables correspondant à leurs groupes de travail respectifs: 8 groupes de cardinaux électeurs ordinaires (y compris les nonces et les cardinaux électeurs ayant terminé leur mandat d’ordinaire) et 10 groupes de cardinaux électeurs de la Curie romaine et de cardinaux non électeurs. Après le chant du «Veni Creator», le cardinal Rueda Aparicio, qui a présidé cette première session, a ouvert les travaux et donné la parole au cardinal Giovanni Battista Re, doyen du Collège cardinalice, pour son allocution de bienvenue. Le Pape Léon XIV a ensuite pris la parole pour prononcer un discours d’introduction.

La méditation biblique du cardinal Ryś

À l’issue de son intervention, le cardinal Rueda Aparicio a souligné l’appel à l’aide lancé par le Pape aux cardinaux, et leur a assuré son soutien, avec foi, joie et disponibilité. Le cardinal a ensuite brièvement présenté la session intitulée «Dans quel monde sommes-nous appelés à annoncer l’Évangile?». Enfin, il a donné la parole au cardinal Ryś, qui a proposé une méditation biblique pour introduire la réflexion au sein des groupes de travail sur «les souffrances, les tensions et les interrogations qui traversent aujourd’hui les peuples et les communautés ecclésiales» et sur «les signes d’espérance, de fidélité à l’Évangile et de réconciliation possible à porter à l’écoute commune».

Les travaux de groupe

Après un long moment de prière silencieuse, les cardinaux, répartis en différents groupes, ont pu partager leurs réflexions selon les modalités indiquées. Chaque groupe a décidé du moment où il ferait une brève pause dans ses travaux et, à 12 h 10, en séance plénière, les secrétaires de certains groupes – les huit du premier ensemble et les quatre du second– ont rendu compte de la réflexion partagée au sein de leur groupe. Tous les groupes ont souligné, en toute conscience, les souffrances vécues par les hommes et les femmes en cette période de profondes transformations sociales.

Parmi les thèmes qui sont ressortis en réponse à la première question, on trouve la polarisation croissante au sein des sociétés et des communautés, source de tensions politiques et de violence, et alimentée tant par les fractures sociales que par la diffusion de fausses informations et par une communication généralisée qui ne favorise pas le dialogue; il a été souligné que la polarisation rend difficile la gouvernance et la cohabitation, que la violence s’impose de plus en plus comme moyen de résolution des différends, débouchant sur des antagonismes personnels, de l’agressivité ou, au niveau international, sur des guerres et des conflits. Plusieurs groupes ont mis en évidence que de nombreuses régions de la planète souffrent du non-respect des minorités religieuses et ethniques, ce qui met en crise la liberté religieuse et débouche sur de l’hostilité, voire de la violence, en particulier à l’encontre de l’Église; à cet égard, certains groupes ont également évoqué la montée de l’antisémitisme. De nombreux groupes de travail ont évoqué l’individualisme exacerbé, la crise de la famille, et surtout la solitude, tant chez les personnes âgées que chez les jeunes, comme cause de maux encore plus graves, de l’augmentation des suicides et de la consommation de drogues. Dans cette perspective, la question des jeunes a été largement abordée, notamment dans le contexte des crises économiques, financières et du marché du travail.

Au cœur de bon nombre d’interventions se trouvait la prise de conscience d’un sentiment général de méfiance, de fatalisme et d’impuissance face aux institutions, à la démocratie et à l’avenir, lié notamment à la baisse de la natalité, à la montée en puissance des groupes criminels, à la délinquance juvénile et au trafic de drogue. À cet égard, plusieurs groupes ont souligné que le rôle de la laïcité, la perte des valeurs transcendantes et spirituelles, ainsi que celle du sens de la vie, tout comme la propagation d’un sentiment de lassitude et l’absence de perspective de vérité, marquent l’incapacité à reconnaître l’altérité et à construire des liens et des relations. Il a été question de la nécessité d’aborder de manière humaine et chrétienne le phénomène migratoire, qui change le visage des peuples, des sociétés et des communautés, rendant urgent le besoin de véritables politiques d’intégration, tandis que surgissent de nouvelles formes d’exclusion; la crise écologique a également été évoquée, tout comme la corruption et les difficultés de la vie dans les grandes villes.


L’Église, mère et lieu d’accueil

Face à ces réalités, à la souffrance décrite à tant de niveaux, tous les groupes ont souligné la nécessité pour l’Église de se montrer comme une mère, un lieu d’accueil – notamment en réorganisant les paroisses –, capable de reconnaître ses erreurs et de transformer la souffrance en un moment de croissance, de rappeler au monde que nous formons une famille humaine. Dans ce contexte, une forte prise de conscience de la responsabilité confiée à l’Église en cette période historique s’est également manifestée. De nombreux groupes ont fait remarquer que, alors que de nombreuses institutions traversent une crise de crédibilité, l’Église se sent appelée à s’exprimer avec autorité en faveur de la dignité de la personne, de la paix, de la réconciliation et du bien commun. Et c’est surtout dans les contextes où elle est proche de la souffrance des gens que grandit la prise de conscience de la manière dont on peut y trouver la crédibilité qui fait défaut dans d’autres institutions.

L’Église est experte en relations authentiques et regarde le monde avec compassion: elle voit des jeunes qui ont une soif croissante de l’Évangile, avec lesquels construire un monde meilleur par la proximité; elle voit comment la synodalité est un chemin providentiel pour l’Église et l’humanité afin de trouver les réponses que le monde cherche; comment la charité et la promotion de la solidarité constituent un témoignage authentique d’hommes et de femmes, laïcs et laïques généreux; comment les migrants peuvent être une bénédiction pour les communautés qui les accueillent; elle œuvre pour la paix et l’implication de tous au sein des communautés de foi. À cet égard, il a également été évoqué la valeur du témoignage de l’Église lorsqu’elle est minoritaire, un petit troupeau au sein de nombreux peuples du monde.

Plusieurs groupes ont souligné l’importance de l’éducation, en tant que lieu où reconstruire le bien commun et favoriser l’épanouissement des vocations, et ont décrit la dévotion populaire et la fête de la foi du peuple de Dieu comme des signes d’espérance. Il a été question de la manière dont tous les efforts visant à rejeter la violence et à favoriser le dialogue, notamment œcuménique et interreligieux, constituent des signes dans ce sens, ainsi que du rôle fondamental de la prière pour soutenir la paix. Dans la même perspective, certains groupes ont évoqué le récent voyage du Saint-Père en Espagne, ainsi que les paroles du Pape Léon XIV, voix loyale et libre en cette époque.

Les mots de conclusion du Pape

Le Pape Léon XIV est resté jusqu’au début des travaux en groupes, puis est reparti avant la reprise de la séance plénière. À l’issue des exposés des groupes, il est brièvement intervenu pour remercier les personnes présentes et souligner à nouveau l’importance de la participation et du dialogue. Il a cité la méditation du cardinal Ryś, l’image de l’homme victime, presque mort: «Si nous ne sommes pas aveugles, il est vrai qu’il y a beaucoup de souffrance.» La solitude, la souffrance, disait le Pape, sont en quelque sorte le résultat de cette société, un défi auquel l’Église répond en invitant tout le monde à la communion, non seulement en ouvrant les églises et en célébrant les sacrements, mais aussi en créant des occasions et des expériences de rencontre. La session s’est terminée par la prière de l’Angélus et le rendez-vous de l’après-midi a été fixé à 16 heures.

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26 juin 2026, 16:21