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Audience générale: Léon XIV invite à redécouvrir la force spirituelle des rites liturgiques

Lors de l’audience générale de ce mercredi 3 juin, le Pape a poursuivi sa série de catéchèse sur la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium. Léon XIV a consacré sa réflexion à certains éléments de la liturgie sacrée: «le rite, le signe et le symbole», rappelant que les rites sacrés ne sont pas de simples cérémonies extérieures, mais une véritable médiation intérieure du mystère de l’expérience de Dieu dans la vie des croyants.

Moriba Camara, S.J. - Cité du Vatican

Poursuivant sa série de catéchèse sur les textes importants de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium, le Pape a médité sur le récit des disciples d’Emmaüs dans l’Évangile de saint Luc. Il a expliqué que la liturgie permet aux croyants de reconnaître la présence du Christ à travers des gestes concrets et sacrés à l’instar des disciples d’Emmaüs qui le reconnurent à la fraction du pain. Léon XIV a rappelé que le Concile Vatican II, en s’inspirant du travail du Mouvement liturgique, è aider «à redécouvrir une vérité très vive dans la conscience de l’Église primitive et dans l’enseignement des Pères.».

Ainsi, «les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un revêtement extérieur du mystère sacramentel, un ensemble de cérémonies arbitraires, mais ils sont la médiation ecclésiale par laquelle nous parvient le don divin.». C’est dans ce sens et pour cette raison que le Concile invite les fidèles «à comprendre le Mysterium fidei qui se réalise dans la liturgie à travers les rites et les prières» (cf. SC, 48)[1], a poursuivi le Successeur de Pierre.

«Goûter la présence de Dieu par Jésus-Christ»

Le Souverain pontif a ensuite insisté sur la participation vraie, intérieure et extérieure, des fidèles à la célébration liturgique. Ce qui rend capable de faire l’expérience de Dieu.

“Le rite donne forme à l’action liturgique et, à travers elle, à notre vie, suscitant en nous une sensibilité spirituelle qui nous rend capables de goûter la présence de Dieu par Jésus-Christ.”

Cependant, cette transformation spirituelle ne peut se produire si les croyants restent «des spectateurs étrangers ou muets». Au contraire, nous sommes appelés à participer à la liturgie de «tout notre être – corps, esprit et cœur –, en obéissance au commandement du Seigneur». À travers le rite sacré, «nous sommes ainsi formés à l’écoute de la Parole de Dieu, à l’action de grâce et à l’adoration, au partage fraternel et à la communion ecclésiale, a expliqué le Pape. Nous découvrons que nous sommes une assemblée aux multiples visages, réunie par la même foi».

Dans la liturgie, nous trouvons une pause qui régénère

Léon XIV a également souligné la valeur spirituelle du rite et des gestes de prières dans une société marquée par l’agitation et la recherche de performance. Le rite «nous plonge dans une séquence bien définie de gestes et de prières, qui peut parfois contrarier notre tendance individuelle à la spontanéité», a-t-il observé. Pourtant, sa logique «n’est pas d’enfermer la liberté dans des schémas». Au contraire, «par la sobriété solennelle de ses rythmes, le rite interrompt les activités frénétiques nous ramenant à l’essentiel». Dans la liturgie, les croyants découvrent «une autre dimension de l’agir, qui n’est pas guidée par des calculs de rendement, a poursuivi l’Évêque de Rome, (….) une logique de gratuité, (…) une pause qui régénère le cœur». C’est ainsi, selon le Pape, que «nous apprenons à vivre dans un rythme habité par l’Esprit Saint».

Les signes et symboles «touchent le cœur et l’esprit»

Le Pape a ensuite développé la signification des signes et symboles liturgiques qui tissent la grammaire du rite. La liturgie, a-t-il rappelé en citant Sacrosanctum Concilium, est le lieu où «la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et réalisée d’une manière propre à chacun d’eux». Les signes liturgiques, selon le Catéchisme de l’Église Catholique, «se précisent dans les événements de l’Ancienne Alliance et se révèlent pleinement dans la personne et l’œuvre du Christ»

Évoquant le symbole de l’eau, Léon XIV a montré comment celui-ci traverse toute l’histoire du salut:

“Depuis les origines de la création jusqu’au déluge, depuis la traversée de la mer Rouge jusqu’au Jourdain, jusqu’à l’eau qui jaillit du côté du Christ et devient signe sacramentel de l’immersion dans sa mort et résurrection.”

Le Saint-Père a précisé que le signe ne renvoie pas seulement à une idée abstraite, mais «à tout un système de significations et de valeurs». Les symboles liturgiques possèdent ainsi «une dimension singulière, performative et transformatrice, (…) touchant le cœur et l’esprit, suscitant d’authentiques relations ecclésiales».

L’homme doit retrouver sa capacité symbolique

Dans la dernière partie de sa catéchèse, Léon XIV a repris une réflexion du Pape François dans sa lettre apostolique Desiderio desideravi, inspirée du théologien Romano Guardini: «la première tâche du travail de formation liturgique oblige l’homme à retrouver sa capacité symbolique». Pour cela, il a invité l’Église à se laisser «éduquer par les rites de la liturgie, en soignant avec délicatesse et sans arbitraire la beauté des célébrations et en s’engageant dans une authentique mystagogie». Une «liturgie vivante et pieuse, accompagnée d’une catéchèse mystagogique appropriée, est la meilleure ressource pour réveiller en chacun cette ouverture à la rencontre avec Dieu». Car, a conclu le Pape, dans la logique de l’Incarnation, cette rencontre implique «tout l’homme: esprit, âme et corps» citant la première lettre aux Thessaloniciens.

 

[1] Constitution sur la sainte liturgie, Sacrosanctum Concilium.

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03 juin 2026, 09:47