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Des jeunes devant la Sagrada Família à Barcelone en Espagne. Des jeunes devant la Sagrada Família à Barcelone en Espagne.  (AFP or licensors)

À Barcelone, les jeunes attendent Léon XIV avec foi et ferveur

L’arrivée de Léon XIV dans la capitale catalane du 09 au 10 juin suscite une forte attente, notamment parmi les jeunes catholiques. Dans un entretien accordé aux médias du Vatican, le père camerounais Paulin Neme, en mission pastorale en Catalogne livre son regard sur la jeunesse espagnole. Dans un pays plus sécularisé qu’autrefois, «beaucoup de jeunes vivent leur foi dans le silence». «Certains s’éloignent de l’Église, mais pas de Dieu», affirme-t-il.

Augustine Asta - Envoyée spéciale à Barcelone (Espagne)

Alors que le Pape Léon XIV effectue son quatrième voyage apostolique en Espagne, une première pour un Souverain pontife depuis quinze ans, le paysage religieux espagnol a radicalement changé. Longtemps considéré comme l’un des bastions du catholicisme en Europe, l’Espagne connaît aujourd’hui une sécularisation marquée, tout en observant un regain d’intérêt pour la foi chez une partie de sa jeunesse.

Selon une récente étude sur la jeunesse espagnole, publiée par la Fondation SM, une fondation éducative espagnole créée il y a près de cinquante ans par les marianistes, 45% de jeunes se déclarent catholiques, contre 31,6% en 2020. Au premier jour de la visite papale à Madrid, samedi 6 juin, une grande veillée de prière avec les jeunes sur la Plaza de Lima a eu lieu. Point d’orgue de ce déplacement apostolique à Barcelone, une autre grande veillée de prière doit aussi se tenir mardi 9 juin à 20h au stade olympique Lluís Companys, rassemblant des milliers de fidèles venus de tout le pays.

L’attente des jeunes à Barcelone

La visite du Pape Léon XIV à Barcelone suscite un enthousiasme important au sein des communautés catholiques locales. Les jeunes se montrent particulièrement mobilisés pour participer aux célébrations et aux temps de prière. «On sent que les jeunes ont envie de rencontrer le Pape. Beaucoup veulent participer à la veillée de prière et aux grands rassemblements. Il y a un véritable engouement», note le père Paulin Neme Ebanda, prêtre de la Congrégation des Missionnaires des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, supérieur de la communauté et vicaire de la paroisse Mare de Déu del Coll, dans le quartier Gràcia, au centre de Barcelone.

 «Une foi silencieuse, mais profondément vivante»

Le religieux originaire du Cameroun, côtoie quotidiennement des jeunes de différentes cultures et réalités: catalans, étudiants internationaux, migrants venus d’Afrique et d’Amérique latine. Pour le père Paulin, incardiné actuellement à Barcelone, malgré les discours alarmistes sur le recul de la religion, la foi demeure une réalité vivante en Espagne. «On ne peut pas dire qu’il n’y a plus de foi. La foi existe toujours chez les jeunes. Peut-être n’est-elle plus visible dans les médias ou les grands débats publics, mais elle demeure réelle, tranquille et silencieuse», confie-t-il.

Dans les paroisses, de nombreux jeunes continuent de chercher Dieu à travers les groupes de prière, les adorations nocturnes ou encore les pèlerinages mariaux. Certains se rendent régulièrement à Montserrat, haut lieu spirituel catalan, où ils viennent prier, allumer des cierges et confier leurs intentions. Selon lui, beaucoup de jeunes conservent une relation profonde avec Dieu. «Certains ont perdu confiance dans l’Église à suite à des questionnements ou des déceptions, mais ils n’ont pas perdu la foi en Dieu», affirme le prêtre camerounais.

Le père Paulin Neme, et les jeunes de la paroisse Mare de Déu del Coll, à Barcelone.
Le père Paulin Neme, et les jeunes de la paroisse Mare de Déu del Coll, à Barcelone.

Les défis d’une génération en quête de repères

Parmi les principales difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes Espagnols aujourd’hui, le religieux cite d’abord la sécularisation croissante de la société. Mais d’autres réalités préoccupantes apparaissent également: la solitude, malgré un monde hyperconnecté, la crise identitaire, la précarité économique et les difficultés d’insertion professionnelle, notamment pour les jeunes migrants. «Beaucoup de jeunes ne savent plus réellement qui ils sont, ni quelle direction donner à leur vie. Ils sont souvent obligés de gérer seuls leurs interrogations et leurs souffrances», regrette-t-il.

Le vicaire de la paroisse Mare de Déu del Coll évoque également la fragilisation des structures familiales, qui complique, dit-il, la transmission des valeurs et de la foi entre les générations. Autrefois, explique-t-il, la foi se transmettait naturellement de parents à enfants. Aujourd’hui, ce modèle s’est affaibli. «Les jeunes découvrent désormais Dieu par eux-mêmes. C’est une réalité nouvelle qui oblige l’Église à renforcer sa pastorale pour les accompagner sur ce chemin», observe le père Paulin.

Un voyage perçu comme une «catéchèse en acte»

Léon XIV incarne une voix capable d’apporter des réponses aux préoccupations actuelles, explique le prêtre, grâce à un discours centré sur la paix, la fraternité, l’écologie intégrale et l’accueil des migrants. «Le Pape ne vient pas seulement dans un lieu. Il rencontre les jeunes, les migrants, les autorités, les communautés chrétiennes et les acteurs de la solidarité. Ce voyage est déjà, en lui-même, une catéchèse en acte», précise-t-il.

Pour les fidèles catalans, détaille encore le religieux camerounais, cette visite représente une occasion privilégiée de prier avec le Souverain pontife et de raviver l’espérance dans une société en pleine mutation. «Nous attendons sa venue avec impatience. Nous espérons que le message du Christ résonnera à nouveau avec force et que nous pourrons nous retrouver autour d’un même Père dans la fraternité et la prière», conclut-il.

Entretien avec le père camerounais Paulin Neme, en mission pastorale en Catalogne

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À Barcelone, les jeunes attendent Léon XIV.
08 juin 2026, 15:00