Léon XIV: face aux fractures du monde, promouvoir une «diplomatie du dialogue»
Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican
Les nouveaux ambassadeurs près le Saint-Siège de la Sierra Leone, du Bangladesh, du Yémen, du Rwanda, de la Namibie, de Maurice, du Tchad et du Sri Lanka étaient reçus dans la salle Clementine au Vatican, à l’occasion de la présentation des lettres de créance au Souverain pontife.
À quelques jours de la Pentecôte, le Pape a d’abord établi dans son discours un parallèle entre l’événement biblique et les défis diplomatiques actuels. Rappelant que l’Esprit Saint avait transformé la «peur en courage et la division en unité», il souhaité que «cette même vision de l’unité «puisse inspirer le monde de la diplomatie, où des relations constructives entre les nations s’épanouissent grâce à une ouverture authentique, à la promotion du respect mutuel et à un sens partagé des responsabilités».
Une diplomatie qui favorise le dialogue et recherche le consensus
Nous vivons une époque où la paix est recherchée par les armes comme condition pour affirmer sa propre domination, expliquait le Saint-Père aux membres du corps diplomatique en janvier dernier. Ces logiques de domination fragilisent la paix mondiale, a-t-il dénoncé, soulignant l’urgence de revenir à «une diplomatie qui favorise le dialogue et recherche le consensus».
Pour Léon XIV, un tel dialogue, «motivé par une recherche sincère des voies menant à la paix», exige que les mots expriment à nouveau des réalités claires, sans déformation ni hostilité. Ce n’est qu’alors, a-t-il dit, que «les malentendus pourront être surmontés et que la confiance pourra être rétablie dans le contexte des relations internationales».
Aucun ordre international ne peut être juste s’il oublie les plus vulnérables
Au-delà des relations entre États, l’Évêque de Rome a invité à se pencher sur la question sociale.
Citant son exhortation apostolique Dilexi Te, publiée en octobre 2025, il a rappelé que «l’amour du Christ pour les plus petits et les oubliés nous oblige à rejeter toute forme d’égoïsme qui rend invisibles les pauvres et les personnes vulnérables».
Le Souverain pontife a par ailleurs appelé les diplomates et les organisations internationales à promouvoir une «solidarité désintéressée» à même de créer des espaces de médiation et de coopération.
Renforcer les institutions internationales
Dans un contexte marqué par «des tensions géopolitiques continuent de fragmenter davantage notre monde», le Pape a estimé indispensable de renforcer les institutions multilatérales afin qu’elles «deviennent plus représentatives, plus efficaces et davantage tournées vers l’unité de la famille humaine».
Le Pape a ainsi salué les ambassadeurs qui sont «ponts de confiance et de coopération» entre leurs pays et le Saint-Siège. Tout en les assurant du soutien de la Secrétairerie d’État et des dicastères de la Curie romaine, il a souhaité que leur mission «renforce le dialogue, approfondisse la compréhension mutuelle et contribue à la paix dont notre monde a tant besoin».
Le Saint-Père a, en définitive, invité ses hôtes à œuvrer pour «jeter des fondations plus solides en vue d’un monde plus juste, plus fraternel et plus pacifique».
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