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Regina Caeli: la Pâque du Christ redonne une voix à l'espérance

«La Pâque du Seigneur est notre Pâque», le Pape Léon XIV a partagé cette conviction lors de sa méditation avant la prière du Regina Caeli ce lundi de Pâques devant des milliers de pèlerins réunis place Saint Pierre. La résurrection du Christ, a-t-il dit, introduit toute la création dans le temps du salut où, «le désespoir de la mort est supprimé pour toujours».

Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican

D’un même événement: le tombeau vide relaté dans l’évangile de ce lundi de Pâques, l’évêque de Rome note deux interprétations radicalement opposées. D'un côté, les femmes, premières messagères de la joie, qui rencontrent le Ressuscité. De l'autre, les gardes, corrompus par le Sanhédrin, pour propager la thèse du vol du cadavre. «L’une est source de vie nouvelle et éternelle, l’autre de mort certaine et définitive». Ce contraste, souligne-t-il, n'est pas seulement historique; il nous caractérise encore aujourd’hui et questionne notre propre honnêteté et la valeur de notre témoignage dans un monde où la vérité est «occulté par les fake news, … c’est-à-dire par des mensonges, des insinuations et des accusations sans fondement». Face aux obstacles de la désinformation qui brouillent les consciences, le Souverain pontife rappelle que la vérité chrétienne «ne reste pas cachée», mais se manifeste comme une force vivante qui vient illuminer les ténèbres.

«N'ayez pas peur ! Allez annoncer»

Aussi, poursuit-il, l'appel du Christ exhorte au courage de l’annonce de la bonne nouvelle: «N'ayez pas peur ! Allez annoncer». Annoncer la Pâque, dit Léon XIV, c’est affirmer que le Christ est lui-même la Bonne Nouvelle à témoigner au monde: la Pâque du Seigneur est notre Pâque, la Pâque de l’humanité, car cet homme, qui est mort pour nous, est le Fils de Dieu, qui a donné sa vie pour nous. Tout comme le Ressuscité, toujours vivant et présent, libère le passé d’une fin destructrice, de même l’annonce pascale rachète notre avenir du tombeau».

Une Espérance pour les Opprimés

En fêtant le jour nouveau que le Seigneur a fait pour nous,  indique le Saint Père, la liturgie célèbre l’entrée de toute la création dans le temps du salut où «le désespoir de la mort est supprimé pour toujours, au nom de Jésus». Le message pascal, explique-t-il , possède une dimension profondément sociale et humaine. Il doit rejoindre en priorité ceux que la méchanceté et la violence cherchent à faire taire: «Je pense aux peuples tourmentés par la guerre, aux chrétiens persécutés à cause de leur foi, aux enfants privés d'éducation».

Dans ces conditions, souligne le Pape, annoncer, en paroles et en actes, la Pâque du Christ, «c'est redonner une voix à l'espérance, qui serait autrement étouffée entre les mains des violents». La Bonne Nouvelle proclamée dans le monde agit, dès lors, comme un phare dans les zones de conflit et d'injustice.

Le Souverain pontife conclu sa méditation en faisant mémoire du Pape François «qui a rendu sa vie au Seigneur» le lundi de Pâques de l’année dernière. «Alors que nous faisons mémoire de son grand témoignage de foi et d’amour, prions ensemble la Vierge Marie, Siège de la sagesse, afin que nous puissions devenir des annonciateurs toujours plus lumineux de la vérité», a déclaré Léon XIV.

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05 avril 2026, 17:16

Qu’est-ce que le Regina Caeli?

L’antienne Regina Caeli (ou Regina Coeli) est l’une des quatre antiennes mariales (les autres étant l’Alma Redemptoris mater, l’Ave Regina et le Salve Regina).

C’est le pape Benoît XIV en 1742 qui demanda à cette prière que soit récitée, en remplacement de l’Angélus et debout en signe de victoire sur la mort, pendant le Temps Pascal, c’est-à-dire entre le dimanche de Pâques et la Pentecôte.

Le Regina Caeli, comme l’Angélus, est récité trois fois par jour : à l’aube, à midi, et au coucher du soleil, en signe de consécration de la journée à Dieu et à Marie.

Cette antique antienne remonterait, selon une pieuse tradition, au VIème  ou au Xème siècle, tandis que sa diffusion est documentée depuis la première moitié du XIIIème siècle, lorsqu’elle est introduite dans le Bréviaire franciscain. Elle se compose de quatre courts versets, chacun desquels se termine par un Alléluia, et c’est la prière que les fidèles adressent à marie, Reine du Ciel, pour se réjouir avec elle de la résurrection du Christ.

Le pape François, le 6 avril 2015, précisément au cours de la récitation du Regina Caeli au lendemain de Pâques, a conseillé quelle devait être la prédisposition de notre cœur lorsque cette prière est récitée :

« Nous nous adressons à Marie en l’invitant à se réjouir, car Celui qu’elle a porté en elle est ressuscité comme il l’avait promis, et nous nous confions à son intercession. En réalité, notre joie est le reflet de la joie de Marie, car c’est elle qui a gardé et qui garde avec foi les événements de Jésus. Récitons dont cette prière avec l’émotion des enfants qui sont heureux parce que leur Mère est heureuse ».