L’Hôpital Jean-Pierre Olié de Malabo, un sanctuaire pour la santé mentale
Jean-Paul Kamba, SJ – envoyé spécial à Malabo
À Malabo, l'hôpital psychiatrique Jean-Pierre Olié a vécu ce mardi une soirée historique. Pour sa première journée en Guinée équatoriale, le Pape s’est rendu au chevet des patients, une visite cruciale pour la valorisation des soins psychiatriques, souvent négligés. Le directeur de l’établissement Bechir Ben Hadj Ali et son adjointe Engracia Asangono Nchuchuma voient en cet événement un honneur immense.
Doté de 146 lits d’hospitalisation et d’un service de consultations ambulatoires, l’établissement fondé en 2014, sous l’impulsion de la Première Dame, Constancia Mangue de Obiang, s’occupe de la prise en charge psychiatrique dans le pays. Ne se contentant pas de soigner, il forme. Grâce à ses comités de recherche et de qualité, il a permis de faire grimper le nombre de spécialistes nationaux, assurant ainsi une relève locale compétente. Aujourd'hui, 125 patients y sont hospitalisés, bénéficiant d'une expertise couvrant la psychiatrie générale, la psychologie et la psychiatrie infantile.
Des pathologies universelles, un défi local
Pour le professeur Bechir la maladie mentale ne connaît pas de frontières: «Il y a de tout, comme partout dans le monde». Si les troubles psychotiques comme la schizophrénie sont les plus fréquents, l’hôpital enregistre une montée préoccupante des cas liés à des addictions. L’alcoolisme et la consommation de drogues représentent aujourd'hui des motifs de consultation fréquents, s'ajoutant aux troubles bipolaires, à l'anxiété et aux dépressions sévères.
La visite du Pape : un signal fort pour l'attention aux vulnérables
La visite du Pape est un signal très fort envoyé au pays et au monde entier, estime le directeur de l’hôpital, afin d’attirer une attention particulière sur les personnes souffrant de troubles mentaux. L’annonce de la venue du Souverain pontife a ainsi suscité une immense ferveur parmi les 200 membres du personnel et les patients. Pour ces travailleurs de l'ombre, ce choix n'est pas anodin: il s'agit d'un geste symbolique qui permettra, désormais, de cultiver la sensibilité à l’égard des plus fragiles.
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