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Le Pape a reçu ce lundi 16 mars au Vatican les membres de la Commission pontificale pour la protection des mineurs. Le Pape a reçu ce lundi 16 mars au Vatican les membres de la Commission pontificale pour la protection des mineurs.   (@Vatican Media)

Le Pape rappelle que la prévention des abus est une mission constitutive de l’Église

Léon XIV a reçu en audience lundi matin dans la salle du consistoire du Palais apostolique les membres de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, instituée douze ans plus tôt par le Pape François. Le Saint-Père a remercié la Tutela Minorum pour son travail, et appelé l’ensemble de l’Église à «un processus de conversion» vers «une culture de l’attention», et une écoute accrue des victimes.

Alexandra Sirgant – Cité du Vatican

À l’occasion de la tenue à Rome de l’assemblée plénière de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, présidée par l’archevêque français Thibault Verny, le Pape Léon XIV a reçu l’ensemble de ses membres ce lundi 16 mars. Dans un discours prononcé en anglais, le Saint-Père a en premier lieu remercié l’archevêque de Chambéry, nommé le 5 juillet 2025, pour son «leadership et son dévouement», ainsi que la vingtaine de membres que constituent la Commission pour leur service à l’Église en matière de protection des enfants, des adolescents et des personnes en situation de vulnérabilité.

Instituée le 22 mars 2014 par le Pape François, la Commission fait depuis douze ans partie intégrante de la Curie romaine afin de rappeler à toute l'Église, a souligné Léon XIV, « que la prévention des abus n’est pas une tâche facultative, mais une dimension constitutive de la mission de l’Église».

Instaurer une culture de l’attention

Si la mission de la Commission consiste à contribuer à la prévention des abus, elle ne se «résume jamais à un ensemble de protocoles ou de procédures» a mis en garde le Pape. «Il s’agit de contribuer à instaurer, dans toute l’Église, une culture de l’attention, dans laquelle la protection des mineurs et des personnes en situation de vulnérabilité n’est pas considérée comme une obligation imposée de l’extérieur, mais comme une expression naturelle de la foi» a-t-il précisé.

Pour diffuser cette attention à l’ensemble de l’Église universelle, le Souverain pontife appelle à «un processus de conversion où les souffrances des autres sont entendues», où «les expériences des victimes et des survivants sont des points de référence essentiels». Douloureuses et difficiles à entendre, admet Léon XIV aux membres de la commission, «ces expériences mettent puissamment en lumière la vérité et nous enseignent l’humilité dans nos efforts pour aider les victimes et les survivants». Car seule la reconnaissance de la douleur causée ouvre une «voie crédible vers l’espérance et le renouveau».

Renforcer la coopération au sein de la Curie

Un autre élément mis en lumière par Léon XIV est l’importance d’une approche «multidisciplinaire et systématique». Partie intégrante du dicastère pour la Doctrine de la Foi, la Commission est en dialogue avec l’ensemble des dicastères et des autres institutions qui exercent leur responsabilité dans les différents domaines liés à la protection. Rappelant ce rôle singulier détenu par la Commission au sein de la Curie romaine, le Pape Léon XIV a déclaré souhaiter le renforcement de cette coopération avec les différents organismes. Il a également souligné l’importance du rapport annuel de la Commission, dont le deuxième a été dévoilé le jeudi 16 octobre dernier dans la Salle de presse du Saint-Siège par Mgr Thibault Verny. Cet outil représente selon le Saint-Père «un exercice de vérité et de responsabilité, mais aussi d’espérance et de prudence, qui doivent aller de pair pour le bien de l’Église».

“L’espérance nous empêche de céder au découragement; la prudence nous préserve de l’improvisation et de la superficialité dans la prévention des abus.”

Solidarité ecclésiale pour faciliter l’écoute

Mais cette responsabilité va au-delà du Vatican. Elle incombe également aux Ordinaires et aux Supérieurs Majeurs des congrégations religieuses.  «L’écoute des victimes et leur accompagnement doivent trouver une expression concrète dans chaque communauté et institution ecclésiale» a martelé le Pape, tout en encourageant les membres de la commission à continuer de servir de ressources pour qu’aucune communauté au sein de l’Église ne se sente seule dans cette tâche. «Soutenir les Églises locales, en particulier celles qui manquent de ressources ou d’expertise, signifie donner une expression concrète à la solidarité ecclésiale».

Le Pape a enfin souligné deux domaines en pleine évolution concernant la protection: «le concept de vulnérabilité en relation avec les abus et la prévention des abus facilités par la technologie à l’encontre des mineurs dans l’espace numérique». La Commission œuvre pour répondre avec «clarté pastorale et renouveau structurel» à «ces signes des temps». A ce propos, un «cadre de référence universel» actuellement en cours d’élaboration doit prochainement être remis au Pape pour validation et publication, a annoncé Léon XIV.

Léon XIV a conclu son discours en rappelant que la protection des mineurs et des personnes en situation de vulnérabilité n’était pas un domaine isolé de la vie ecclésiale, «mais une dimension qui imprègne la pastorale, la formation, la gouvernance et la discipline».

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16 mars 2026, 11:41