Léon XIV exhorte catholiques et anglicans à poursuivre le dialogue
Fabrice Bagendekere, SJ – Cité du Vatican
C’est la première femme à diriger l’Église d’Angleterre en 1400 ans. Sarah Mullally, précédemment évêque de Londres, est devenue la 106ème archevêque de Canterbury et primat de la Communion anglicane. La cérémonie d'installation a eu lieu à la cathédrale de Canterbury mercredi 25 mars, devant quelques 2000 personnes, dont les membres de la famille royale. Une importante délégation de l’Église Catholique a pris part à la cérémonie, conduite par l’envoyé du Pape, le cardinal Kurt Koch, préfet du dicastère pour la Promotion de l’unité des chrétiens, qui a remis à Sarah Mullally, la lettre de vœux du Saint-Père.
Cette cérémonie a eu lieu à l’occasion du 60e anniversaire de la rencontre historique entre le Pape Paul VI et l’archevêque de Canterbury Michael Ramsey, qui s’est déroulée à Rome le 24 mars 1966. La nouvelle archevêque a utilisé le même prie-Dieu que lors de la rencontre entre Jean-Paul II et l’archevêque Robert Runcie en 1982.
La prière du Pape Léon XIV
Dans le message, le Saint-Père adresse tout d’abord des paroles de bienveillance et de communion fraternelle à l’égard de Sarah Mullally. Etant donné l'importance de la charge pour laquelle la nouvelle archevêque a été choisie - avec des responsabilités non seulement dans le diocèse de Canterbury, mais aussi dans toute l’Église d’Angleterre, ainsi que dans l’ensemble de la Communion anglicane - «à un moment difficile de l’histoire de la famille anglicane», le Saint-Père prie pour qu'elle soit «guidée par l'Esprit Saint» et que fortifiée par le don de la sagesse, elle puise son «inspiration dans l’exemple de Marie, la Mère de Dieu».
Le dialogue œcuménique
Revenant ensuite sur la rencontre entre saint Paul VI et l’archevêque Michael Ramsey, le Souverain pontife décrit ce moment comme historique, ayant engagé les deux Églises catholiques et anglicanes à «une nouvelle étape dans le développement de relations fraternelles, fondées sur la charité chrétienne». Ce nouveau chapitre d’ouverture respectueuse a porté beaucoup de fruits au cours des six dernières décennies et se poursuit encore aujourd’hui, reconnait le Pape Léon XIV. Il souligne notamment la grande contribution de la Commission internationale anglicane-catholique romaine (ARCIC) au renforcement de «la compréhension mutuelle» entre catholiques et anglicans. Cela est «particulièrement vital», écrit le Pape, «compte tenu des multiples défis auxquels notre famille humaine est confrontée aujourd’hui», exprimant sa reconnaissance et son souhait à ce que «cet important dialogue se poursuive».
Poursuivre le dialogue malgré les différences
Le Saint-Père reconnait par ailleurs que le chemin œcuménique entre les deux Églises «n’a pas toujours été sans heurts». «De nouvelles circonstances ont fait naître de nouveaux désaccords entre nous», admet Léon XIV, à la suite de leurs deux prédécesseurs immédiats, le Pape François et l’archevêque Justin Welby. Néanmoins, se réjouit Léon XIV, «nous avons continué à marcher ensemble, car les différences ‘‘ne peuvent nous empêcher de nous reconnaître mutuellement comme frères et sœurs dans le Christ en raison de notre baptême commun’’».
L’unité des chrétiens n’est jamais une fin en soi
Aussi, le Saint-Père rappelle que «c’est à travers le témoignage d’une communauté chrétienne réconciliée, fraternelle et unie que la proclamation de l’Évangile résonnera le plus clairement». Reprenant l’adresse du Pape François, Léon XIV rappelle que «l’unité que recherchent les chrétiens n’est jamais une fin en soi, mais elle est orientée vers l’annonce du Christ, afin que, comme l’a prié le Seigneur Jésus lui-même,‘‘le monde croie’’».
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