Audience générale: Dieu se rend visible à travers la faiblesse des créatures
Myriam Sandouno – Cité du Vatican
Face aux divers groupes de pèlerins, place Saint-Pierre, le Successeur de Pierre a approfondi sa réflexion en ce premier mercredi du mois de mars, sur la Constitution conciliaire Lumen gentium, Constitution dogmatique sur l'Église. Partant du premier chapitre, «où l'on cherche avant tout à répondre à la question sur ce qu'est l'Église, celle-ci est décrite comme ‘‘une réalité complexe’’», Léon XIV a d’abord exhorté à s’interroger sur cette complexité.
«En quoi consiste-t-elle?» Les réponses pourraient varier d’une personne à une autre: «Quelqu’un pourrait répondre que l'Église est complexe en ce sens qu'elle est “compliquée”, et donc difficile à expliquer»; «un autre, a poursuivi le Pape, pourrait penser que sa complexité découle du fait qu'elle est une institution chargée de deux mille ans d'histoire, avec des caractéristiques différentes de celles de tout autre groupe social ou religieux».
En latin, cependant, a expliqué Léon XIV, le mot «complexe» désigne plutôt «l'union ordonnée d'aspects ou de dimensions différents à l’intérieur d'une même réalité». C'est pourquoi «Lumen gentium peut affirmer que l'Église est un organisme bien structuré, dans lequel coexistent les dimensions humaine et divine, sans séparation ni confusion».
La dimension humaine perceptible
Au sein de l'Église, «communauté d'hommes et de femmes», l’ensemble des fidèles «partagent la joie et les difficultés d'être chrétiens, avec leurs qualités et leurs défauts, annonçant l'Évangile et se faisant signe de la présence du Christ qui nous accompagne sur le chemin de la vie».
La dimension humaine implique des «personnes concrètes», parmi lesquelles certains peuvent «peiner ou se tromper comme tout le monde». Cependant, a indiqué le Saint-Père, «c'est précisément à travers ses membres et ses aspects terrestres limités que se manifestent la présence du Christ et son action salvifique». Comme le disait Benoît XVI, «il n'y a pas d'opposition entre l'Évangile et l'institution, au contraire, les structures de l'Église servent précisément à la réalisation et à la concrétisation de l'Évangile à notre époque» (Discours aux évêques de Suisse, 9 novembre 2006).
Corps mystique du Christ et signe de l’amour de Dieu
Continuant sa catéchèse, Léon XIV est revenu sur la dimension divine qui «ne consiste pas en une perfection idéale ou en une supériorité spirituelle de ses membres», a-t-il précisé, mais «dans le fait que l'Église est engendrée par le dessein d'amour de Dieu sur l'humanité, réalisé en Christ». Ainsi, «l'Église est donc à la fois communauté terrestre et corps mystique du Christ, assemblée visible et mystère spirituel, réalité présente dans l'histoire et peuple en pèlerinage vers le ciel».
La vie de Jésus nous édifie: toutes ces personnes l’ayant rencontré, firent «l'expérience de son humanité, de ses yeux avec son regard accueillant, du toucher de ses mains qui était une bénédiction, du son de sa voix et de ses paroles de libération et de guérison». Mais en même temps, en suivant Jésus, «les disciples s'ouvraient à la rencontre avec Dieu». En effet, a soutenu le Pape, «la chair du Christ, son visage, ses gestes et ses paroles manifestent de manière visible le Dieu invisible».
Communion et charité
Pour conclure, le Pape a expliqué que la sainteté de l'Église réside «dans le fait que le Christ l'habite, et continue à se donner à travers la petitesse et la fragilité de ses membres». Dieu se «rend visible à travers la faiblesse des créatures, continuant de se manifester et d’agir», a déclaré Léon XIV, tout en exhortant à construire «cet édifice spirituel qu'est le corps du Christ, à travers la communion et la charité entre nous».
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