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Ratzinger:funerali 5 gennaio Piazza S.Pietro,presiede Papa Éditorial

Ratzinger et l'Église qui accueille en laissant libre

Dans le livre «La foi de l'avenir», une homélie de l'ancien cardinal présente sainte Monique et son attitude envers son fils saint Augustin comme la personnification de la communauté ecclésiale: un espace de vie, d'accueil, de liberté, où la liberté de chacun est respectée et où la foi n'est jamais imposée.

Andrea Tornielli*

«En souffrant, elle a appris à le laisser suivre son chemin, sans contrainte. Elle a appris à accepter que son chemin soit tout autre» que celui qu'elle avait imaginé. Ce sont les mots prononcés par le cardinal archevêque Joseph Ratzinger lors de la consécration de l'église paroissiale Sainte-Monique dans le quartier Neuparlach de Munich, à propos de la mère de saint Augustin. C'était le 29 novembre 1981, quatre jours seulement après l'annonce de sa nomination au poste de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. C'est une fois de plus une image de Ratzinger très éloignée de celle que lui attribuent ceux qui utilisent des passages choisis du magistère de Benoît XVI pour tenter de l'opposer à celui de ses successeurs. L'homélie est publiée pour la première fois en italien dans le recueil de textes choisis de Ratzinger «La fede del futuro», «La foi de l'avenir» (Cantagalli éditeur, traduction de Pietro Luca Azzaro), avec une préface du cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État.

Dans son homélie, l'archevêque de Munich de l'époque présente la figure de la mère d'Augustin comme une expérience vivante de ce qu'est l'Église dans son essence la plus profonde. «En elle, écrit Ratzinger en référence au saint d'Hippone, il a fait l'expérience de l'Église en tant que personne, l'Église personnellement, de sorte qu'elle n'était pas pour lui un appareil quelconque, dont on se sent très éloigné, des structures qui semblent un peu incompréhensibles. En cette femme était personnellement présent ce qu'est l'Église». Augustin, rappelait le cardinal, écrivait à propos de sa mère: «Elle ne m'a pas seulement donné cette vie corporelle, mais elle m'a donné un espace dans son cœur, elle m'a donné un espace de vie dans lequel j'ai pu devenir un homme». L'être humain, affirmait Ratzinger, «a besoin d'un espace relationnel de confiance, d'amour; et d'un sens qui lui permette d'avancer vers l'avenir».

Mais cet «espace de vie» n'a pas grand-chose à voir avec les structures ecclésiastiques ou les communautés identitaires de parfaits qui s'isolent du monde en le condamnant jour après jour. Au contraire, il dépeint admirablement le visage d'une Église accueillante, respectueuse de la liberté de tous et du temps de chacun. Tout comme Monique l'a fait avec son fils, considérant «qu'il était essentiel pour la formation de cet espace vital de le laisser libre». Libre de se tromper, libre de suivre ses passions charnelles... Monique «a su attendre. Elle a su accepter le conflit entre les générations. En souffrant, elle a appris à le laisser suivre son chemin, sans contrainte. Elle a appris à supporter que son chemin soit tout autre que celui qu'elle avait imaginé pour lui dans la foi; et pourtant, elle a appris à l'aimer, à rester à ses côtés, à ne pas l'abandonner, tout en lui laissant la liberté d'être lui-même. C'est dans cette ouverture d'esprit, en lui laissant la liberté de devenir lui-même – sans lui imposer la foi, mais en étant simplement là pour lui en tant que personne, en tant que mère –, qu'elle lui a transmis la foi».

Ce sont des paroles éclairantes pour les parents, les éducateurs et, plus généralement, pour ceux qui annoncent l'Évangile. Une Église comme «espace de vie, de liberté, d'espoir».

Le futur Pape commentait: «Je crois qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de suspicion et d'aversion envers l'Église... parce que nous faisons très peu l'expérience de l'Église en tant que personne, très peu l'Église personnellement. Nous n'en entendons parler que comme d'une structure, d'un bureau et d'un appareil. Mais l'Église ne pourra subsister, et nous ne pourrons nous enraciner en elle et qu'elle devienne notre patrie, que si elle continue à exister dans les personnes. Cet espace, tous les espaces – même les salles où nous passons notre temps libre et où nous nous rencontrons – devraient être des espaces qui nous aident à devenir l'Église en personne les uns pour les autres; des espaces qui soient pour nous des espaces vitaux, une mère, quelqu'un qui nous offre un lieu de confiance et la possibilité de vivre».

Une Église «hôpital de campagne» qui vous accompagne, où l'amour guérit les blessures les plus profondes et où l'on se sent chez soi.

*Directeur éditorial des médias du Saint-Siège

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25 février 2026, 13:00