Le Pape conseille aux séminaristes d’avoir un «regard surnaturel»
Xavier Sartre – Cité du Vatican
Ils sont plus de quatre cents en salle Clémentine, au sein du palais apostolique, à être reçus par le Pape. Ils sont séminaristes, accompagnés de leurs familles et viennent de quatre communautés situées en Espagne, à Alcalá de Henares, à Tolède, de Catalogne et à Carthagène. Léon XIV, en espagnol, pourrait leur parler de leur formation comme il l’a fait dans sa lettre au séminaire Saint-Charles-et-Saint-Marcellin de Trujillo, au Pérou. Mais il préfère ne pas se répéter et se focaliser sur «quelque chose qui soutient silencieusement tout le reste et qui, précisément pour cette raison, risque d’être considéré comme acquis sans être cultivé: avoir un regard surnaturel sur la réalité».
Le Pape cite un auteur britannique du début du XXe siècle, G. K. Chesterton, converti au catholicisme, qui écrit: «Enlevez le surnaturel et vous ne trouverez pas le naturel, mais l’antinaturel», des propos qui sous-tendent tout son discours. Pour le Saint-Père, «l’homme n’est pas fait pour vivre replié sur lui-même, mais pour être en relation vivante avec Dieu». Sans ce rapport, «la vie commence à se désordonner de l’intérieur», explique-t-il. L’antinaturel, c’est «vivre en se passant de Dieu au quotidien, en le laissant en marge des critères et des décisions qui régissent l’existence», poursuit-il.
Tout commence et tout revient à la relation avec Dieu
Un séminariste ou un prêtre qui vit comme si la présence de Dieu n’existait que dans les mots et non dans «l’épaisseur de la vie», c’est contre nature affirme Léon XIV. «Rien ne serait plus dangereux que de s’habituer aux choses de Dieu sans vivre de Dieu», précise-t-il, insistant sur le fait que «tout commence et revient toujours à la relation vivante et concrète avec Celui qui nous a choisis sans que nous le méritions».
«Avoir une vision surnaturelle», c’est «apprendre à reconnaitre l’action de Dieu dans le concret de chaque journée», et c’est pourquoi elle est si «décisive» pour la vie chrétienne et pour celui qui agira in persona Christi. Dès le séminaire, il faut la préserver car «c’est le principe qui donne une unité à tout le reste», résume le Pape.
L'arbre qui meurt debout
C’est ainsi que le séminariste et le prêtre évitent de vider de leur sens et d’en faire de simples accomplissements l’étude, la prière et la vie communautaire. Il faut s’exercer à la pratique de la présence de Dieu, explique le Saint-Père, utilisant l’image présente dans le premier psaume de l’arbre planté près d’un cours d’eau. Il parvient à surmonter toutes les difficultés car «ses racines sont proches de la source», autrement dit, parce qu’il est proche de Dieu.
Léon XIV file la métaphore en évoquant aussi les arbres qui meurent debout, sains en apparence mais déjà secs à l’intérieur. Cela peut arriver aux séminaristes qui confondent «la fécondité avec l’intensité des activités ou avec le soin purement extérieur des formes». «La vie spirituelle ne porte pas de fruits par ce qui est visible, mais par ce qui est profondément enraciné en Dieu». Pour lui, «le fondement de toute formation sacerdotale», c’est de rester avec Jésus et se laisser former par lui, «voir Dieu agir et reconnaître comment Il œuvre dans sa propre vie et dans celle de son peuple». La psychologie, les outils de formation sont nécessaires, certes, mais c’est bien la relation avec Dieu, animée par le Saint-Esprit qui compte le plus.
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