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Entrée dans le Carême: Léon XIV appelle à se relever des cendres du monde

Après avoir conduit la procession pénitentielle jusqu’à la basilique Sainte-Sabine, sur la colline romaine de l’Aventin, le Pape Léon XIV a célébré la messe qui marque l’entrée dans le Carême, mercredi 18 février. Les cendres apposées sur le front des fidèles rappellent «le poids d’un monde en feu, de villes entières détruites par la guerre», a déploré le Souverain pontife, invitant cependant à «ne pas s’arrêter dans les cendres, mais à se relever et à reconstruire».

Alexandra Sirgant – Cité du Vatican

Accompagné des chants de la Litanie des Saints, le Pape Léon XIV a conduit la procession pénitentielle de l’église bénédictine de Saint-Anselme, place des Chevaliers de Malte, à la basilique Sainte-Sabine, toutes deux situées sur la colline romaine de l’Aventin. Une marche aux côtés de cardinaux, évêques, moines bénédictins, pères dominicains, mais aussi de fidèles romains venus marquer le début du Carême auprès de leur Évêque, qui se prépare à sa première Pâques en tant que 266e Successeur de Pierre. 

«L'Église existe comme prophétie» pour qui reconnait son péché

Avant que les fidèles ne reçoivent sur le front les cendres, le Pape a insisté sur la dimension communautaire du Carême. Si la préparation à la mort et à la Résurrection du Christ reste un cheminement personnel de repentance et de réflexion, elle n’en demeure pas moins un temps d’unité. «Nous savons combien il est de plus en plus difficile de rassembler les gens et de se sentir comme un peuple» a souligné le Souverain pontife dans son homélie. Excluant le nationalisme et l’agressivité, Léon XIV plaide pour une «communion où chacun trouve sa place», mais aussi pour un peuple qui «reconnaît ses propres péchés», conscient du mal qui atteint tous les cœurs et qui «doit être affronté en assumant courageusement ses responsabilités». Une attitude à contre-courant des temps, admet le Saint-Père, «alors qu’il est si naturel de se déclarer impuissant face à un monde en feu». Mais, «l’Église existe comme prophétie pour des communautés qui reconnaissent leurs propres péchés». Bien que personnel, le péché prend forme dans les milieux réels et virtuels, conditionné par les attitudes adoptées au sein «de véritables “structures de péché” d’ordre économique, culturel, politique et même religieux». Le temps de Carême invite les fidèles à «ne plus être paralysés, rigides, sûrs de leur position, mais rassemblés pour bouger et changer».

“Le péché est toujours personnel, mais il prend forme dans les milieux réels et virtuels que nous fréquentons, dans les attitudes avec lesquelles nous nous conditionnons mutuellement, souvent au sein de véritables “structures de péché” d’ordre économique, culturel, politique et même religieux.”

La portée missionnaire du Carême

Cet appel au changement, en ce Mercredi des Cendres, est entendu par de nombreux jeunes, y compris dans des contextes sécularisés, assure Léon XIV. «Ce sont eux, en effet, les jeunes, qui saisissent distinctement qu’un mode de vie plus juste est possible et qu’il existe des responsabilités quant à ce qui ne va pas dans l’Église et dans le monde». «Nous sentons donc la portée missionnaire du Carême, non pas pour nous détourner du travail sur nous-mêmes, mais pour l’ouvrir à nombre de personnes inquiètes et de bonne volonté qui cherchent les voies d’un authentique renouveau de la vie, à l’horizon du Royaume de Dieu et de sa justice».

Les cendres, métaphore d’un monde en souffrance

Le rite des cendres opère comme une «pédagogie pénitentielle», un «rappel sévère à la vérité», souligne Léon XIV, faisant siens les mots de l’un de ses prédécesseurs, le Pape Paul VI, lors d’une audience générale six décennies plus tôt. Le geste «surprend l’homme moderne» mais les cendres imposées aujourd’hui sur le front des fidèles rappellent «le poids d’un monde en feu, de villes entières détruites par la guerre». Elles symbolisent «les cendres du droit international et de la justice entre les peuples, les cendres d’écosystèmes entiers et de la concorde entre les personnes, les cendres de la pensée critique et des anciennes sagesses locales, les cendres de ce sens du sacré qui habite toute créature».

Par ce geste, l’Église invite les fidèles à «appeler la mort par son nom», à «en porter les signes», mais ensuite à «témoigner de la Résurrection». «Reconnaître nos péchés pour nous convertir est déjà un présage et un témoignage de résurrection: cela signifie en effet ne pas s’arrêter dans les cendres, mais se relever et reconstruire». Alors, «le Triduum pascal libérera toute sa beauté et sa signification». «Il le fera en nous ayant engagés, par la pénitence, dans le passage de la mort à la vie, de l’impuissance aux possibilités de Dieu».

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18 février 2026, 17:40