Léon XIV appelle à mettre fin à la traite des personnes, grave crime contre l’humanité
Moriba Camara, S.J. - Cité du Vatican
Le Message s’ouvre sur les paroles du Christ ressuscité: «La paix soit avec vous» (Jn 20,19). Pour Léon XIV, il ne s’agit pas d’une simple salutation, mais de l’indication d’un chemin. «La véritable paix commence par la reconnaissance et la protection de la dignité que Dieu a donnée à chaque personne», affirme-t-il. Dans un monde marqué par une escalade de la violence, le Pape dénonce la tentation de rechercher la paix «par les armes, comme condition pour affirmer sa propre domination», rappelant que, dans les conflits, les vies humaines sont trop souvent réduites à de simples «dommages collatéraux», sacrifiés à des intérêts politiques ou économiques.
La traite, fruit d’une logique de domination
Cette même logique, souligne le Saint-Père, alimente le fléau de la traite des personnes. «L’instabilité géopolitique et les conflits armés créent un terrain fertile pour les trafiquants, qui exploitent les personnes les plus vulnérables, en particulier les personnes déplacées, les migrants et les réfugiés.». Dans ce contexte, «les femmes et les enfants sont les premières victimes de ce commerce atroce». Le Pape pointe aussi l’impact de l’écart croissant entre riches et pauvres, qui pousse de nombreuses personnes dans la précarité et les rend «vulnérables aux promesses trompeuses des recruteurs.».
Parmi les formes contemporaines de la traite, Léon XIV met en garde contre le «cyber-esclavage». Des personnes sont attirées dans des réseaux frauduleux et des activités criminelles, telles que les fraudes en ligne ou le trafic de drogue. Dans ces situations, explique-t-il, «la victime est contrainte d’endosser le rôle d’auteur du crime», ce qui aggrave encore ses blessures humaines et spirituelles. Ces violences, insiste le Pape, ne sont pas des faits isolés, mais «les symptômes d’une culture qui a oublié d’aimer comme le Christ aime».
Prière et réflexion: une «petite flamme» à préserver
Face à ces défis, Léon XIV appelle à unir prière et réflexion. «La prière est la «petite flamme» que nous devons préserver au cœur de la tempête, car elle nous donne la force de résister à l’indifférence face à l’injustice». La réflexion, quant à elle, aide à «d’identifier les mécanismes cachés de l’exploitation dans nos quartiers et dans les espaces numériques.». En définitive, affirme le Saint-Père, la violence de la traite ne peut être vaincue que par «une vision renouvelée qui considère chaque être humain comme un enfant aimé de Dieu». Le Pape exprime sa «profonde gratitude» à tous ceux qui tendent la main aux victimes, notamment les réseaux et organisations engagés dans leur accompagnement. Il rend aussi hommage aux survivants devenus défenseurs d’autres victimes, saluant «leur courage, leur fidélité et leur engagement infatigable».
En conclusion, Léon XIV confie cette Journée à l’intercession de sainte Joséphine Bakhita, dont la vie est «un témoignage puissant de l’espérance dans le Seigneur, qui l’a aimée jusqu’à la fin». Il invite chacun à s’engager pour «un monde où la paix ne soit pas seulement l’absence de guerre, mais une paix désarmée et désarmante, enracinée dans le plein respect de la dignité de tous».
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