À l'écoute, Léon XIV a ouvert le consistoire, proposant aux cardinaux de travailler ensemble
Salvatore Cernuzio - Cité du Vatican
«Je suis ici pour écouter», a assuré le Pape Léon XIV, à l’ouverture du consistoire extraordinaire qu'il a convoqué ces 7 et 8 janvier au Vatican. Dans un discours adressé aux 245 cardinaux invités à prendre part à cette rencontre à huis clos, il a indiqué comme méthode de travail celle apprise lors des deux assemblées du Synode des évêques (2023 et 2024), à savoir l'écoute. «Nous ne devons pas aboutir à un texte, mais mener une conversation qui m'aide dans mon service pour la mission de l'Église tout entière», a déclaré le Souverain pontife dans son discours d'ouverture en salle du Synode, où ont répondu présents la plupart des membres du Collège cardinalice.
«Chaque moment de ce genre est une occasion d'approfondir notre appréciation commune de la synodalité», a souligné le Pape.
Une préfiguration du chemin à venir
«Cette journée et demie que nous passons ensemble sera une préfiguration de notre chemin à venir», a-t-il souligné. «Même la manière dont nous apprenons à travailler ensemble, dans la fraternité et l'amitié sincère, peut être le début de quelque chose de nouveau, qui met en jeu le présent et l'avenir», a-t-il estimé.
Le Pape a réaffirmé aux cardinaux la nature et les objectifs de ce rendez-vous important: «Un moment de communion et de fraternité, de réflexion et de partage, visant à soutenir et à conseiller le Pape dans la lourde responsabilité du gouvernement de l'Église universelle».
Mission, Praedicate Evangelium, Synode, liturgie
Quatre thèmes seront au centre de la réflexion collective. Tout d'abord, Evangelii Gaudium, l'exhortation apostolique qui fut la feuille de route au pontificat de François, et reste «la mission de l'Église dans le monde d'aujourd'hui», a expliqué Léon. Ensuite, il faudra discuter de la constitution apostolique Praedicate Evangelium, notamment du «service» rendu par le Saint-Siège, «plus spécifiquement aux Églises particulières». Viendront également les thèmes du «Synode et de la synodalité, instrument et style de collaboration» et enfin de la «liturgie, source et sommet de la vie chrétienne».
Pour des raisons de temps et afin de favoriser un véritable approfondissement, seuls deux de ces thèmes feront l'objet d'une discussion spécifique. Les cardinaux, répartis en 21 groupes, contribueront au choix des thèmes, mais «comme il m'est plus facile de demander conseil à ceux qui travaillent à la Curie et vivent à Rome, les groupes qui feront un rapport seront les 9 provenant des Églises locales», a expliqué le Pape.
«Non multa sed multum !»
Le Pape lui-même explique la manière de procéder au Consistoire: «Écouter l'esprit, le cœur et l'âme de chacun; s'écouter les uns les autres; n'exprimer que le point principal et de manière très brève, afin que tous puissent s'exprimer». «Non multa sed multum!», dit-il, citant les anciens Romains. Et il souligne qu'«à l'avenir, ce style d'écoute réciproque, en recherchant la guidance du Saint-Esprit et en marchant ensemble, continuera d'être d'une grande aide pour le ministère pétrinien qui m'a été confié».
L'enseignement de Lumen Gentium
Léon XIV s'inspire ensuite de Lumen Gentium, la constitution du Concile Vatican II, pour réaffirmer que la «vision» de la lumière du Seigneur «permet à tous les peuples de marcher dans les ténèbres du monde». Une vision qui a trouvé son expression dans les pontificats des saints Paul VI et Jean-Paul II et que Benoît XVI, puis François, ont également reprise et relancée, la résumant en un mot: attraction.
La force de l'attraction
Le Pape Benoît XVI, a rappelé Léon XIV, l'a fait dans son homélie d'ouverture de la Conférence d'Aparecida (2007), lorsqu'il a prononcé la célèbre phrase: «L'Église ne fait pas de prosélytisme. Elle se développe plutôt par attraction». Le Pape François s'est trouvé «parfaitement d'accord» avec cette approche et l'a répété à plusieurs reprises dans différents contextes. Léon XIV la reprend à son tour et la partage avec les cardinaux, expliquant –toujours inspiré par Benoît XVI– que la «force» qui préside à ce mouvement d'attraction est la Charis, l'Agapè, l'Amour de Dieu incarné dans le Christ et donné à l'Église.
Il est significatif, à cet égard, que le Pape François ait commencé son pontificat avec Evangelii gaudium «sur l'annonce de l'Évangile dans le monde actuel» et l'ait conclu avec Dilexit nos «sur l'amour divin et humain du Cœur du Christ».
Modèle de collégialité
«L'unité attire, la division disperse», a souligné le Souverain pontife, «il me semble que cela se vérifie également en physique, tant dans le microcosme que dans le macrocosme». Ainsi, «pour être une Église véritablement missionnaire, c'est-à-dire capable de témoigner de la force attractive de la charité du Christ, nous devons avant tout mettre en pratique son commandement: ‘Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres’».
C'est donc, pour le Pape Léon XIV, le point de départ de ce premier consistoire et du chemin collégial à parcourir. «Nous sommes un groupe très hétérogène, enrichi par des origines, des cultures, des traditions ecclésiales et sociales, des parcours de formation et universitaires, des expériences pastorales et, bien sûr, des caractères et des traits personnels multiples», a-t-il souligné. «Nous sommes appelés avant tout à nous connaître et à dialoguer afin de pouvoir travailler ensemble au service de l'Église».
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