Le Concile œcuménique Vatican II expliqué par les Papes
Amedeo Lomonaco – Cité du Vatican
Le Concile œcuménique Vatican II «nous a aidés à nous ouvrir au monde et à saisir les changements et les défis de l'époque moderne dans le dialogue et la coresponsabilité». Ces paroles, prononcées par le Pape Léon XIV lors de la première audience générale de l'année 2026, sont une invitation à réfléchir sur cet événement central dans l'histoire de l'Église. Les questions essentielles sur le Concile, sa nature et ses fruits, peuvent constituer les points nodaux d'un parcours qui se ramifie à travers les réflexions des Papes.
Qui a convoqué le Concile?
Le Concile œcuménique Vatican II a été convoqué par le Pape Jean XXIII. Il s'est ouvert le 11 octobre 1962. Le Pape Benoît XVI a participé à cet événement d'abord en tant que conseiller théologique du cardinal Frings, archevêque de Cologne, puis en tant qu'expert. Le 11 octobre 2012, lors de la messe d'ouverture de l'Année de la foi, le Pape allemand a rappelé les paroles prononcées par le Pape Jean XXIII lors de l'inauguration de cet événement.
«Dans son discours d'ouverture, il a présenté l'objectif principal du Concile en ces termes: ‘Cela concerne avant tout le Concile œcuménique: que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit conservé et enseigné de manière plus efficace. (...) Le but principal de ce Concile n'est donc pas de discuter tel ou tel thème de la doctrine... Pour cela, un concile n'était pas nécessaire... Il est nécessaire que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être fidèlement respectée, soit approfondie et présentée de manière à répondre aux exigences de notre temps’ (AAS 54 [1962], 790.791-792). Ainsi s'exprimait le Pape Jean lors de l'inauguration du Concile. À la lumière de ces mots, on comprend ce que j'ai moi-même pu expérimenter à l'époque: pendant le Concile, il régnait une tension émouvante autour de la tâche commune qui consistait à faire resplendir la vérité et la beauté de la foi dans le monde d'aujourd'hui, sans la sacrifier aux exigences du présent ni la maintenir liée au passé: dans la foi résonne l'éternel présent de Dieu, qui transcende le temps et ne peut pourtant être accueilli par nous que dans notre aujourd'hui unique et irremplaçable».
Pourquoi le Concile a-t-il été convoqué?
Le Concile œcuménique Vatican II est célébré «à un moment où l'Église ressent plus vivement le désir de renforcer sa foi par des forces nouvelles et de se contempler dans la merveilleuse image de sa propre unité», souligne le Pape Jean XXIII dans la Constitution apostolique Humanae Salutis. Dans ce document, celui-ci s'attarde également sur la raison pour laquelle le Concile a été convoqué.
«Nous avons estimé qu'il était de notre devoir impératif de réfléchir, en réunissant les forces de tous nos fils, afin que l'Église se montre toujours plus apte à résoudre les problèmes des hommes contemporains. C'est pourquoi, comme obéissant à une voix intérieure et inspirés par une inspiration venue d'en haut, nous avons jugé que le moment était venu d'offrir à l'Église catholique et à toute la communauté humaine un nouveau concile œcuménique qui poursuivrait la série des vingt grands conciles qui, au cours des siècles, ont contribué de manière remarquable à l'augmentation de la grâce céleste dans l'âme des fidèles et au progrès du christianisme.»
Qu'est-ce que le Concile?
Le Concile a répondu au défi «de comprendre plus intimement, dans une période de changements rapides, la nature de l'Église et sa relation avec le monde». Le Pape Jean-Paul II, qui a participé à ce grand événement en tant que père conciliaire, a souligné la signification de cet événement dans son discours prononcé en 2000 lors d'une conférence internationale d'étude sur la mise en œuvre du Concile.
«Le Concile œcuménique Vatican II a été un don de l'Esprit à son Église. C'est pourquoi il reste un événement fondamental non seulement pour comprendre l'histoire de l'Église au cours de ce siècle, mais aussi, et surtout, pour vérifier la présence permanente du Ressuscité aux côtés de son Épouse dans les événements du monde. Grâce à l'Assemblée conciliaire, qui a vu arriver au Siège de Pierre des évêques venus du monde entier, on a pu constater à quel point le patrimoine de deux mille ans de foi avait été conservé dans son authenticité originelle. Avec le Concile, l'Église a d'abord fait une expérience de foi, s'abandonnant à Dieu sans réserve, dans l'attitude de celui qui a confiance et la certitude d'être aimé. C'est précisément cet acte d'abandon à Dieu qui, d'un examen serein des Actes, ressort comme souverain. Quiconque voudrait aborder le Concile en faisant abstraction de cette clé de lecture se priverait de la possibilité d'en pénétrer l'âme profonde. Ce n'est que dans une perspective de foi que l'événement conciliaire s'ouvre à nos yeux comme un don dont il faut savoir saisir la richesse encore cachée.»
Quel héritage laisse le Concile?
Le Concile Vatican II est une source toujours vivante pour l'avenir de l'Église. Lors de l'audience générale du 12 janvier 1966, Paul VI s'attarde sur cet «événement si rare et si grand». Le souvenir, explique le Pape se réfère à un fait passé: «la mémoire le recueille, l'histoire l'enregistre, la tradition le conserve ; mais tout ce processus concerne un moment fini, un événement passé». L'événement du Concile, en revanche, n'est pas clos dans son passé, explique-t-il.
«Le Concile laisse quelque chose derrière lui, qui dure et qui continue d'agir. Le Concile est comme une source d'où jaillit un fleuve; la source peut être lointaine, mais le courant du fleuve nous suit. On peut dire que le Concile laisse à l'Église, qui l'a célébré, sa propre personne. Le Concile ne nous oblige pas tant à regarder en arrière, vers le moment de sa célébration, mais il nous oblige à regarder l'héritage qu'il nous a laissé, qui est présent et qui durera dans l'avenir. Quel est cet héritage? L'héritage du Concile est constitué des documents qui ont été promulgués à différents moments conclusifs de ses discussions et délibérations ; ces documents sont de nature différente ; il s'agit en effet de Constitutions (quatre), de Décrets (neuf) et de Déclarations (trois) ; mais tous ensemble, ils forment un corps de doctrines et de lois qui doit donner à l'Église le renouveau pour lequel le Concile a été promu. Connaître, étudier et appliquer ces documents est le devoir et la chance de la période postconciliaire.»
Que signifie aujourd'hui le Concile pour l'Église?
Il faut redécouvrir le Concile «pour redonner la primauté à Dieu, à l'essentiel». Le 11 octobre 2022, à l'occasion du 60e anniversaire du début du Concile œcuménique Vatican II, le Pape François rappelle la ligne directrice que l'Église est appelée à suivre aujourd'hui en suivant les traces des pères conciliaires.
«Le Concile indique à l'Église cette voie: il la ramène, comme Pierre dans l'Évangile, en Galilée, aux sources du premier amour, pour redécouvrir dans sa pauvreté la sainteté de Dieu (cf. Lumen gentium, 8c ; chap. V). Nous aussi, chacun de nous a sa propre Galilée, la Galilée du premier amour, et certainement chacun de nous est aujourd'hui invité à retourner dans sa propre Galilée pour entendre la voix du Seigneur: «Suis-moi». Et là, pour retrouver dans le regard du Seigneur crucifié et ressuscité la joie perdue, pour se concentrer sur Jésus. Retrouver la joie: une Église qui a perdu la joie a perdu l'amour. Vers la fin de sa vie, le Pape Jean écrivait: ‘Ma vie qui touche à sa fin ne pourrait mieux se résoudre qu'en me concentrant tout entier sur Jésus, fils de Marie... une grande et continue intimité avec Jésus, contemplé en image: enfant, crucifié, adoré dans le Saint-Sacrement’ (Journal de l'âme, 977-978). Voici notre regard élevé, voici notre source toujours vivante: Jésus, la Galilée de l'amour, Jésus qui nous appelle, Jésus qui nous demande: ‘M'aimes-tu ?’. Frères, sœurs, retournons aux sources pures de l'amour du Concile».
Comment connaître le Concile?
Comment rendre le Concile proche du cheminement quotidien de l'Église? Cette question accompagne la catéchèse de Léon XIV lors de l'audience générale du 7 janvier 2026. Il faut connaître le Concile «à nouveau de près». Et cela doit être fait «non pas à travers des ouï-dire ou les interprétations qui en ont été données». «En nous rapprochant des documents du Concile Vatican II et en redécouvrant leur prophétie et leur actualité, nous accueillons la riche tradition de la vie de l'Église et, en même temps, nous nous interrogeons sur le présent et renouvelons la joie d'aller à la rencontre du monde pour y apporter l'Évangile du royaume de Dieu, royaume d'amour, de justice et de paix.»
Relire ses documents et réfléchir à leur contenu. Telle est donc la voie royale pour redécouvrir la beauté et l'importance de cet événement ecclésial. Un face-à-face fondamental également pour comprendre ce qu'a réellement été le Concile et quels fruits il continue, aujourd'hui encore, à porter dans le cheminement de l'Église.
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