Saint-Etienne: le Pape exhorte à un regard qui «ne voit pas seulement l’obscurité»
Fabrice Bagendekere, SJ – Cité du Vatican
Si pour beaucoup, le jour de Saint Étienne n’est qu’«un autre jour de fête moins éprouvant que la Noël», pour les chrétiens il s’agit en revanche du jour dédié à la mémoire liturgique du premier diacre et premier martyr de l’Eglise, lapidé sous les yeux de Saül, alors persécuteur de l’Église naissante. Telle est la fête qui donne l’occasion à ce traditionnel angélus le lendemain de la célébration de la Nativité. C’est le “Noël” de Saint Étienne, comme le disaient les premières générations chrétiennes, «certaines que l’on ne naît pas qu’une seule fois». Et c’est bien sûr sur le thème du martyre comme «naissance au ciel» que le Pape a médité avant la prière mariale, soulignant que «même dans la mort, un regard de foi ne voit plus seulement l’obscurité».
Appréhender les choses avec optimisme
Commentant l’épisode du martyr du saint diacre, le Saint-Père s’est arrêté sur la surprise de ceux qui l’on vu aller à son supplice, comme le rapporte le récit des Actes des apôtres: «Tous ceux qui siégeaient au Conseil suprême avaient les yeux fixés sur Étienne, et ils virent que son visage était comme celui d’un ange». Il s’agit là du «visage de celui qui ne quitte pas l’histoire avec indifférence, mais qui l’affronte avec amour», a indiqué le Pape, insistant sur le que «tout ce qu’Étienne fait et dit représente l’amour divin apparu en Jésus, la Lumière qui brille dans nos ténèbres». Ainsi a-t-il exhorté à être de ceux qui appréhendent les choses avec optimisme. «Nous venons au monde sans le décider, mais nous traversons ensuite de nombreuses expériences qui nous demandent de manière toujours plus consciente de “venir à la lumière”, de choisir la lumière», a affirmé le Saint-Père.
Aucune puissance ne peut prévaloir sur l’œuvre de Dieu
Le Souverain Pontife a par ailleurs souligné que «la vie de Jésus et de ceux qui vivent comme lui est aussi une beauté rejetée», faisant remarquer que «c’est précisément sa force d’attraction qui a suscité, dès le début, la réaction de ceux qui craignent pour leur pouvoir, de ceux qui sont démasqués dans leur injustice par une bonté qui révèle les pensées des cœurs». Cependant, il a rassuré que «jusqu’à aujourd’hui, aucune puissance ne peut prévaloir sur l’œuvre de Dieu».
«Partout dans le monde, il y a ceux qui choisissent la justice, même si cela leur coûte, ceux qui font passer la paix avant leurs peurs, ceux qui servent les pauvres plutôt qu’eux-mêmes. L’espérance germe alors, et il y a lieu de faire la fête malgré tout», s’est réjouit le Vicaire du Christ, affirmant que la naissance parmi nous du Fils de Dieu rend cela possible, «par un mouvement d’attraction vécu dès la nuit de Bethléem par des personnes humbles comme Marie, Joseph et les bergers».
Le chrétien n’a pas d’ennemis, il a des frères et sœurs
Face aux conditions d’incertitude et de souffrance du monde actuel, dans lesquels «la joie semble impossible», le Saint-Père propose «une force plus vraie que celle des armes», motivée par «la ténacité de ceux qui vivent déjà la fraternité, de ceux qui reconnaissent déjà autour d’eux, même chez leurs adversaires, la dignité indélébile des filles et des fils de Dieu». «C’est une force gratuite, déjà présente dans le cœur de tous, qui se réactive et se communique de manière irrésistible lorsque quelqu’un commence à regarder son prochain différemment, à lui offrir attention et reconnaissance», a souligné Léon XIV.
Aussi s’est-il insurgé sur le fait que «ceux qui croient aujourd’hui en la paix et ont choisi la voie désarmée de Jésus et des martyrs sont souvent ridiculisés, écartés du débat public et souvent accusés de favoriser les adversaires et les ennemis». «Le chrétien n’a pas d’ennemis, il a des frères et sœurs, qui restent tels même lorsqu’ils ne se comprennent pas», a rappelé le Pape.
«C’est cela renaître, c’est cela venir à nouveau à la lumière, c’est cela notre Noël», a conclu le Saint-Père, invitant à contempler Marie, « bénie entre toutes les femmes qui sont au service de la vie et opposent la bienveillance à l'arrogance, la foi au découragement» et l’invoquant pour qu’elle «nous porte dans sa joie, une joie qui fait disparaitre toute peur et toute menace comme la neige fond au soleil».
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