Le Pape encourage les prêtres à vivre la fidélité à la vocation
Myriam Sandouno – Cité du Vatican
À travers la Lettre apostolique intitulée «Une fidélité qui génère l’avenir», adressée à tout le Peuple de Dieu, le Pape entend «reconsidérer l’identité et la fonction du ministère ordonné à la lumière de ce que le Seigneur demande aujourd’hui à l’Église, en poursuivant la grande œuvre d’actualisation du Concile Vatican II». Dans ce document de 12 pages, signé le 8 décembre 2025, l’évêque de Rome rappelle tout d'abord les enseignements des décrets Optatam totius et Presbyterorum Ordinis, promulgués respectivement le 28 octobre et le 7 décembre 1965.
Il s’agit de deux textes nés d’«un unique élan de l’Église qui se sent appelée à être signe et instrument d’unité pour tous les peuples, et interpellée à se renouveler», consciente que «le renouveau de l’Église entière, souhaité par tous, dépend pour une grande part du ministère des prêtres animé par l’Esprit du Christ». Léon XIV invite donc à en poursuivre la lecture au sein des communautés chrétiennes, et leur étude, dans les séminaires en particulier, et dans tous les lieux de préparation et de formation au ministère ordonné.
«L’appel au ministère ordonné est un don libre et gratuit de Dieu», estime le Pape qui soutient que la vocation «n’est pas une contrainte de la part du Seigneur, mais une proposition aimante d’un projet de salut et de liberté reçus avec la grâce de Dieu». La vocation doit être «gardée fidèlement dans une dynamique de conversion permanente», conseille-t-il, soulignant que «toute vocation dans l’Église "naît d’une rencontre personnelle avec le Christ"».
Une vie sobre et chaste
«La fidélité à la vocation, surtout dans les moments d’épreuve et de tentation, se renforce lorsque nous n’oublions pas cette voix, lorsque nous sommes capables de nous souvenir avec passion du son de la voix du Seigneur qui nous aime, nous choisit et nous appelle, en nous confiant également à l’accompagnement indispensable de ceux qui sont experts dans la vie de l’Esprit», note l’évêque de Rome. Le Pape Léon XIV conseille également à chacun d’apporter, par le témoignage d’une vie sobre et chaste, une réponse efficace à la grande soif de relations authentiques et sincères, qui se manifeste dans la société contemporaine, en témoignant d’une Église, écrit-il, «qui soit le levain qui agit dans les liens, les relations et la fraternité de la famille humaine, capable de nourrir les relations avec le Seigneur».
La formation
Le Successeur de Pierre invite donc l’ensemble des prêtres à prendre soin en permanence de leur formation, afin de maintenir vivant le don de Dieu reçu par le sacrement de l’Ordre. «Avant d’être un effort intellectuel ou une mise à jour pastorale», la formation permanente reste une «mémoire vivante et une actualisation constante de la vocation de chacun dans un cheminement partagé».
Les abus et la crise de confiance
Dans sa lettre apostolique, Léon XIV évoque la crise de confiance dans l’Église au cours des dernières décennies, provoquée par les abus commis par des membres du clergé. Ils «nous remplissent de honte et nous appellent à l’humilité, ils nous ont rendus davantage conscients de l’urgence d’une formation intégrale qui assure la croissance et la maturité humaine des candidats au presbytérat, ainsi qu’une vie spirituelle riche et solide».
La solitude
Dans de nombreux contextes, notamment occidentaux, le Pape note que «de nouveaux défis se posent dans la vie des prêtres, liés à la mobilité actuelle et à la fragmentation du tissu social». Cela signifie que «les prêtres ne sont plus intégrés dans un contexte cohérent et croyant qui soutenait leur ministère dans le passé». En conséquence, explique-t-il, «ils sont plus exposés aux dérives de la solitude qui éteint l’élan apostolique et peut provoquer un triste repli sur soi». Pour cette raison, suivant les indications de ses prédécesseurs, Léon XIV souhaite que dans toutes les Églises locales, puisse «naître un engagement renouvelé à investir et à promouvoir des formes possibles de vie commune», afin «que les prêtres puissent s’entraider pour le développement de leur vie spirituelle et intellectuelle, améliorer leur coopération dans le ministère, éviter les dangers que peut entraîner la solitude».
Fraternité et communion
Le Pape souhaite, pour terminer, «une Église unie, signe d’unité et de communion, qui devienne ferment pour un monde réconcilié», remerciant pasteurs et fidèles laïcs, «qui ouvrez l’esprit et le cœur au message prophétique des Décrets conciliaires Presbyterorum Ordinis et Optatam totius et qui vous disposez, ensemble, à en tirer nourriture et stimulation pour le cheminement de l’Église».
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